Motif 1 – Certains voudraient remonter au commencement… Il n’est pas utile de poser la question du commencement pour comprendre les mécanismes du développement harmonieux. Chacun est libre d’imaginer les formes que le commencement a pu prendre et personne ne doit chercher à imposer aux autres la pensée qu’il a du monde lorsque celui-ci était réduit au néant.
Motif 2 – A l’origine, il n’y avait rien, ou presque rien, juste des particules élémentaires qui auraient pu rester inertes, inanimées, posées les unes à côté des autres sans jamais se côtoyer, figées dans un univers qui serait demeuré statique à jamais. Mais le propre de l’univers est d’être en expansion. C’est là son sens et sa direction. L’univers semble ainsi fait de ne jamais pouvoir arrêter sa multiplication. Pour les observatrices humaines que nous sommes, nous ne pouvons que constater le mécanisme qui œuvre à cette dynamique sans limites. Ce mécanisme est celui de l’associativité.
Motif 3 – L’associativité est le mécanisme par lequel plusieurs entités s’associent, pour parvenir à de nouvelles entités, plus complexes que les précédentes et disposant de nouvelles propriétés. Pour chacune des entités initiales, l’association peut être perçue comme un mécanisme nécessaire et fondamental pour permettre la survie par l’adaptation à la complexité croissante. L’associativité est un principe créateur au sens où les propriétés nouvelles, dont disposent les entités associées, n’émergent que par le mécanisme d’associativité.
Motif 4 – Après le commencement, l’association de particules élémentaires a généré la création de la matière, puis des atomes, des étoiles et des molécules. Le mécanisme de l’associativité paraît être un processus sans fin. L’association d’entités existantes fait naître des nouvelles catégories d’entités, dotées d’une cohérence qui leur est propre et de capacités qui sont innovantes au sens où ces elles permettent des interactions qui n’existaient pas jusqu’alors. Ainsi, la masse, qui apparaît avec la matière, permet des interactions nouvelles dans un contexte de gravitation. Aussi, la fusion des premiers atomes donne naissance à de nouveaux atomes qui sont de plus en plus lourds. La diversité s’accroît à mesure que de nouvelles catégories d’atomes apparaissent.
Motif 5 – Dans un univers minéral, qui peut apparaître comme un monde fini au sens où les entités constitutives semblent en mesure d’être répertoriées, l’apparition des molécules, qui sont des assemblages d’atomes, offre la possibilité de la vie. A certains égards, les molécules peuvent être considérées comme des briques du vivant. La très grande diversité des molécules, permise par la très grande diversité des possibilités d’assemblage d’atomes, confère d’infinies possibilités de développement d’organismes vivants. Ainsi, le rythme et les possibilités de développement du monde vivant sont décuplées par rapport à celle du monde minéral.
Motif 6 – La combinaison d’atomes d’hydrogène et d’oxygène forme des molécules d’eau. L’eau est le solvant privilégié d’un très grand nombre de molécules constituant la matière vivante. Par son rôle central dans le mécanisme de la vie, il convient de respecter l’eau et le cycle de l’eau sous toutes ses formes et à tous les endroits de la Terre.
Motif 7 – Par essence, l’atome de carbone cherche à se combiner à d’autres atomes, ceux d’oxygène, d’hydrogène et d’azote, ce qui génère la vie. Les atomes de carbone peuvent être détruits lors de leur association ou générés par différents procédés naturels. Le cycle de la destruction et de la régénération du carbone est un processus fondamental pour le développement harmonieux de la vie. Il convient de ne pas l’altérer ce cycle et de veiller à son maintien ou sa régénérescence sous toutes ses formes et à tous les endroits de la Terre.
