Épisode 8

Le plan d’actions anti-terroristes

Résumé

Il devient nécessaire de passer à l’action pour empêcher le grand sabotage à venir. Des dispositions sont prises à tous les niveaux. Dans le même temps, différentes activités économiques durables se développent dans la ville alors que la communauté naissante des lycéens passe elle-aussi à l’action.

Acte 1 La salle de réunion du conseil de la sécurité intérieure – intérieur sans fenêtre

Le chef de la sécurité intérieur a convoqué une réunion spéciale sur la menace terroriste de sabotage généralisé. Il demande à tous les analystes et préposés de faire un compte-rendu afin d’élaborer un diagnostic préalable à la définition d’un plan d’action anti-terroristes. Les différents intervenants remontent les faits. L’activité sur les réseaux est faible et il n’y a aucune donnée collectée à ce jour sur l’éventuel sabotage. Le chef de la sécurité s’insurge sur le fait qu’avec tous les moyens mis en œuvre pour pister et traquer les données, ses services ne soient pas en mesure de produire du data sur le sujet. L’analyste répond qu’il semblerait que les saboteurs n’utilisent absolument pas les réseaux sauf pour la diffusion de la vidéo originelle et d’une sorte de manuel de développement durable mais qui ne contient aucune indication sur un éventuel sabotage. Ils précisent qu’ils sont à l’aveugle sur les réseaux sociaux avec aucune possibilité de géolocalisation. Le chef de la sécurité s’étonne qu’ils puissent être si nombreux sans utiliser les réseaux sociaux et demande comment ils font pour communiquer. L’analyste répond que cela reste une énigme. Il émet l’hypothèse que les saboteurs communiquent de visu par voie orale. Le chef de la sécurité le reprend et demande à tous de les appeler terroristes plutôt que saboteurs. Il demande alors si on dispose d’une mesure de l’étendue territoriale de la menace terroriste. Les analystes territoriaux rappellent qu’ils font de leur mieux mais que leurs crédits ont été largement amputés ce qui pose des difficultés pour compter le nombre de signes et de drapeaux présents sur le territoire national. Avec l’aide des mairies, ils parviennent quand même à un comptage approximatif journalier qui permet d’effectuer une cartographie (qui est projetée et qui couvre la presque totalité du territoire national). Le chef de la sécurité demande s’il a été possible de saisir des armes. Un analyste répond que la seule arme des terroristes semble être leur drapeau qu’il érigent régulièrement sur les façades des mairies pour attester de leur présence sur les différents territoires. Le chef de la sécurité indique que ces drapeaux terrorisent la population qui craint le grand sabotage et qu’il ne faut pas se méprendre : il s’agit bien d’une arme et les auteurs sont bien des terroristes. Il précise alors que ces drapeaux ne viennent pas de nulle part, qu’ils doivent être produit quelque part en Asie et qu’il doit être facile de remonter la source des commandes. Un analyste indique alors que les drapeaux semblent fabriqués dans le pays à partir de filatures clandestines et de teinture locale. Le chef de la sécurité demande si on se moque de lui mais l’ensemble des analystes confirment qu’il est impossible de remonter à la source de la production des drapeaux. Le chef de la sécurité affirme alors qu’il va devoir être nécessaire de revenir aux procédures de renseignement à l’ancienne avec maillage territorial et alertes de signalement. Il invite les analystes à faire des propositions d’actions concrètes lors d’une prochaine réunion.

Acte 2 La chambre familiale – intérieur nuit

Le père et la mère discutent dans leur chambre avant de s’endormir. La mère reproche au père d’avoir été trop sévère avec leur fille. Elle rappelle qu’elle n’est qu’une adolescente naïve, qui a des idées plein la tête, comme tous les jeunes de son âge, et qu’il est normal qu’elle ne prenne pas la juste mesure de la responsabilité de ses actions. Pour la mère, la fille est en crise et plus on ira contre elle et plus la crise sera forte. Elle indique qu’elle vit mal le fait qu’elle sente que sa fille soit dans une forme de rupture avec eux. En réponse, le père revendique le fait d’avoir été ferme face aux idées nocives de sa fille. Pour lui, elle est sur une mauvaise pente et elle risque d’être enrôlée dans une forme de secte. Il exprime le fait que certains écologistes sont extrémistes et que leur fonctionnement obtus, qui les conduit à voir la fin du monde partout, s’apparente à de la dérive sectaire. Eux seuls détiennent la clé qui permettra de sauver le monde et ceux qui ne pensent pas comme eux sont des ennemis qu’il faut empêcher de nuire en sabotant leur système de fonctionnement. Les idées qu’ils répandent dans la tête des jeunes se distillent comme un poison qui les conduit à rejoindre la secte. C’est contre cela qu’il veut préserver sa fille et il est dans son rôle de père quand il montre les limites de l’acceptable.

