Épisode 10

Les infiltrés

Résumé

Une évidence s’impose à tous, les saboteurs potentiels sont infiltrés parmi la population et préparent en secret leur action concertée. Des mesures spécifiques doivent être adoptées pour les identifier, même si la tâche parait presque impossible.

Acte 1 La salle de réunion du conseil de la sécurité intérieure – intérieur sans fenêtre

Le chef de la sécurité intérieure ouvre une réunion en annonçant une découverte et donne la parole à l’un des analystes territoriaux. Celui-ci évoque un document interne à l’organisation terroriste qui est jugé hautement crédible après analyse. Ce document est une sorte de manuel qui a été retrouvé parmi d’autres documents similaires et des outils de sabotage. Il évoque l’infiltration d’agents terroristes dans toutes les states de la société. Ce document laisse à penser que cette infiltration a commencé depuis plusieurs années. Des métiers charnières ont été clairement identifiés et ils sont présentés par ordre de priorité dans le document. On y trouve ainsi les informaticiens, les électriciens, les développeurs, les logisticiens et tout un tas d’autres métiers à haute valeur « sabotative » (c’est ainsi que le document les qualifie). Après cette présentation, le chef de la sécurité reprend la parole. Il indique que, à ce stade, on peut supposer que l’infiltration est déjà en grande partie opérée et qu’il est difficile de quantifier son ampleur. Un des analystes recommande une alerte de niveau 5, de façon à ce qu’elle remonte à la présidence de la république. Selon la procédure, le chef de la sécurité soumet cette proposition à l’approbation des membres du conseil qui la confirment à l’unanimité.

Acte 2 La salle du conseil municipal – intérieur jour

Le maire a convoqué une réunion avec les agents de la police municipale afin de faire le point sur le marquage des signes et sur les atteintes à la publicité. Les policiers lui remontent l’impossibilité d’interpeller les auteurs des signes qui opèrent la nuit avec des guetteurs et qui sont rendus invisibles par des habits communs de couleur sombre qui leur cachent le visage. Il ne semble pas utile de chercher à effacer les signes car ceux-ci reviennent systématiquement un ou deux jours après avoir été enlevés par les agents municipaux. Pour ce qui est des publicités, il n’y en a plus une seule dans la ville à l’exception de celles pour les organisations caritatives de défense des animaux qui ont été laissé intactes par les terroristes. La régie publicitaire a indiqué que plus aucun annonceur voulait courir le risque de financement une campagne de publicité et elle étudie sérieusement la possibilité de rendre les concessions, ce qui entrainerait un manque à gagner à la ville sur les recettes de taxation publicitaire. Un agent évoque l’extrême habileté des terroristes. Un autre indique qu’il est raisonnable de supposer qu’ils sont au moins trois fois plus nombreux que les effectifs de la police. L’estimation des renforts nécessaires pour parvenir à éradiquer le terrorisme nocturne avance une fourchette de recrutement allant de 200 à 300 agents supplémentaires. Un dernier agent informe qu’à ce jour, aucune ville n’est parvenue à vaincre le terrorisme nocturne. Le maire remercie chacun des agents pour le travail formidable qu’ils effectuent chaque jour sur le terrain et indique qu’il va se concerter, avec le chef de la police, pour voir les solutions qui peuvent être envisagées.

Acte 3 Le salon de coiffure – intérieur jour

Les clientes évoquent les différents évènements récents survenus dans la ville (marquage des signes et disparition des publicités). Elles sont offusquées. Pour elles, la ville est passée sous le contrôle des terroristes, la nuit. Elles n’osent plus sortir de chez elles dès que le soleil se couche. Le sentiment général est celui d’une grande insécurité. Elles souhaitent l’implantation rapide de caméras de vidéosurveillance dans la ville afin d’identifier les terroristes, les interpeler et les empêcher de nuire. L’une d’entre elles avance que le pays est en guerre. Une guerre entre ceux qui construisent la prospérité économique et ceux qui veulent la détruire. Une autre renchérit en évoquant une forme de guerre civile contre des individus qui se trouvent partout dans la population, des lâches qui ont besoin de se cacher dans la pénombre pour agir. Cette discussion fait ressurgir une crise d’angoisse chez la patronne qui se demande à nouveau ce qu’on a bien pu leur faire.

Acte 4 la salle à manger familiale – intérieur nuit

Au diner, la mère, angoissée, lance le sujet de la menace terroriste et de la présence d’infiltrés parmi la population. Le père confirme cette menace en restant calme et indique qu’il va falloir se préparer au grand sabotage d’un ton fataliste. La mère renchérit sur son incompréhension des motivations des terroristes. La fille s’insurge sur la dénomination de terroristes. Il ne s’agit que de personnes qui font des graffitis sur les murs et qui arrachent des affiches publicitaires. Elles ne voient pas en quoi ça sème la terreur. Pour elle, ce ne sont pas des terroristes mais des personnes qui veulent éveiller la conscience des gens. Sa mère lui demande si elle est consciente qu’ils vont tout saboter. En guise de réponse, sa fille lui demande s’ils vont poser des bombes, s’ils vont détruire des ponts, des routes, des entreprises, s’ils ont annoncé qu’ils vont tuer des gens. Sa mère répond qu’ils vont couper l’électricité et les accès internet, qu’ils vont les empêcher de travailler. Elle demande à nouveau ce qu’on a bien pu leur faire. Sa fille lui demande si elle est sérieuse, si elle ne voit vraiment pas ce que sa génération et toutes celles qui lui ont précédé ont fait à la planète.