Motif 8 – Plus les entités existantes s’associent pour en générer des nouvelles, plus les entités qui se développent deviennent complexes, constituées d’éléments de plus en plus nombreux qui assurent, chacun, des fonctions spécifiques. Les cellules bactériennes puis les cellules à noyaux ont été générées par la recombinaison incessantes des molécules. Les cellules à noyaux sont dotées d’une membrane, ce qui suppose qu’elles disposent des fonctions d’alimentation et de reproduction. L’alimentation peut être considérée comme l’absorption de molécules du milieu extérieur. Un organisme qui a besoin de s’alimenter pour vivre doit disposer de nourriture. La reproduction peut être considéré comme la capacité endogène d’un organisme à générer un organisme similaire. L’alimentation et la reproduction constituent le socle initial des échanges entre les organismes.
Motif 9 – La diversification est intrinsèque au mécanisme d’associativité. Par essence, lorsque l’association permet aux organismes existants de garantir leur survie et leur adaptation, celle-ci donne naissance à de nouveaux organismes, plus nombreux et plus variés. Certaines associations ne sont pas durables au sens où les interactions générées par les nouveaux organismes ne permettent pas de garantir leur survie. Ainsi, toutes les combinaisons d’organismes vivants ne permettent pas l’adaptation à la complexité croissante. A l’inverse, certaines combinaisons nouvelles d’organismes sont particulièrement pertinentes. Elles génèrent des interactions qui permettent aux nouveaux organismes de s’enrichir des apports extérieurs et tout en apportant une contribution à l’enrichissement des autres organismes avec lesquels ils sont en lien. Ces combinaisons pertinentes, qui apparaissent sous des formes similaires à différents endroits de la planète peuvent être qualifiées d’espèces vivantes. Ainsi, le processus de diversification, qui est intrinsèque au mécanisme d’associativité, génère la diversité des espèces vivantes. Par son rôle fondamental dans le processus du développement de la vie, il convient de respecter la diversité des espèces vivantes, de veiller à son maintien ou à sa régénérescence, sous toutes ses formes et à tous les endroits de la Terre.
Motif 10 – Le principe de l’associativité conduit à faire évoluer les cellules au gré des associations. Les modifications attestent d’une mutation irréversible. Certaines mutations permettent l’adaptation et la survie alors que d’autres ne le permettent pas. Les gènes traduisent les mutations. Dans le monde bactérien, certaines cellules peuvent bénéficier des gènes des autres par regroupement, ce qui n’est pas le cas des cellules à noyau. Celles-ci, qui semblent être apparues dans les océans, disposent d’une membrane, ce qui ne permet pas les échanges de patrimoine génétique entre-elles, autrement que par la sexualité des êtres vivants qu’elles composent. La somme des mutations d’une cellule à noyau est entièrement transcrite dans ses gènes. La reproduction sexuée entre les êtres vivants, qui à certains égards peut être considérée comme un mécanisme de brassage des gènes, permet l’évolution du patrimoine génétique garantissant la survie et l’adaptation. A l’inverse le clonage des êtres vivants entrave la dynamique d’enrichissement du patrimoine génétique permise par la sexualité. Par son entrave à la capacité d’adaptation et par les risques qu’il fait peser sur la survie des espèces, le clonage est une pratique qui est proscrite. L’interdiction du clonage des espèces vivantes est un impératif catégorique. Les procédés de reproduction asexuée des espèces végétales qui ne sont pas assimilables au clonage sont cependant autorisées.
Motif 11 – L’association de très nombreuses cellules donne naissance aux organismes pluricellulaires. L’organisation complexe qui préside à la constitution de ces organismes repose sur une forme d’agencement ordonné au sein duquel chaque élément constitutif est doté d’une fonctionnalité. La spécialisation des rôles est un phénomène intrinsèque au mécanisme d’associativité. Chaque élément constitutif apporte sa contribution spécifique au fonctionnement d’ensemble de la structure organique. Cette spécialisation, qui n’a de sens qu’au sein de l’association, se fait au détriment de la liberté d’action originelle qui était celle des éléments avant qu’ils ne deviennent constitutifs.
