Épisode 12

Les nouvelles compétences

Résumé

Le président de la république annonce officiellement qu’il faut se préparer au grand sabotage. Les habitants doivent anticiper, ce qui les conduit à identifier les compétences qui seront utiles dans le monde d’après.

Acte 1 Le salon de coiffure – intérieur jour

Les discussions des clientes sont interrompues par une annonce présidentielle à la télévision (suivie avec attention par les clientes) qui invite chacun à se préparer au grand sabotage. Le président de la république indique un risque réel de perturbations, liées au sabotage à venir, qui devraient durer plusieurs jours avant un rapide retour à la normale. Il précise que toutes les communes du pays ont élaboré des plans spécifiques de prévention et d’actions qui tiennent compte des spécificités de leur territoire. Il sait compter sur le patriotisme de chacun pour surmonter cette épreuve dont l’échéance arrive dans quatre mois. Vive la république.

Acte 2 La salle du conseil municipal – intérieur jour

Le maire présente le plan d’adaptation local au grand sabotage. Il indique que pour la sécurité hydrique, les études ont montré que cela allait être plus compliqué qu’il n’y paraissait au premier abord. Les pénuries d’énergie risquent d’entraver le fonctionnement normal des stations d’épuration et il a pris un arrêté municipal interdisant formellement le rejet de tous produits chimiques dans le réseau domestique. Pour garantir cette disposition, il interdit aussi la vente des produits chimiques sur tout le territoire de la ville. Des administrés demandent des explications qui sont apportées par l’agent du service des eaux. Le maire insiste sur le fait que l’hygiène publique et la qualité de l’eau doit être une priorité pour maintenir la population en bonne santé. Il indique ensuite que la mairie a fait toutes les réserves possibles de carburants et de denrées mais qu’on assite maintenant à une pénurie mondiale et à des prix de vente qui sont arrivés à des niveaux prohibitifs pour le budget d’une commune comme la leur. Il invite de nouveau, les habitants à cultiver leur potager personnel ou à participer aux potagers partagés sans utiliser de produits chimiques afin de ne pas polluer les nappes phréatiques.

Acte 3 L’appartement du couple – intérieur jour

Le frère manifeste à la femme sa frustration de rester en ville. Il se sent totalement impuissant et inutile face à l’échéance qui arrive. L’ambiance est à la faillite dans son entreprise et il se dit qu’il est temps de rebondir vers autre chose. Plusieurs de ses collègues ont confirmé discrètement l’existence des zones protégées à venir et le fait qu’ils seront de ceux qui les rejoindraient. Le frère demande à la femme si elle est certaine qu’ils font bien partie des élus pour les zones protégées, ce qu’elle confirme. Le frère se dit hésitant entre attendre pour rejoindre une zone protégée et partir maintenant pour rejoindre sa famille. Il demande si la famille proche pourra aussi rejoindre la zone protégée. La femme le rassure sur le fait que sa famille n’habite pas dans une zone à risque et que le sabotage devrait bien se passer pour eux.

Acte 4 La bibliothèque municipale – intérieur jour

A la bibliothèque municipale, certains habitants viennent spontanément déposer des livres portant sur des savoir-faire spécifiques liés à l’agroécologique, à la construction durable, à la confection d’outils et à de nombreuses techniques durables. La bibliothèque se réorganise en mettant de côté des livres qui semblent inutiles pour faire de la place aux ouvrages plus importants. Dans cette dynamique, une employée de la bibliothèque procède au recensement des compétences utiles des individus qu’ils déclarent spontanément, ainsi que de leurs disponibilités, ce qu’elle note sur un registre en papier. Dans un autre lieu de la bibliothèque, une autre employée répertorie les besoins de compétences exprimés par certains habitants (potager, culture, clôture, réparation de vélo, etc.).

Acte 5 Le supermarché – intérieur nuit

Un vol avec violence a été commis pendant la nuit au supermarché. Arrivé sur les lieux, alors que la police est déjà là, le directeur constate l’étendue du vol dans les réserves et vient parler au vigile qui a des contusions et qui lui décrit comment des hommes armés de fusils sont venus le menacer et le frapper avant de procéder un chargement d’un camion à partir des denrées de la réserve.

Acte 6 Le parc – extérieur jour

Les lycéens débattent sur l’opportunité de crever les pneus des véhicules particuliers dans les plus brefs délais. L’argument porte sur le fait d’éviter ainsi les vols et les fuites des habitants vers d’autres territoires. Crever les pneus pourrait avoir un caractère dissuasif pour ceux qui auraient des projets d’accaparement des biens. Le débat est vif mais cette proposition est rejetée.

Acte 7 La salon de coiffure – intérieur jour

Les clientes débattent sur l’attitude des écoterroristes. Elles conviennent qu’ils ne sont pas violents en soi et qu’elles ne se sentiraient pas menacées physiquement si elles devaient en croiser un ou une. Cependant, elles estiment que les écoterroristes induisent la violence en créant un climat de peur et de panique généralisée. Pour elles, ce climat de terreur est sciemment recherché par les écoterroristes ce qui induit une forme de violence légitime dans une logique du chacun pour soi où chacun cherche à défendre son intérêt. Selon elles, la faute du vol au supermarché, qui peut être compréhensible à certains égards, revient surtout aux écoterroristes. Rien de cela ne serait arrivé s’ils ne menaçaient pas de tout saboter.

Acte 8 La ferme agroécologique – extérieur jour

De nombreux habitants de la ville entrent spontanément en contact avec les personnes de la ferme agroécologique. Celle-ci devient moteur pour le développement agroécologique de la région. Les fermiers apportent leur soutien et leurs compétences pour la mise en place des jardins partagés et pour la conversion de l’agriculture industrielle en agriculture durable.

Acte 9 la campagne – extérieur jour

Le véloporteur et la cliente rebelle sont allongés nus dans la campagne. Le véloporteur masse le dos de sa compagne. Il rappelle qu’il lui avait promis qu’il n’y aurait bientôt plus de pesticides dans les nappes phréatiques. Sa compagne acquiesce en indiquant que c’est vrai qu’il avait fait cette promesse. Le véloporteur lui dit qu’il tient toujours ses promesses.

Acte 10 La salle de réunion du conseil de la sécurité intérieure – intérieur sans fenêtre

Le conseil de la sécurité intérieure est en visioconférence avec de nombreux autres pays. Différents écrans indiquent les nationalités : États-Unis, Chine, Inde, Brésil, Nigeria ainsi que des pays d’Europe. Les échanges portent sur la forme que va prendre l’état d’urgence et la nécessité de faire une annonce de façon concertée. Tous les participants tombent d’accord pour un bouclage territorial et une restriction forte des déplacements. Plusieurs pays témoignent de la façon dont ils entendent déployer leurs forces de l’ordre et des points névralgiques qu’ils estiment prioritaires à protéger. Certains indiquent qu’ils ne sont pas encore prêts pour mettre en place l’état d’urgence. D’autres répondent qu’il n’est plus possible d’attendre, que des émeutes ont déjà commencé. Sans attendre l’unanimité, certains pays indiquent qu’ils procéderont à l’annonce du bouclage d’état dès le début de soirée.