Épisode 6

Une certaine réalité en face

Résumé

Il n’est plus possible d’ignorer la menace de sabotage. Dans la ville les habitants adoptent des positions tranchées face à cette éventualité, ce qui met au grand jour des oppositions et des conflits larvés.

Acte 1 Le supermarché – intérieur jour

Le directeur a convoqué une réunion de tous les employés pour exposer son plan d’actions en cas de sabotage. Il affirme qu’il est difficile de mettre en place des actions de prévention puisque les installations peuvent être facilement sabotées. Il projette alors les employés dans une situation sans électricité et sans fonctionnement d’internet. Une employée demande s’il aura de l’eau. Le directeur répond qu’il n’a pas envisagé cette éventualité mais qu’il y réfléchira plus tard. Il expose alors les détails de son plan : activation d’un générateur de secours avec réserves de carburants, acquisition de panneaux solaires et d’une éolienne domestique pour faire fonctionner les appareils à faible ampérage, mise en place d’une comptabilité sur papier, gestion des stocks sur papier, encaissements et factures sur papier. Il résume en indiquant qu’il faut réapprendre les procédures papier et qu’ils procéderont à des entraînements périodiques pendant lesquels il faudra appliquer la double procédure : numérique et papier. Il affirme que ces dispositions permettent de tenir environ trois mois. L’employé rebelle demande ce qui se passe si les approvisionnements ne se font pas ? Le directeur répond que le plan d’actions pour les approvisionnements se détermine à l’échelle de la centrale, que si les approvisionnements ne se font plus, le supermarché n’a plus de raison d’être.

Acte 2 Le parc – extérieur jour

Les lycéens s’interrogent sur l’absence du véloporteur au rendez-vous qu’il avait fixé. La lycéenne dubitative réaffirme qu’ils sont allés trop loin dans leur espionnage. Elle invite chacun à se mettre à la place du véloporteur. La fille indique qu’ils n’ont aucune preuve, qu’ils se sont montés la tête pour rien. L’autre lycéen précise qu’il est tout à fait possible que le véloporteur soit une personne lambda qui n’a rien à voir avec les saboteurs. Le lycée téméraire confirme qu’ils sont partis sur des thèses conspirationnistes et qu’il a honte de s’être laissé emporter par une spirale complotiste. Collectivement, les lycéens décident d’arrêter leurs investigations.

Acte 3 Le salon de coiffure – intérieur jour

Les clientes évoquent les possibilités qui s’offrent aux forces de l’ordre pour identifier et arrêter les saboteurs potentiels. Elles ont des avis sur la façon dont il faudrait s’y prendre et sur les condamnations qu’il faudrait infliger. Elles estiment que l’intention de tout bloquer est quelque chose de grave, du même ordre que la fausse monnaie et que cela relève du crime. Elles estiment que les saboteurs sont stupides car, contrairement à la fausse monnaie, elles ne voient pas l’intérêt qu’ils retirent à tout bloquer.

Acte 4 La salle de classe – intérieur jour

L’enseignant de philosophie fait un cours sur le principe de responsabilité au sens de Jonas. Il compare l’éthique de Kant à celle de Jonas et prend l’exemple de l’esclavage qui illustrer la différence entre une approche déontologique basée sur des principes et l’approche conséquentialiste. Il prend un exemple. Au 18ème siècle, l’approche déontologique a amené certains penseurs à condamner fermement l’esclavage tout en remettant du sucre dans leur tasse de thé, ce qui ne serait pas possible avec la vision jonasienne.