Motif 12 – Les êtres vivants disposent de la capacité de naître et de mourir. La naissance, qui peut être considérée comme la mise en mouvement d’un agencement ordonné de constituants pluricellulaires, atteste l’existence des êtres vivants. La mort, qui met fin au mouvement amorcé à la naissance, enclenche le processus de décomposition de l’agencement ordonné. Tous les êtres vivants suivent le cycle invariant de la naissance, du développement, de la maturité et du déclin. Ce cycle se termine avec la mort. Il prend des formes diverses selon les êtres vivants. La décomposition des agencements qui survient avec la mort redonne la liberté d’action aux éléments constituants, ce qui ouvre la voie à de nouvelles possibilités d’association qui favoriseront la naissance d’autres êtres vivants. Le processus itératif d’agencement et de décomposition est inhérent au cycle de la vie des êtres vivants.
Motif 13 – La chlorophylle est la molécule verte. Elle est capable de capter les rayons solaires afin d’associer le gaz carbonique de l’air avec des molécules d’eau pour fabriquer des sucres. Ce procédé de photosynthèse, inhérent aux espèces végétales, est essentiel pour le développement de la vie sur Terre. Outre le fait de générer de la nourriture aux organismes qui se nourrissent de sucres, la photosynthèse produit un déchet abondant, l’oxygène qui se diffuse dans l’atmosphère, permettant ainsi le procédé inverse de la respiration qui vient l’équilibrer. En respirant, les espèces animales puissent de l’oxygène et dégagent comme déchet du gaz carbonique, qui vient alors alimenter les possibilités photosynthèse. Le déchet de la photosynthèse des espèces végétales est recyclé par la respiration des espèces animales. Le déchet de la respiration des espèces animales est recyclé par la photosynthèse des espèces végétales. Il convient de reconnaître le rôle essentiel de la molécule verte dans le développement de la vie sur Terre et de maintenir ou de régénérer les espèces végétales sous toutes leurs formes et à tous les endroits de la Terre.
Motif 14 – La complexité est inhérente au développement. Lorsque de nouveaux organismes émergent par association et qu’ils viennent s’ajouter aux organismes existants, les possibilités d’interactions entre tous les organismes s’en trouvent décuplées. Comprendre la complexité consiste à appréhender la variété des interactions dans un contexte donné. Tous les organismes vivants disposent de mécanismes d’appréhension de la complexité qui permettent leur survie et leur adaptation. L’appréhension de la complexité est attestée par les stratégies d’adaptation que déploient les organismes vivants, qui les conduisent à modifier leurs interactions avec l’environnement dans lequel ils évoluent.
Motif 15 – Tous les êtres vivants, qu’ils soient d’espèces végétales ou animales, sont constitués d’eau, de matières organiques et, dans une moindre mesure, de matières minérales. La matière organique, qui est formée de molécules complexes, est la source d’énergie qui permet le maintien en vie des espèces vivantes. Grâce à la photosynthèse qui leur permet d’utiliser l’énergie solaire, les espèces végétales sont capables de générer par elles-mêmes de la matière organique à partir de l’eau, en puisant dans le sol et dans l’atmosphère. Ainsi, seules les espèces végétales sont productrices de biomasse. La biomasse étant la source d’énergie nécessaire à la vie de tous les êtres vivants, il convient de veiller à son maintien et à sa régénérescence sous toutes ses formes et à tous les endroits de la Terre.
Motif 16 – Les espèces animales n’ont pas la capacité de produire de la matière organique. Ils se nourrissent de matières organiques végétales ou d’autres animaux qui se sont précédemment nourris de matière organique végétale et qui l’ont assimilé. Ainsi, il convient de reconnaître que les espèces animales sont exploiteuses, au sens elles utilisent les opportunités d’autres espèces, les végétales, pour se nourrir. Parmi les espèces animales, certaines sont en posture de prédation : elles se procurent leur nourriture en ponctionnant sur les espèces végétales ou animales qu’elles exploitent. Quelques rares espèces animales, comme les fourmis ou les termites, sont en posture de valorisation : elles assurent le développement et la régénération des espèces qu’elles exploitent. L’espèce humaine, par sa capacité de conscientisation collective, peut pleinement choisir d’être en posture de prédation ou de valorisation.