Acte 5 la ferme agroécologique – extérieur jour

Une perquisition est menée à la ferme agroécologique. Les policiers cherchent partout sans trouver d’outils de sabotage. A l’atelier, la caisse contenant des outils d’électricité a disparu.  A l’issue de la perquisition, le chef de la police notifie cependant une suspicion de terrorisme et informe que l’ensemble des personnes travaillant à la ferme agroécologique va faire l’objet d’une remontée sur le fichier des activités suspectes. Une des personnes de la ferme lui demande en quoi leur activité est suspecte. Le chef de la police indique que les gens de la ferme semblent se préparer à l’après-sabotage, en n’utilisant ni l’électricité, ni le numérique et qu’aux termes d’une nouvelle loi qui vient d’entrer en vigueur cela constitue une suspicion d’activités qui pourraient être en lien avec des activités terroristes.

Acte 6 La salle du conseil municipal – intérieur jour

Le maire a réuni le conseil municipal pour un vote spécial sur l’implantation de caméras de surveillance. La séance est publique et les administrés sont venus nombreux pour y assister. Plusieurs aspects sont évoqués par différents membres du conseil municipal : le besoin en caméras de surveillance pour couvrir l’ensemble de la ville avec une estimation chiffrée du nombre de caméras et de leur implantation, le budget nécessaire à cette implantation, les possibilités d’augmentation d’impôts locaux permettant le financement, les pistes de réduction d’autres postes budgétaires pour abonder le budget spécial de sécurité. Après débat, la résolution d’un déploiement large de caméras avec augmentation partielle des impôts et réduction des autres budgets est soumise au vote et adoptée. A l’issue du vote, le spécialiste qui avait fait l’étude pour la mairie indique qu’il y a rupture de stocks de caméras de surveillance liée à la forte hausse de la demande mondiale et que les délais d’approvisionnement dépassent la date annoncée du grand sabotage.

Acte 7 le supermarché – intérieur jour

Le directeur a convoqué l’employé rebelle à son bureau. Il commence par lui demander si celui-ci a commencé à cultiver un potager personnel dans son jardin. L’employé lui répond qu’il est prévoyant, comme tout le monde dans la ville et sur la planète. Il renvoie la question au directeur en lui demandant si celui-ci connait des personnes qui ne se sont pas mises au potager. Le directeur demande alors à l’employé s’il connait la nouvelle loi qui oblige tout citoyen qui a connaissance d’individus maitrisant les compétences de sabotage à les déclarer à la police. L’employé rebelle lui répond qu’il a du mal à se mettre à jour des nouvelles lois mais qu’il n’est pas surpris qu’une telle loi existe. Parce qu’elle est nécessaire pour protéger les citoyens lui demande le directeur ? Parce que le gouvernement ne sait plus quoi faire répond l’employé rebelle. Le directeur l’informe alors qu’il est dans l’obligation de signaler les compétences d’électricien de l’employé rebelle, puisqu’il en a connaissance mais que de son point de vue, il ne fait pas un acte de délation mais un acte de vigilance citoyenne. L’employé rebelle acquiesce d’un air désabusé.

Acte 8 La ville – extérieur jour

Le lycéen téméraire guette le passage du véloporteur et lui court après pour l’arrêter dans sa course. Il informe alors le véloporteur, après que celui-ci se soit arrêté, que lui et les autres lycéens ont créé une cellule active et qu’ils entendent bien respecter le secret entre les membres de la communauté. Sa démarche consiste juste à informer des actions menées par une cellule à une autre cellule dans une logique de coordination horizontale. Il informe donc que sa cellule prend en charge le marquage des signes dans la ville et le retrait des publicités. Il indique aussi qu’ils sont prêts pour le grand jour, qu’ils n’ont pas de compétences particulières mais qu’ils pourraient, par exemple, crever les pneus des voitures particulières. Ils sont prêts à prendre leur part. Si le véloporteur a besoin d’eux, il lui suffit simplement de donner des instructions. Le lycéen ayant terminé de parler, le véloporteur lui demande s’il peut reprendre sa route.

Acte 9 Le commissariat de police – intérieur sans fenêtre

La fille a été arrêtée pour flagrant délit de dégradation de publicité. Le père vient la chercher au poste. Un agent lui lit les éléments factuels qui sont reprochés à sa fille. Le père signe alors un registre de prise en charge. La fille est libérée provisoirement. Elle et son père sortent en silence du commissariat avant de monter dans la voiture (le père ouvre la portière à sa fille). Il fait nuit dehors.

Acte 10 La ferme agroécologique – intérieur jour

Dans un hangar de la ferme agroécologique, le couple écolo déploie une grande carte de la région qui présente le plan d’action territorial pour le jour du sabotage ultime. Ils ne sont que deux. Ils identifient en détail les transformateurs électriques, les hubs de connexion réseau et tous les autres points névralgiques en formulant des hypothèses sur la répartition des activistes sur les différents endroits évoqués. Ils passent en revue les coupures d’alimentation électrique et de connexions réseaux. Ils semblent satisfaits et le véloporteur indique qu’ils devraient être prêts.