Dimanche 14 mai 2023
Selon un récent rapport de la sécurité intérieure, plus de 70 millions d’outils de sabotage en série seraient en circulation actuellement. Une menace bien réelle à laquelle il paraît difficile de faire face. Décryptage.
Un rapport de la sécurité intérieure sur les menaces de sabotage en série vient d’être rendu public. Ce rapport révèle que plus de 70 millions d’outils pouvant être utilisés pour un sabotage en série circulent actuellement dans le pays, ce qui fait un nombre plus élevé que celui de la population. Le ratio moyen est de 2,47 outils de sabotage en série par habitant. Parmi ceux-ci, on trouve 27 millions de tournevis, 21 millions de clés à molette, 16 millions de pinces multiprises et 6 millions de pinces coupantes. Ces dernières sont les moins nombreuses mais elles ont un très fort potentiel de sabotage, ce qui fait qu’elles sont l’outil préféré des saboteuses en série.
D’après le rapport, avec tous ces outils en circulation, la menace d’un sabotage en série est bien réelle. Le ministre de l’intérieur souhaite déposer prochainement un projet de loi visant à règlementer la vente de ces outils. Celle-ci serait interdite aux mineurs et se ferait sur présentation d’une pièce d’identité ce qui permettra d’alimenter la base de données de détenteurs d’outils de sabotage en série qui est en création. Par ailleurs, la surveillance de la vente d’occasion de ces outils sur internet a été renforcée par des pisteurs et des traqueurs qui détectent immédiatement ce type de transaction et permettent de remonter jusqu’aux acheteurs.
Pour beaucoup, ces dispositions ne parviendront pas à enrailler la menace. Certains souhaitent que les outils de sabotage en série soient reconnus comme des armes de catégorie 2, ce qui permettrait de les interdire et d’obliger leurs détenteurs à venir les déposer auprès des forces de l’ordre lorsque la menace se fera plus précise. Des perquisitions visant à recenser les détenteurs pourraient être envisagées dans le cadre de mesures d’exceptions.
Par ailleurs, le parlement vient de voter un budget exceptionnel visant à équiper tous les sites sensibles de portiques de détections d’outils de sabotage. L’enveloppe nécessaire a été prise sur le budget de la culture et de l’éducation, ce qui a permis d’éviter des hausses d’impôts. Selon les députés de la majorité, le peuple est dans une demande forte de sécurité et un rééquilibrage du budget de l’État en faveur de la protection des citoyens était nécessaire. Le consortium privé qui a remporté le marché public affirme que le déploiement de ces portiques pourrait se faire en quelques mois. Passé ce délai, il ne sera plus possible de faire entrer des outils de sabotage dans aucun des sites sensibles du pays, affirme son PDG.
Mais n’est-il pas déjà trop tard ? Selon une experte d’un cabinet de sécurité, spécialisée dans la prévention du sabotage, les membres de la communauté ont déjà caché leurs outils dans les sites sensibles. Les perquisitions à venir risquent de ne pas produire les effets escomptés surtout si elles sont annoncées à l’avance.
Selon un récent sondage, l’insécurité économique liée la crainte du sabotage à venir est la préoccupation première des habitants.