Motif 17 – La symbiose est une des formes particulières d’associations opérées entre les êtres vivants, attestant de leur capacité à s’aider mutuellement. La symbiose, qui peut être considérée comme la création de relations de réciprocité, durables et équilibrées, entre des êtres vivants, permet l’adaptation mutuelle et la survie sans générer de nouvelles entités. Lorsque des êtres vivants sont en symbiose, ils s’enrichissent des relations de dépendance mutuelle qu’ils instaurent entre eux et desquelles émerge une cohérence globale qui donne corps à l’association face à son environnement. Dans son appréhension de la complexité, l’espèce humaine doit reconnaître et favoriser la symbiose, sous toutes ses formes et à tous les endroits de la Terre.
Motif 18 – Un être vivant, qu’il soit d’espèce animale ou végétale, se nourrit des interactions qu’il entretient avec son environnement. C’est dans son environnement qu’un être vivant trouve la matière organique nécessaire à sa nutrition. Les espèces végétales, par leur ancrage à la Terre, sont en posture d’adaptation à leur environnement. Cette posture les conduit à développer des synergies avec d’autres espèces, végétales ou animales. Les perturbations fortes et brutales de l’environnement altèrent les capacités d’adaptation des espèces végétales et compromettent leur capacité de survie. Les espèces végétales étant la source de vie et d’énergie des espèces animales, il convient de veiller au maintien des grands équilibres environnementaux sous toutes leurs formes et à tous les endroits de la Terre.
Motif 19 – Les espèces animales, par leur mobilité, sont davantage dans une posture d’action que d’adaptation, ce qui les conduit à être en recherche de nourriture quand le besoin se fait sentir, dans une forme d’insouciance animale. La plupart des espèces animales sont des espèces prédatrices qui ont pour éventail de proies d’autres espèces animales ou des espèces végétales. Les comportements croisés de prédation conduisent à une forme d’équilibre dynamique entre les espèces. L’équilibre des espèces et des interactions qu’elles nourrissent n’est pas statique mais il tend à la stabilité, ce qui assure sa régulation. Quelques rares espèces animales ne sont pas prédatrices et cherchent à valoriser leur environnement à leur profit afin de garantir des flux de nourriture pérenne. Ces espèces ne sont pas animées par l’insouciance animale.
Motif 20 – Toutes les espèces animales et végétales trouvent dans le milieu où elles vivent les ressources nécessaires à leur existence : espace vital, nourriture, habitat, protection, ainsi que la possibilité de rejeter les déchets liés au mécanisme de leur fonctionnement vital. Ces déchets sont dégradés ou absorbés par d’autres espèces. L’ensemble des interactions entre les espèces vivantes d’un même milieu constitue un écosystème. Les ressources d’un écosystème sont, par essence, limitées. Les ressources en eau dépendent des conditions hydriques de l’écosystème. Les ressources en nourriture dépendent des capacités de production de biomasse au sein de l’écosystème. Il en est de même pour les autres ressources qui dépendent des conditions spécifiques à l’écosystème. Dans un écosystème, l’augmentation de la population des individus qui composent une espèce se heurte au facteur limitant. Pour une espèce donnée, qu’elle soit animale ou végétale, le facteur limitant d’un écosystème est la densité maximum de population que l’écosystème peut accueillir sur son territoire en fonction des ressources qu’il procure à l’espèce. Le facteur limitant peut évoluer en fonction des conditions climatiques et géologiques qui exercent leurs influences sur la génération de ressources par l’écosystème.
Motif 21 – Chaque espèce, animale ou végétale, dispose d’une capacité d’adaptation à des milieux spécifiques. Certaines espèces ne survivent que dans des milieux très spécifiques, leur valence écologique est faible. D’autres espèces ont des capacités d’adaptation plus étendues, leur valence écologique est élevée et ces espèces sont en mesure d’aller s’implanter sur une aire large géographique.
Motif 22 – La migration d’une espèce désigne le fait qu’elle change de territoire d’implantation du fait de l’épuisement des ressources du territoire d’origine ou de la dégradation des conditions de vie sur ce territoire. La migration des espèces végétales est lente. Celle des espèces animales peut s’apparenter à de la colonisation lorsque les espèces nouvellement arrivées accaparent les ressources du territoire au détriment des espèces déjà existantes.
