Épisode 13

le bouclage d’état

Résume

Le président de la république annonce l’état d’urgence, ce qui change grandement le quotidien des habitants. Ceux-ci n’ont plus beaucoup de liberté d’action face à l’échéance à venir puisque les choses ont été prise en main par l’état. Il se pose quand-même des questions relatives à l’application concrète des mesures décidées pour faire face à la situation.

Acte 1 Écran de télévision à différents endroits – intérieur jour

Le président de la république décrète l’état d’urgence et annonce les différentes dispositions qui s’en suivent : déploiement des forces de l’ordre sur de nombreux points névralgiques, restriction des déplacements, interdiction des retraits bancaires, contrôle d’état sur l’activité de nombreuses entreprises commerciales, renforcement des quotas d’acquisition des denrées et réquisition du carburant pour les services publics, assignation à domicile des individus identifiés suspects. Le président est conscient qu’il demande à la population de faire de nombreux sacrifices mais il indique que ces sacrifices sont nécessaires pour maintenir le réseau mondial des échanges et la prospérité qui va avec. Celle-ci est devenue fragile car elle repose sur un très haut degré d’interdépendance mais plus que jamais on doit se sentir des citoyens du monde qui, par leurs échanges, œuvrent à la prospérité économique de tous.

Acte 2 Le supermarché – intérieur jour

Un agent de la sécurité intérieure vient prendre le contrôle du supermarché, ce qui amène une fermeture temporaire. Il annonce une réquisition de certains produits qui vont être transférés dans un entrepôt sous contrôle d’état. La réouverture pourra alors être envisagée avec le respect strict des nouveaux quotas d’achats individuels.

Acte 3 la ferme agroécologique – extérieur jour

Un agent de la sécurité intérieure vient procéder aux réquisitions à la ferme agroécologique mais celles-ci s’avèrent plus compliquées que prévues du fait que la ferme ne dispose pas d’ordinateurs et que les produits qui devaient être réquisitionnés ne sont pas arrivés à maturité. L’agent note que les réquisitions sont impossibles.

Acte 4 le salon familial – intérieur jour

La mère est excédée. Elle fait des récriminations au père qui, selon son point de vue, a fait les mauvais choix au mauvais moment, ce qui conduit leur famille dans une situation délicate. Elle regrette de ne pas avoir succombé à la tentation survivaliste. Elle évoque ce qu’aurait pu être leur situation dans l’habitation survivaliste, avec un générateur, protégés par des fusils et disposant des denrées volées au supermarché. Elle indique que maintenant, c’est trop tard, qu’ils sont prisonniers dans leur maison avec des bougies et des pommes de terre qui poussent dans leur jardin. Le père et la fille l’écoutent sans réagir.

Acte 5 L’appartement du couple – intérieur jour

Le frère est excédé. Il adresse des récriminations à la femme qui ne l’a pas écouté quand il proposait de fuir vers la campagne. Ils se retrouvent maintenant bloqués en ville sans possibilité de rien faire d’utile maintenant que son entreprise a cessé son activité. Il évoque ce qu’aurait pu être leur situation s’il avait rejoint sa famille, avec des légumes à cultiver dans le jardin et la possibilité de se promener dans la nature. Son seul espoir est qu’ils fassent bien parti de ceux qui seront autorisés à rejoindre les zones protégées. La femme le rassure. Elle lui demande à nouveau de lui faire confiance.

Acte 6 Le bureau du maire – intérieur jour

Le chef de la police et le maire s’entretiennent sur l’ordre d’arrestation préventive des individus fichés suspects sur le logiciel de la sécurité intérieure, qu’ils viennent de recevoir. Le chef demande l’autorisation de réquisition les gymnases de la ville car il ne dispose pas des places nécessaires à toutes les incarcérations. Le maire reste muet. Le chef de la police évoque aussi la nécessité de réquisitionner les cantines scolaires afin de produire les repas pour les personnes arrêtées. Il indique qu’il peut commencer les arrestations dès le lendemain et il estime qu’un délai d’une semaine sera nécessaire pour toutes les effectuer. Le maire lui répond qu’il faut qu’il réfléchisse, qu’il a besoin de temps. Il rappelle que des associations de défense des droits ont déposé un recours en annulation sur la base du caractère illégal des arrestations préventives. Le chef de la police est agacé. Il indique qu’on se trouve à moins de deux mois de l’échéance et qu’ils ne disposent plus de temps, qu’il devient urgent de coffrer tous les écolos si on veut éviter qu’ils sèment une pagaille généralisée.

Acte 7 Le parc – extérieur jour

Les lycéens échangent sur leur conduite à tenir. Ils s’entendent sur le fait qu’il n’est plus utile de crever les pneus depuis que l’état à restreint les déplacements. Ils constatent que tout le monde s’est mis aux mobilités douces. Une lycéenne indique qu’ils ne peuvent plus faire grand-chose à part attendre le jour du grand sabotage. Un autre rappelle qu’ils n’ont aucun contact avec les vrais saboteurs. La lycéenne dubitative avance le fait qu’il s’agit peut-être d’une vaste supercherie, qu’il n’y a peut-être jamais eu d’intention de sabotage. Il s’agirait d’une sorte de métaphore qui a pour but d’amener les gens à réfléchir.

Acte 8 la ville – extérieur jour

Le véloporteur se fait arrêter par la police pendant une de ses tournées de livraison. Les policiers souhaitent voir sa cargaison pour s’assurer qu’il ne s’agit pas de produits réquisitionnables. Le véloporteur montre les fruits et légumes qu’il transporte. Les policiers demandent quelles sont leurs marques pour vérifier par rapport à leur fichier. Le véloporteur répond qu’il n’y a pas de marque commerciale, qu’il s’agit de produits naturels et locaux qu’il serait absurde de réquisitionner du fait de leur durée courte de conservation. Les policiers laissent repartir le véloporteur.

Acte 9 le salon de coiffure – intérieur jour

Les clientes débattent des mesures restrictives prises dans le cadre de l’état d’urgence. Les avis sont tranchés. Certaines trouvent ces mesures tout à fait justifiées et s’y plient volontiers. Elles évoquent les arrestations des écoterroristes à venir. D’autres estiment que le gouvernement est allé trop loin, que les mesures sont disproportionnées par rapport à la menace et qu’elles présentent des atteintes graves à la liberté. Elles se consolent d’apprendre par une des clientes qu’il parait que c’est pire en Chine.

Acte 10 Le bureau du maire – intérieur jour

L’atmosphère est tendue entre le maire et le chef de la police qui ne sont pas d’accord sur l’attitude à tenir face aux écoterroristes potentiels. Le chef de la police veut procéder à leur arrestation immédiate, ce qui le seul moyen, selon lui, de prévenir la pagaille que causera le grand sabotage. Le maire est plus nuancé. Il invite le chef de la police à réfléchir alors qu’ils sont à six semaines de l’échéance. Il amène ce dernier à convenir que les écolos participent grandement à la production de nourriture locale. Il lui demande ce qui se passerait si tous étaient arrêtés du jour au lendemain et l’impact que cela pourrait avoir sur la sécurité alimentaire des habitants. Le chef reste sans réponse. Le maire indique qu’il n’est pas contre les arrestations mais que celles-ci lui paraissent un peu prématurées. Il demande au chef de la police d’être patient et de se tenir prêt.