Épisode 4

Une menace de niveau 1

Résumé

Le conseil de la sécurité intérieur émet un avis de menace de niveau 1 à propos du risque de sabotage généralisé. Pour les habitants de la ville, cette menace prend une forme concrète avec le sabotage perpétré au supermarché et les discussions et débats que celui-ci provoque.

Acte 1 La salle de réunion du conseil de la sécurité intérieure – intérieur sans fenêtre

Le chef de la sécurité intérieur a convoqué une réunion spécifique sur la menace de sabotage. Il demande à tous les analystes de faire des remontées factuelles sur l’étendue territoriale de la présence des signes et des drapeaux, sur la quantification du nombre d’activistes potentiels et sur la production d’activité par les réseaux sociaux sur le sujet. Les différents analystes (dont la femme) répondent chacun leur tour selon leur domaine de compétences. L’un d’entre eux fait la recommandation d’émettre un avis de menace de niveau 1. Le chef de la sécurité intérieure demande l’avis des autres analystes qui sont unanimes pour émettre cet avis.

Acte 2 Le parc – extérieur jour

Les lycéens se retrouvent pour analyser les résultats de la géolocalisation fournis par la puce posée par le lycéen téméraire. Sur le smartphone de l’un d’entre eux, ils peuvent découvrir les trajets entre les fermes agroécologiques aux alentours et les différentes épiceries durables et cantines collectives de la ville. Ils s’aperçoivent d’un détour qui ne semble pas rationnel. Ils identifient ainsi un lieu potentiel d’activités suspectes qui reste à identifier avec précision. La lycéenne dubitative trouve qu’ils vont trop loin. Elle estime qu’ils portent atteinte à la vie privée du véloporteur alors que celui-ci n’a rien fait. Les autres lui répondent que leur quête d’identification des membres de la communauté est importante. Elle interroge de nouveau la question du sens de leurs actions, sans avoir de réponse. Les autres la laissent libre de quitter le groupe mais elle choisit de rester.

Acte 3 Le salon de coiffure – intérieur jour

La discussion des clientes porte sur les rumeurs de sabotage survenu au supermarché. La patronne est questionnée sur la réalité des faits (puisque son mari est le directeur). Celle-ci donne une réponse évasive. De nouveau, les clientes se questionnent sur la possibilité effective d’un sabotage généralisé avec des points de vue plus éclairés que lors de la discussion précédente. Elles décrivent une coupure généralisée de l’alimentation électrique et des connexions réseaux, sur une durée longue, avec des difficultés de remise en route. Les avis sont très tranchés. Certaines croient fermement à l’éventualité du sabotage quand d’autres n’y croient pas du tout.

Acte 4 Le supermarché – intérieur jour

Une employée du supermarché demande au directeur de la voir en particulier. Celui-ci la reçoit à son bureau. Elle confie alors les propos tenus par l’employé rebelle qui avalisent l’action des saboteurs. Elle indique, sans aucune preuve formelle, avoir l’intuition que cet employé pourrait être le saboteur. Le directeur la remercie pour sa démarche de rendre compte avant qu’elle sorte de son bureau.

Acte 5 La salle de classe – intérieur jour

Les élèves assistent à un cours de philosophie. L’enseignant aborde l’approche conséquentialiste en éthique. En marge du cours, les élèves l’interrogent sur le caractère moral du sabotage. L’enseignant apporte une réponse nuancée qui dépend des points de vue. Les élèves commencent une cartographie des controverses sur le sujet.

Acte 6 La salle à manger familiale – intérieur nuit

Le père s’interroge, et interroge la mère et la fille, sur la possibilité d’aller porter plainte contre l’employé rebelle sur la base de la dénonciation qui lui a été rapportée. La mère, craintive, cherche à l’en dissuader de façon à ne pas attirer des ennuis à la famille. La fille s’insurge contre cette éventualité en arguant du fait que le père n’a aucune preuve tangible et qu’on ne dépose pas plainte contre quelqu’un sans preuves. Ses propos débordent sur les actions secrètes de la communauté des saboteurs qui font que personne n’aura jamais de preuve sur les sabotages à venir. Ce débordement jette un froid. Les parents enchainent sur un autre sujet de discussion sans y prêter d’attention.

