La tentation survivaliste
Résumé
Deux postures de préparation au grand sabotage se distinguent parmi les habitants : ceux qui adopte une démarche individuelle, et qui sont tentés par le survivalisme, et ceux qui ont une approche plutôt collective.
Acte 1 Le salon familial – intérieur nuit
Le père vient de rentrer avec la fille et la mère vient à leurs devants. Ils se retrouvent dans le salon pour engager une discussion. Calmement, le père interroge sa fille sur les actions qu’elle a mené (qui lui ont été lues par l’agent de police au poste). Résignée, la fille confirme qu’elle a participé au marquage des signes dans la ville et au retrait des publicités. Le père demande qui étaient ses complices. Elle décrit le petit groupe de lycéens en donnant leurs noms et en indiquant d’un ton ironique qu’ils sont les dangereux terroristes qui mettent la ville en panique. La mère comprend que sa fille sortait de la maison pendant la nuit, elle veut en avoir confirmation, ce que fait sa fille. La mère demande alors pourquoi ils font ça ? La fille donne son point de vue sur le développement durable, l’impression que sa génération n’a pas de choix autre que de perpétuer, ou perpétrer précise-t-elle, les activités des anciens qui détruisent la planète. Mais elle ne veut plus de ça. Elle expose sa vision du futur. Le père et la mère l’écoutent stoïquement.
Acte 2 La chambre des parents – intérieur nuit
Avant de s’endormir les deux parents sont dans la chambre. Le père est silencieux, il cherche des informations sur la communauté avec sa tablette. La mère s’adresse au père sans que celui-ci n’y prête vraiment attention. Elle expose sa crainte que sa fille devienne violente, que les jeunes deviennent violents, que le monde devienne violent. Elle interroge son mari sur les dispositions qu’il entend mettre en œuvre pour les protéger. Le père pose la tablette et indique à sa femme que, de ce qu’il a trouvé sur la communauté, celle-ci est non violente, un peu comme les hippies des années soixante-dix. Ils veulent refaire le monde comme tous les jeunes et ils se mettent en connexion avec la nature. Ils ne vont rien détruire, ils veulent juste arrêter le système, ou au moins le mettre sur pause. Le père précise que ce ne sont pas les actions des jeunes qu’il faut craindre, mais plutôt la réaction des vieux quand on va toucher à leur prospérité.
Acte 3 Le supermarché – intérieur jour
Lors d’un passage en caisse, une cliente se voit refuser les quantités qu’elle a prévu d’acheter. Face aux difficultés liées à la non-acceptation par cette cliente, la caissière appelle le directeur à la rescousse. Celui-ci explique alors à la cliente qu’il existe désormais des mesures de rationnement et qu’il ne fait qu’appliquer la loi. Il renvoie la cliente au panneau d’affichage de l’entrée du magasin qui indique les quantités maximums pouvant être achetées de chaque produit en précisant qu’il s’agit d’éviter les pénuries. La cliente n’est pas dans l’acceptation. Elle vit mal cette entrave à sa liberté d’acheter. Le directeur indique que si tous les clients étaient comme elle, son magasin serait bientôt vide et il ne resterait rien pour les clients suivants. Il précise que le rationnement est un acte citoyen qui revient à partager ce qui est disponible. La cliente accepte finalement. Elle doit déclarer son identité au moment du paiement afin que ses achats soient comptabilisés sur sa carte de rationnement électronique. De retour à son bureau, le directeur appelle le vigile du supermarché. Lorsque celui-ci arrive, le directeur lui fait part de son intention de recruter au deuxième vigile pour se prémunir des risques d’émeutes.
Acte 4 L’appartement du couple – intérieur nuit
Le frère interroge la femme sur la pertinence de rester dans une grande agglomération eu égard à la tournure que commencent à prendre les évènements. Il se sent paralysé, inutile. Il estime que ce n’est pas en milieu urbain qu’on peut se préparer au sabotage. Il souhaite plutôt partir au plus vite à la campagne et se rendre utile dans les champs. Il estime qu’il ne sait pas faire grand-chose et qu’il doit apprendre. La femme l’informe de la création de zones protégées par le gouvernement qui seront ouvertes à des personnes sélectionnées et qu’ils feront partie de ces dernières du fait de la position de la femme au sein de la sécurité intérieure. Le frère veut en savoir plus sur les zones protégées. Il veut être certain qu’ils feront bien partie des personnes sélectionnées. La femme refuse de lui en dire plus mais lui demande de lui faire confiance.
Acte 5 La ferme agroécologique puis la banque durable – extérieur puis intérieur jour
Les personnes de la ferme apprennent que la décision de justice a été rendue en faveur du financement par la banque durable. Cela provoque une grande joie et décuple les volontés de se lancer dans l’agroécologie. Les fermes industrielles, qui sont en faillite, sont rattachées pour de l’agroécologie. Les demandes de financement affluent à la banque durable.