Motif 23 – La valence écologique de l’espèce humaine est très élevée. Les êtres humains sont en capacité de s’adapter à de larges conditions de vie sur la planète. Lorsque les êtres humains choisissent d’être en posture de prédation des ressources sur les territoires où ils s’implantent, les ponctions des ressources et la dégradation des écosystèmes se fait au détriment des autres espèces dont la survie est menacée. La posture de prédation, qui conduit à l’épuisement des ressources et à la perte de biodiversité est une posture mortifère pour l’ensemble des espèces vivantes, dont l’espèce humaine. Ainsi, il convient que ne pas pratiquer la colonisation des territoires sous toutes ses formes et à tous les endroits de la Terre.
Motif 24 – La population de l’espèce humaine mondiale a longtemps été régulée par différents facteurs qui la maintenaient en dessous du milliard d’habitants. Depuis deux siècles, on assiste à une inversion de tendance qui conduit à une croissance démographique exponentielle. La transition démographique désigne la baisse de la mortalité dont les effets sur la population ont tendance à être équilibrés par une baisse de la natalité. Cette transition est effective dans certains pays, sans être achevée dans d’autres, ce qui participe au processus d’accroissement de la population humaine sur Terre, même si le rythme d’accroissement a tendance à baisser. La densité de population humaine conduit cette espèce à exercer une forte pression écologique sur ses territoires d’implantation. Il convient d’adopter le principe de durabilité des territoires à tous les endroits de la Terre et de proscrire les migrations humaines liées à l’épuisement irresponsable des ressources du territoire originel d’implantation.
Motif 25 – Le processus du développement de la vie est fait d’échanges entre les organismes vivants au sein des écosystèmes. Les écosystèmes sont les matrices de la vie sur Terre. Il convient d’accorder la plus haute estime et la plus grande attention au maintien et à la régénérescence des écosystèmes. La destruction des écosystèmes est un processus contre nature qui est propre à l’espèce humaine. Cette destruction est proscrite sous toutes ses formes et à tous les endroits de la Terre. Ainsi, pour les habitants de la Terre, il convient d’adopter une posture de valorisation des écosystèmes sur tous les territoires de la planète et de coordonner l’activité humaine mondiale pour veiller au maintien et à la régénérescence de l’écosystème planétaire.
Motif 26 – Les déchets inhérents au fonctionnement vital d’une espèce sont normalement dégradés par le milieu dans lequel ils sont rejetés ou absorbés par d’autres espèces. Il convient de veiller au parfait recyclage des déchets générés par l’espèce humaine sous toutes ses formes et à tous les endroits de la Terre et de ne pas produire des biens ou des services dont les déchets ne pourraient pas être recyclés naturellement par les écosystèmes.
Motif 27 – Dans leur acception large, les pollutions désignent toutes les altérations faites aux écosystèmes par les activités humaines. Les pollutions se distinguent des destructions au sens où elles constituent des effets induits aux activités humaines qui ne sont pas pleinement recherchés par ceux qui exercent ces activités. Les êtres humains étant une partie intégrante des écosystèmes, la pollution produit ses effets sur l’espèce humaine, tout autant que sur les autres espèces composants les écosystèmes. Le principe de responsabilité conduit à proscrire toute activité humaine génératrice de pollutions, quelles que soient leurs formes et à tous les endroits de la Terre.
Motif 28 – L’artificialisation est le produit du travail d’adaptation d’une espèce animale qui cherche à transformer son milieu afin d’obtenir une plus grande capacité de survie et de résistance aux aléas. L’artificialisation du milieu n’est pas le propre de l’espèce humaine. Lorsqu’elle est pratiquée par les autres espèces animales, l’artificialisation se fait dans le respect des écosystèmes. A l’inverse, l’artificialisation humaine se pratique généralement au détriment des écosystèmes qui sont souvent détruits ou dénaturés. Selon le principe de responsabilité et dans le souci de la préservation de l’écosystème planétaire, il convient de na plus procéder à aucune artificialisation des sols sous toutes ses formes et à tous les endroits de la Terre. L’implantation nécessaire à l’expansion humaine résiduelle, liée à la phase d’achèvement de la transition démographique, doit se faire de façon intensive sur les sols déjà artificialisés. Sur certains territoires, il convient de restituer des espaces artificialisés pour permettre le développement et la régénérescence des écosystèmes.
