Les écopureplayeuses sont-elles en train de créer une économie parallèle ?                 

Vendredi 26 mai 2023

Comme la plupart de acteurs du développement durable, les saboteuses en série ont choisi d’être #ecopureplayer. Cet engagement croissant pour des pratiques respectueuses des écosystèmes atteste de l’émergence d’une forme économie parallèle. Décryptage.

La journaliste écolo : Votre série « Le grand sabotage » est conçue, réalisée et distribuée selon la démarche #ecopureplayer. Cette dernière est-elle difficile à mettre en œuvre ?

Nathalie (saboteuse en série) : La démarche repose sur 5 principes. Le premier consiste à créer son entreprise sous forme de coopérative de façon à ce que les bénéfices soient équitablement répartis. Cette approche est à la portée de tous ceux qui ont appris à coopérer.

La journaliste écolo : C’est difficile de coopérer ?

Lydie (saboteuse en série) : Il suffit d’être à l’écoute des autres et de ne pas tomber dans des postures égocentrées. On s’enrichit toujours par le partage…

Julie (saboteuse en série) : Pour le second principe, le fait de ne recourir qu’à des financements durables, les choses sont un peu plus compliquées sur certains territoires où il n’existe pas de banques durables. Il faut alors recourir à des plateformes de financement participatif.

Noémie (saboteuse en série) : La faible implantation des banques durables sur les territoires est un frein au financement des activités économiques durables en démarche #ecopureplayer. On ne peut qu’encourager les habitants à diriger leur épargne vers les banques durables qui sont en train de s’implanter sur leur territoire.

La journaliste écolo : Qu’en est-il du biosourcing et de la distribution ? Être #ecopureplayer suppose de trouver des partenaires qui sont eux-mêmes des #ecopureplayer ?

Sophie (saboteuse en série) : Il est vrai que dans notre branche d’activité, la création audiovisuelle, la démarche #ecopureplayer est peu répandue. Pour le biosourcing, nous arrivons à trouver des partenaires #ecopureplayer mais c’est beaucoup plus difficile pour la distribution.

Nathalie (saboteuse en série) : En fait, tout dépend de l’activité et de la localisation. Dans certains territoires, l’agroécologie est très développée et la distribution en circuit court se fait auprès de commerces durables de proximité. La saison 1 décrit cette économie émergente des écopureplayeuses. Lorsque plusieurs acteurs commencent à s’implanter sur un territoire, d’autres activités en démarche #ecopureplayer se développent par synergie. Dans la ville moyenne de la saison 1, on peut voir tout un réseau d’activités économiques respectueuses des écosystèmes qui existent en parallèle des activités mercantiles destructrices de la planète.

La journaliste écolo : D’où l’émergence d’une forme d’économie parallèle ?

Lydie (saboteuse en série) : On ne peut véritablement parler d’économie parallèle que pour les acteurs qui sont pleinement dans la démarche #ecopureplayer. Ceux qui ne s’y engagent que partiellement ont une activité qui se situe à cheval sur les deux formes d’économie et les flux de valeur qu’ils génèrent viennent malheureusement alimenter en partie l’économie purement mercantile.

La journaliste écolo : Vous pouvez préciser ?

Noémie (saboteuse en série) : Oui, bien sûr. On peut toujours décomposer la valeur ajoutée d’un produit ou d’un service et voir les contributions relatives des deux formes d’économie. L’activité propre d’une coopérative peut s’avérer respectueuse de l’environnement tout en reposant sur des financements, des approvisionnements, des distributions ou des pratiques de communication qui ne le sont pas. Par ses partenaires non durables, cette coopérative favorise alors, de manière indirecte, le maintien ou le développement d’activités destructrices de la planète.

La journaliste écolo : Vous pouvez donner des exemples ?

Nathalie (saboteuse en série) : L’exemple typique est celui de ceux qui revendiquent une activité économique à faible impact mais qui utilisent les plateformes de big data pour communiquer.

La journaliste écolo : La démarche #ecopureplayer semble facilement envisageable pour les activités artisanales. Mais qu’en est-il pour les activités industrielles ? Il semble délicat de reconstituer un tissu économique qui serait entièrement #ecopureplayer…

Julie (saboteuse en série) : C’est pourtant bien ce qui est en train de se passer. La reconversion de la filière agricole a déjà commencé. La réimplantation de la filière textile est en cours. En matière de développement durable, les opportunités d’activités économiques sont énormes. Les industries ont leur place dans ce processus, mais il s’agit de petites coopératives industrielles, fortement ancrées dans leur territoire.

La journaliste écolo : Vous avez une vision très positive de la capacité de l’humanité à implémenter le développement durable ?

Noémie (saboteuse en série) : Être #ecopureplayer permet de résoudre un conflit intérieur en accordant ses actions avec les valeurs du développement durable. En montrant l’exemple, on constate combien les individus sont prêts à changer leurs logiques d’action pour s’engager dans le développement durable. C’est l’ignorance qui fait qu’ils sont dans l’inaction. Quand on voit comment les pratiques de développement durable se diffusent auprès des jeunes générations, on ne peut qu’être optimistes.

Nathalie (saboteuse en série) : L’important est d’avoir une vision. Tant que les individus n’ont pas une vision claire de la façon dont le développement durable peut s’implémenter, ils ne s’y engagent pas. Dans la série, à partir de la saison 2, les personnages n’ont pas d’autre choix que de pratiquer le développement durable puisque l’économie mercantile est sabotée. Les saisons 4 et 5 donnent à voir le monde tel qu’il serait si le développement durable était devenu une réalité.

Lydie (saboteuse en série) : Dans la série, le grand sabotage est un prétexte allégorique, une forme de raccourci qui permet de basculer instantanément dans un monde sans activités économiques destructrices de la planète.