La supercherie
Résumé
L’échéance du grand sabotage est toute proche. Tout le monde finalise les derniers préparatifs. Les activistes se réunissent pour mettre leur plan à exécution mais certains d’entre eux sont surpris car ils pensaient qu’il ne s’agissait que d’une supercherie.
Acte 1 Le salon familial – intérieur jour
Dans le salon familial, le père, la mère et la fille font un bilan à un mois de l’échéance. Le père se veut rassurant puisqu’ils disposent de quelques réserves de nourriture et de légumes fournis par le jardin potager. Le fait que ce soit le printemps ne nécessite pas d’énergie pour le chauffage. La mère a peur car ils ne détiennent pas d’armes pour se protéger en cas d’agressions extérieures et elle pense que tout peut arriver car on ne peut pas connaître la réaction des gens si de grandes pénuries devaient se produire. Le père, à l’inverse, trouve que la présence de la police est rassurante. La fille ne dit rien. La mère reprend la parole pour dire qu’elle est très inquiète depuis qu’ils sont sans nouvelles du frère et de la femme. Le père suppose qu’il ne leur est rien arrivé et rassure sa femme en évoquant des coupures de communication dans les grandes villes.
Acte 2 la salle du conseil municipal – intérieur jour
Le maire a convoqué une réunion de service avec tous les agents municipaux pour faire un point sur les préparatifs au grand sabotage à deux semaines de l’échéance. Il insiste sur la nécessité de tout archiver en faisant des doubles en version papier et l’importance de passer dès maintenant aux procédures papier. Il assure que tout est en place et que la ville pourra résister plusieurs mois au grand sabotage. A la fin de la réunion, il prend le chef de la police à part pour lui indiquer qu’il autorise les arrestations préventives et que celui-ci peut commencer dès aujourd’hui.
Acte 3 La grande ville – extérieur jour
Le frère et la femme tentent une sortie de leur immeuble et de leur quartier. Ils sont vite interpellés et la femme montre une autorisation spéciale. Ils sont emmenés dans un local où ils doivent attendre avec d’autres personnes. La femme essaie de passer un appel téléphonique mais personne ne répond. Le frère est inquiet. Il tourne comme un lion en cage.
Acte 4 la campagne – extérieur jour
Tous les acteurs écolo se rendent à une réunion secrète en pleine campagne. On reconnait l’épicier durable, le tenancier du magasin de location-réparation, l’enseignante de biologie, l’enseignant de philosophie, l’employée rebelle, le banquier durable ainsi que les personnes qui travaillent dans la ferme agroécologique. La réunion est conduite par le couple écolo qui fait le bilan des changements survenus depuis ces derniers mois. Ils évoquent le recours aux mobilités douces ainsi que la transformation des habitudes alimentaires des habitants. Ils indiquent que l’autonomie alimentaire de la ville est maintenant estimée à 33%. Les participants poussent des acclamations de satisfaction. Le couple écolo aborde alors le sujet de la préparation du grand sabotage. Ils sont vivement pris à partie par l’enseignante de biologie, l’enseignant de philosophie et le banquier durable qui affirment qu’il n’est pas question de procéder à un sabotage et qu’il n’en a jamais été question. Ils indiquent que la menace de sabotage n’avait qu’un but pédagogique pour amener les habitants à réfléchir, que c’était envisagé comme un outil pour dissuader de continuer à faire des activités destructrices de la planète, un peu comme l’arme nucléaire est un outil de dissuasion, mais que personne n’envisage vraiment d’utiliser. Ils estiment que la menace a bien fonctionné, au-delà de leurs espérances et ils pensent que la majorité des humains a pris conscience de la nécessité de changer les modes de vie et de production. Le véloporteur répond qu’il y a mégarde, que partout dans le monde, des personnes sont prêtes à saboter pour mettre à plat l’ordre économique destructeur des écosystèmes, que sans le sabotage, les habitudes destructrices reprendront de plus belles. Il indique que tout est prêt, ici comme partout ailleurs et qu’ils sont à veille d’un jour historique pour la sauvegarde de la planète et de l’humanité. L’enseignant de philosophie interroge alors sur l’autosuffisance alimentaire qui n’est que de 33%. Il demande si on se trouve vraiment à la veille d’un jour historique du point de vue des deux tiers des habitants qui ne trouveront bientôt rien à manger. L’enseignante de biologie renchérit que deux tiers correspond à la situation des petites villes de campagne mais que dans les grandes agglomérations, c’est plutôt 9 personnes sur 10 qui ne trouvera pas de quoi se nourrir. Elle interpelle les participants pour savoir s’ils peuvent décemment se rendre complice de cette situation. Le véloporteur lui répond que tout le monde sait bien que la Terre est surpeuplée, que chacun était libre de prendre des dispositions pour ne pas la détruire et que les victimes seront surtout victimes de leur propre inconscience. Face au peu de réaction des participants, les trois contestataires préfèrent partir en traitant le véloporteur de psychopathe et les autres de potentiels complices de génocide.
Acte 5 Le parc – extérieur jour
Les lycéens se réunissent quelques jours avant le grand sabotage. Ils n’ont eu aucun contact avec les vrais saboteurs. Ils ne savent pas quoi faire. Les avis sont très tranchés. Certains renoncent à faire quoi que ce soit. L’autre lycéenne doute même de la réalité du sabotage à venir, elle est persuadée qu’il ne se passera rien. D’autres souhaitent absolument faire quelque chose mais ils ne savent absolument pas quoi faire.
Acte 6 La chambre à coucher familiale – intérieur nuit
La mère vient de faire un cauchemar et se réveille en sursaut. Elle a peur. Elle souhaite quitter leur maison immédiatement et partir se cacher dans la nature. Le père tente de la raisonner.
Acte 7 le bureau du maire – intérieur jour
Le chef de la police vient voir le maire pour lui dire que des écoterroristes emprisonnés souhaitent faire des déclarations écrites indiquant qu’ils n’ont pas l’intention de participer au sabotage. Il demande s’il doit donner suite et s’il doit relâcher les personnes qui feraient de telles déclarations. Le maire répond qu’il ne peut pas statuer car ce n’est pas de son ressort. Il informe qu’il va remonter la demande à la sécurité intérieure. Il souhaite alors faire le bilan des arrestations. Le chef de la police lui indique que le bilan est bien maigre et que les principaux écoterroristes se cachent dans la nature. Il indique poliment au maire que celui-ci a trop attendu et que les écoterroristes ont pris leurs dispositions pour ne pas se faire arrêter.
Acte 8 La ville – extérieur jour
Plusieurs personnes sont en train de cultiver leur potager personnel ou des jardins partagés.
Acte 9 La ville – extérieur jour
L’employé rebelle s’approche discrètement d’un transformateur électrique avec un plan dans la main. Il s’entraine à l’ouvrir en se chronométrant. Il referme ensuite le transformateur avant de repartir.
Acte 10 La campagne – extérieur jour
Des activistes viennent faire allégeance au couple écolo. Celui-ci leur donne des instructions et leur remet un plan d’action individuel.