Acte 3 La banque durable – intérieur jour

Le magasin attenant au salon de coiffure a été vendu et le nouveau propriétaire commence à s’installer avant une ouverture prochaine. Curieuse, la patronne du salon vient au contact de son nouveau voisin professionnel. Elle se présente et demande si elle peut entrer puis pose alors des questions sur le nouveau commerce. Le nouveau propriétaire indique qu’il ouvrira bientôt une banque durable. La patronne ne connaissant pas le principe, le banquier lui explique le fonctionnement de la finance durable. Il précise que sa banque utilisera aussi la monnaie locale. La patronne semble intéressée par ce qu’elle vient de découvrir. Elle remercie le banquier avant de retourner à son salon.

Acte 4 La ville – extérieur nuit

Les lycéens sortent la nuit avec des pochoirs et des bombes de peinture pour mettre des signes à différents endroits de la ville.

Acte 5 le supermarché – intérieur jour

Le directeur a convoqué les employés pour un briefing spécial sur la menace à venir. Il demande à chacun de se serrer les coudes et de faire unité face à une menace grandissante contre la prospérité économique du pays et du monde. C’est tout un modèle et un mode de fonctionnement qui garantit la prospérité pour tous qui est menacé. Il indique que la menace est intérieure. Elle provient de proches qui n’ont plus l’esprit rationnel et qui sont dans une logique de destruction. Il rappelle à chacun le devoir de loyauté. Pour les employés, être loyal envers lui, c’est être loyal envers le supermarché, qui les fait vivre tous, mais c’est aussi être loyal envers un système bien plus large, celui qui assure à tous la prospérité. Il affirme qu’il fait confiance en chacun des employés et qu’il sait qu’il ne regrettera pas d’avoir accordé sa confiance à tous. A la fin de son intervention, avant de quitter la salle, l’employée délatrice regarde d’un mauvais œil l’employé rebelle mais sans le dénoncer de nouveau auprès du directeur.

Acte 6 La ferme agroécologique – extérieur jour

De nouvelles personnes arrivent pour travailler à la ferme écologique à la suite de son extension. Ces personnes sont réparties avant d’être prises en charge pour différentes activités.

Acte 7 Le salon de coiffure – intérieur jour

La patronne relate son premier échange avec le banquier durable. Elle expose de façon neutre et résumée le fonctionnement de la banque qui va bientôt ouvrir à côté de son salon. Certaines clientes sont dubitatives, d’autres sont moqueuses. Elles ne semblent pas intéressées par le sujet et glissent vers un autre sujet de conversation.

Acte 8 L’épicerie durable – intérieur jour

Un inconnu entre dans l’épicerie durable. Il cherche à se renseigner auprès de l’épicier sur la façon d’ouvrir ce type de magasin. Il indique qu’il est en reconversion et qu’il envisage ce type d’activité. L’épicier durable lui donne des conseils. Il indique qu’il est facile de trouver des locaux pas chers dans les quartiers car les commerces en ville sont en faillite. Il explique brièvement comment constituer l’assortiment et comment être totalement autonome dans son approvisionnement qui doit être exclusivement local. Il évoque la participation au microbiote économique local en faisant un parallèle avec les écosystèmes biologiques. 

Acte 9 La campagne – extérieur jour

La cliente rebelle et le véloporteur se baignent nus dans une rivière. Ils sortent de l’eau et vont s’allonger nus au soleil. La cliente demande au véloporteur s’il peut lui passer de la crème de protection solaire. Le véloporteur s’exécute et poursuit par un massage de sa partenaire. Lorsque le massage est terminée, la cliente rebelle remercie le véloporteur en l’appelant son terroriste. Elle demande alors si elle peut elle aussi s’occuper de son terroriste.

Acte 10 Le bureau du maire – intérieur jour

Le maire fait un point avec le chef de la police municipale qui lui remonte les signalements spontanés qui lui sont parvenus. Il dispose de deux dossiers : celui des signalements anonymes et celui des déclarations identifiées. D’après lui, les remontées se recoupent et il affirme qu’il est mesure de dresser une première liste d’individus hautement suspects. Il cite plusieurs personnes : un employé du supermarché, un épicier durable, le tenancier du magasin de location-réparation, plusieurs personnes qui travaillent dans les fermes agroécologiques des alentours ainsi qu’une femme aux cheveux longs qui déambule souvent en ville, qu’il n’a pas pleinement identifié mais dont il dispose du portrait-robot. Il demande alors s’il peut remonter les signalements sur le logiciel de la sécurité intérieure. Le maire rappelle au chef de la police que c’est lui qui dispose de la prérogative de police dans la ville et que le chef n’agit que par délégation. Le maire informe qu’il entend remonter lui-même les signalements et demande au chef de la police de lui remettre ses dossiers. Le chef de la police prend alors congé et le maire reste seul dans son bureau. Il feuillette les deux dossiers avant d’ouvrir le logiciel de signalement sur lequel il inscrit la mention « néant » avant de valider. Il range alors le dossier dans un de ses tiroirs de bureau.