Motif 29 – Les espèces vivantes, animales ou végétales, ont une vie sociale. La sociabilité des espèces végétales est majoritairement exogame, les associations se font majoritairement entre espèces. La sociabilité des espèces animales est majoritairement endogame, les échanges se font majoritairement au sein de chaque espèce. Les êtres humains disposent d’une forte capacité d’organisation qui ne se retrouve que rarement chez les autres espèces animales. Les organisations humaines sont multiples, diverses et variées. Elles reposent sur le principe d’associativité. En cela, une organisation humaine peut être considérée comme une entité à part entière, distincte des individus qui la composent, et disposant de propriétés spécifiques qui n’existent pas en dehors du regroupement volontaire des personnes qui la constituent. Même si elles survivent aux individus qui la composent, les organisations humaines sont éphémères au sens ou leur durée de vie ne dépasse pas quelques générations. Elles ont des propriétés similaires à celles d’un organisme vivant qui cherche à s’adapter à l’évolution de son milieu. L’approche fonctionnelle des différents composants d’une organisation humaine est tout aussi pertinente que celle qui s’applique aux organismes vivants. Les organisations humaines sont en interactions les unes avec les autres, elles se nourrissent de leurs échanges réciproques. En cela, les organisations humaines forment un écosystème social, de la même façon que les organismes vivants constituent un écosystème naturel. Selon leur perception de l’univers, les êtres humains ont le choix de dissocier, ou non, leur écosystème social des réalités écosystémiques des territoires sur lesquels ils sont implantés. Cependant, le choix de la dissociation est mortifère au sens où le développement de l’écosystème social conduit à la destruction de l’écosystème naturel sur lequel il repose. Ainsi, il convient d’insérer les pratiques organisationnelles humaines sous toutes leurs formes et à tous les endroits de la Terre dans le respect des écosystèmes plus vastes auxquelles elles appartiennent.
Motif 30 – Le développement de la vie sur Terre est un processus continu qui repose sur l’associativité entre les entités. Ce processus génère de la diversité, condition nécessaire à la survie des espèces face à la complexité croissante. Par associativité, les entités existantes créent de nouvelles entités qui viennent participer interactions au sein des écosystèmes existants. Le processus est créatif au sens où de nouvelles propriétés émergent avec l’apparition de nouvelles entités. Ces nouvelles propriétés viennent enrichir les échanges au sein des écosystèmes tout en accroissant leur complexité. Tous les êtres vivants sont en interdépendance au sein des écosystèmes. Par leurs interactions, ils s’enrichissent mutuellement dans une forme de coopération généralisée. Ainsi, l’équilibre du développement de la vie sur Terre est un équilibre fragile sans cesse renouvelé. Les écosystèmes tendent vers la stabilité et les interactions se recomposent naturellement à l’arrivée de nouvelles entités. Cependant, certains êtres humains se sont détachés de leur écosystème nourricier. Leur perception du monde les amène à adopter une posture de prédation généralisée qui conduit à une destruction inégalée des écosystèmes et à un épuisement prochain des ressources nécessaires à la vie sur Terre. Cette posture mortifère, qui n’est pas celle de tous les humains, doit être combattue sous toutes ses formes et à tous les endroits de la Terre. Dans ce combat, qui est celui du maintien de la vie sur Terre, la priorité doit être donnée au changement de perception de ceux qui adoptent les postures mortifères. Il s’agit d’être dans le dialogue et dans l’échange et de faire appel à la raison et à la responsabilité. Le changement de perception des humains prédateurs doit permettre de leur faire prendre conscience du fait que tous les êtres humains doivent faire communauté pour œuvrer à la régénérescence des écosystèmes, sous toutes leurs formes et à tous les endroits.