Acte 7 Le parc – extérieur jour

Les lycéens envisagent la possibilité d’entrer en contact avec le véloporteur. Ils souhaitent aller lui parler pour lui indiquer qu’ils l’ont démasqué. La fille demande à quoi cela va servir. Les lycéens débattent alors de la pertinence de cette prise de contact. Les avis sont partagés. Certains évoquent le fait que cela peut mettre en danger les membres de cette communauté dont l’existence est basée sur le secret. D’autres expriment la volonté d’en découvrir davantage sur les buts et le fonctionnement de cette communauté. Une lycéenne émet l’idée de se rendre à la ferme agroécologique plutôt que d’entrer en contact avec le véloporteur, ce qui parait naturel pour des jeunes qui veulent découvrir les principes de l’agriculture durable. Les autres lycéens rejoignent cette proposition.

Acte 8 Le supermarché – intérieur jour

Le directeur a convoqué l’employé rebelle à son bureau. Il fait référence au CV de ce dernier qui indique une formation professionnelle en électricité. Il s’interroge de la pertinence, pour un électricien, de travailler dans la mise en rayon en supermarché. L’employé rétorque qu’il n’est pas allé jusqu’au bout de sa formation d’électricien et qu’il ne détient pas le diplôme. Ce faisant, il est obligé d’accepter des emplois de faible qualification. Il demande au directeur où il veut en venir. Le directeur évoque les fortes suspicions qui pèsent sur l’employé pour l’acte de sabotage du bloc froid en indiquant que tout le monde a connaissance de sa sympathie affichée pour la communauté des saboteurs. L’employé nie toute implication dans le sabotage. Il se montre arrogeant en affirmant que le directeur ne dispose d’aucune preuve. Le directeur le laisse sortir du bureau alors qu’il ne l’a pas invité à le faire.

Acte 9 La ferme agroécologique – extérieur jour

Le groupe des lycéens arrivent à la ferme agroécologique. Ils sont reçus par une femme qui semble ne pas avoir beaucoup de temps à leur consacrer. Ils commencent par l’interroger sur les possibilités d’achat direct à la ferme mais la femme indique que cela n’est pas envisagé. Ils demandent alors s’ils peuvent visiter la ferme pour découvrir son fonctionnement mais la femme répond fermement que cela n’est pas possible. Les lycéens insistent. La femme demande s’ils se sont déjà présentés auprès d’autres entreprises pour les visiter. Les lycéens répondent que cela ne se fait pas car les entreprises n’ont pas de temps à leur accorder. La femme indique que c’est la même chose pour la ferme avant de les éconduire froidement.

Acte 10 La ville – extérieur jour

Certains lycéens du groupe interpellent le véloporteur alors qu’il passe dans une ruelle isolée. Celui-ci s’arrête et prend un temps pour les écouter. Les lycéens lui indiquent qu’ils connaissent ses activités. Ils révèlent la démarche d’espionnage qu’ils ont mis en place et les éléments dont ils disposent : la vidéo d’une caméra infrarouge et la puce de géolocalisation sur son vélocargo. Ils précisent qu’ils regrettent d’avoir utilisé ces outils mais que l’envie d’identifier les membres de la communauté était trop forte. Certains lycées expriment la volonté de rejoindre la communauté. Le véloporteur les écoute sans réagir. Lorsque les lycéens lui ont dit tout ce qu’ils avaient à lui dire, le véloporteur leur propose sobrement un rendez-vous, en début de nuit après quelques jours, au lieu qu’ils ont identifié comme étant celui des activités suspectes dans le trajet du véloporteur.