Acte 5 La salle à manger familiale – intérieur nuit

Le père est dépité. Il évoque l’impossibilité de lutter contre le sabotage : l’impossibilité de le prévenir et l’impossibilité de remettre les choses en ordre une fois qu’il sera survenu. Il décrit un écroulement, un effondrement de tout l’appareil économique, la fin de prospérité. La mère est moins défaitiste. Elle affirme l’impératif d’empêcher le sabotage par tous les moyens. Elle suggère que des comités de citoyens vigilants soient créés qui viendraient en appui des forces de l’ordre. Pour elle la surveillance est l’affaire de tous et elle doit impliquer tout le monde à tous les instants. Il ne lui paraît pas concevable que quelques saboteurs arrivent à mettre à plat tout un système économique. Elle invite la fille à témoigner tout de suite. Elle lui demande si elle n’a pas identifié des comportements suspects parmi les lycéens qu’elle côtoie. La fille est effarée par les propos de ses parents. Pour la première fois, elle exprime une forme d’indignation. Elle s’offusque devant ses parents en leur indiquant qu’ils n’ont rien compris et elle quitte le diner pour aller s’enfermer dans sa chambre. Les parents restent seuls en comprenant que leur fille puisse être chamboulée par les craintes que suscite la perspective d’un grand sabotage.

Acte 6 La salle du conseil municipal – intérieur jour

Le maire a convoqué une réunion des administrés qui sont vindicatifs sur l’inaction du maire face à la situation. Le maire rappelle que la panne d’électricité est purement fortuite et sans rapport avec un éventuel sabotage. Il a invité un technicien du réseau électrique pour confirmer ses propos. Dans la foule des administrés, certains affirment ne pas le croire et indiquent qu’on ne leur dit pas tout, comme d’habitude. Le maire donne alors la parole au chef de la police qui évoque des dispositions de surveillance particulière des lieux sensibles. Certains administrés affirment qu’ils savent que leur voisin est un saboteur potentiel. Ils demandent à qui ils doivent s’adresser pour faire des signalements. Le maire indique que rien n’est prévu pour le moment mais qu’il faut avoir confiance dans la sécurité intérieure du pays.

Acte 7 L’épicerie durable – intérieur jour

La cliente rebelle entre dans l’épicerie durable. Elle semble bien connaître l’épicier. Ils se tutoient. Elle se renseigne sur l’activité de l’épicerie. L’épicier lui indique que sa clientèle va grandissante depuis que la menace de sabotage est connue. Beaucoup de clients veulent avoir la confirmation d’un approvisionnement local et de la pérennité de cet approvisionnement en cas de sabotage. La cliente rebelle est contente d’apprendre que l’activité se développe. Elle fait elle-même des achats dans l’épicerie avant de repartir.

Acte 8 Le parc – extérieur jour

La fille est dans l’émotion. Elle rend compte de la posture de ses parents face à la menace de sabotage. Elle se sent en décalage avec eux et estiment qu’ils ne comprennent rien. D’autres lycéens témoignent de la même posture chez leurs parents et du même ressenti personnel en ce qui les concerne. La lycéenne dubitative suggère qu’ils devaient eux-mêmes créer une communauté autonome, sans se soucier des membres déjà existants. L’autre lycéen évoque des écrits sur les réseaux sociaux en faveur de cette modalité. Il cite des propos invitant chacun à créer sa propre communauté sur son territoire. Collectivement, les lycéens décident de créer une communauté sans vraiment poser d’objectif et de décider d’actions à effectuer.

Acte 9 La ferme agroécologique – extérieur jour

Des personnes de la ferme durable se rendent dans l’exploitation voisine qui est de type industriel. Ils rencontrent le propriétaire qui les a invité pour finaliser la vente d’une parcelle attente à la ferme durable qui lui permet de s’étendre. L’agriculteur industriel indique que son activité n’est plus rentable avec la hausse des coûts de l’énergie et des intrants et que personne ne veut de ses produits afin qu’il puisse les écouler en circuit court.

Acte 10 La ville – extérieur jour

Le véloporteur fait sa tournée de livraison aux épiceries durables de la ville. Il rentre ensuite chez lui et retrouve sa compagne qui est, en fait, la cliente rebelle. Ils échangent un moment de sensualité sous forme de slow sex.