Acte 6 Le salon familial – intérieur jour
En rentrant du travail, le directeur constate que la mère a invité un homme qui attend dans le salon. La mère présente cet homme au père. Celui-ci est le mari d’une de ses clientes qui a une proposition à faire. Il s’agit de créer un ilot survivaliste dans une habitation qui se situe à l’extérieur de la ville. L’homme est chasseur et il dispose de fusils. L’idée est de créer un petit groupe autonome composé de différents chasseurs et de quelques citoyens, avec leurs femmes et leurs enfants, bien entendu. L’un d’eux est un ancien militaire qui dispose de toutes les compétences d’apprentissage de la survie. L’homme décrit une panique généralisée à venir qui, pour lui, revêt un caractère inévitable, sans que l’on puisse réellement dire quand elle arrivera. Lors de cette panique, chacun cherchera à se rendre au supermarché pour prendre des denrées, ce qui est humain, précise l’homme. L’idée de l’association est que les chasseurs prennent possession entièrement du supermarché afin de transférer l’intégralité des denrées vers l’ilot survivaliste, ce qui donne le droit au directeur et à sa famille d’intégrer cet ilot. Le père répond qu’il trouve l’idée intéressante mais qu’il a besoin de réfléchir. Après le départ de l’homme, la mère interroge le père sur son initiative. Le père lui répond sèchement qu’elle a perdu la raison.
Acte 7 la salle du conseil municipal – intérieur jour
Le maire a convoqué une réunion spéciale du conseil municipal qui est publique avec la présence de nombreux administrés. Il commence par faire un point sur la sécurité hydrique avec une simulation. Il indique que l’eau courante devrait être maintenue après le sabotage mais que cela demande une priorité de l’utilisation énergétique pour alimenter les pompes des châteaux d’eau et les stations d’épuration. Il précise que la ville dispose de générateurs et de réserves de carburants qui lui permet de tenir au moins trois mois, ce qui est le temps supposé de réparation du grand sabotage. Il indique que la ville procède actuellement à l’acquisition de stocks de bouteilles d’eau et de stocks de denrées alimentaires mais qu’il commence à y avoir des pénuries sur certains produits du fait de la forte hausse de la demande mondiale. En termes de sécurité alimentaire, il propose le vote d’une résolution qui consiste à ouvrir tous les espaces verts de la ville pour les transformer en potagers partagés en donnant des droits d’accès aux habitants selon leurs lieux d’habitation. Il encourage tous les habitants à transformer leurs espaces verts en potager. En matière énergétique, il ne peut rien garantir et il encourage les habitants à faire des travaux d’isolation, à acheter des couvertures et des bougies. Il informe que les services municipaux travaillent à l’élaboration d’un plan d’action énergétique qui sera prochainement présenté lors d’une prochaine réunion.
Acte 8 L’épicerie durable – intérieur jour
La cliente qui a ouvert un compte auprès de la banque durable se rend à l’épicerie durable pour obtenir des renseignements. Elle interroge l’épicier. Elle cherche à connaître la capacité de l’épicerie à maintenir ses approvisionnements en cas de sabotage. L’épicier répond que son épicerie est totalement préservée du fait qu’elle ne vend que des denrées produites localement et sans intrants. La cliente veut la confirmation qu’elle pourra toujours acheter dans son épicerie après le sabotage. L’épicier lui dit qu’il pourra toujours vendre mais demande avec quelle monnaie la cliente aura l’intention d’acheter en précisant que la monnaie mondiale risque de ne plus trop avoir de valeur. Elle demande s’il acceptera la monnaie locale. Il répond la monnaie locale et le troc. La cliente se montre intéressée par le troc et demande à l’épicier quels sont les objets qui pourraient bien avoir de la valeur et être échangés sous forme de troc. L’épicier répond qu’il n’y a pas que les biens qui font l’objet de troc, il est aussi possible d’apporter son savoir-faire.
Acte 9 La ferme agroécologique – intérieur jour
Dans un hangar de la ferme agroécologique se tient une réunion avec de nombreuses personnes. Cette réunion est pilotée par le couple écolo. Les autres participants sont de dos et ne sont pas identifiables. La réunion porte sur l’autonomie alimentaire du territoire. Le couple écolo est satisfait car une vraie ceinture vivrière s’est dessinée autour de la ville. Les fermes industrielles sont en partie converties en fermes agroécologiques qui produisent pour la population locale et non pour l’exportation. Cela est signalé comme une victoire et l’assemblée applaudit. Le couple poursuit en indiquant que la pratique du potager personnel de culture bio sans intrants chimiques s’est généralisée chez les habitants qui disposent d’espaces verts. Nouveaux applaudissements. De plus, les jardins partagés, toujours sans intrants chimiques, ont fleuri partout dans la ville. Nouveaux applaudissements. En conclusion, le taux de résilience alimentaire qui était à peine de 3% est passé à 33% en l’espace d’une année, ce qui est une vraie victoire. Applaudissements. Il reste maintenant que les emplois inutiles se reconvertissent vers l’agroécologie pour étendre la ceinture vivrière, ce qui permettrait d’amener le taux à 100%. Applaudissements nourris.
Acte 10 Le salon familial – intérieur jour
Le père, la mère et la fille s’interrogent sur ce qui aura de la valeur après le sabotage. Ils passent en revue de nombreux objets en distinguant ceux qui peuvent être utiles de ceux qui ne serviront à rien. Cette démarche les conduit à faire une liste d’objets manquants qu’ils doivent acheter de toute urgence.
