Saison 1

Le compte-à-rebours

Saison 1 : Le compte-à-rebours

Une mystérieuse communauté écologique secrète annonce son intention de commettre un sabotage généralisé des infrastructures économiques mondiales à une échéance qui est volontairement annoncée. Elle invite tout le monde à s’y préparer. A de nombreux endroits, des signes apparaissent, qui rendent la menace crédible. Comment les gens vont-ils réagir alors que le compte à rebours est enclenché et que l’échéance fatidique approche ?

Synopsis

Les habitants d’une petite ville de province découvrent de mystérieux signes qui apparaissent la nuit sur les murs à différents endroits. Malgré les efforts déployés par les services municipaux pour les effacer, les mystérieux graffitis réapparaissent. Très vite, il apparait que ces signes sont la marque d’une communauté secrète qui annonce, au travers d’une vidéo postée sur les réseaux sociaux, qu’elle a l’intention de commettre le grand sabotage des infrastructures économiques mondiales à une échéance qui est clairement annoncée : le 21 juin de l’année suivante. Elle invite ainsi les citoyens du monde entier à se préparer.

Dans un premier temps, la menace n’est pas prise au sérieux mais l’apparition simultanée des marques de cette communauté est constatée sur les murs des villes du monde entier, ce qui laisse à penser que la communauté est relativement nombreuse et bien organisée.

Dans la petite ville le compte-à-rebours n’est pas vraiment lancé pour les habitants mais un sabotage dans le supermarché local montre à certains que la menace est crédible. Le grand sabotage devient alors le sujet de discussion principal des habitants avec une forme d’emballement liée aux commérages qui circulent.

Le directeur du supermarché envisage de mettre en place des dispositions pour anticiper ce grand sabotage. Sa femme, qui tient un salon de coiffure en centre-ville, rapporte les ragots de la ville, colportés par ses clientes. Les échanges se font lorsque la famille se retrouve en fin de journée, pour diner. Leur fille lycéenne reste muette sur le sujet mais elle et son groupe de lycéens ont décidé d’investiguer pour découvrir qui se cache derrière ceux qui viennent poser les marques, la nuit. Le frère ainé de la famille, qui habite la capitale, vient parfois le week-end avec sa femme. Ils échangent naturellement sur le sujet. Pour eux, il s’agit d’un non évènement, jusqu’au jour où la femme, qui travaille à la sécurité intérieure, informe ses proches que la menace commence à être prise au sérieux par les pouvoirs publics.

Cette annonce à la famille, intervient alors que la ville subit une panne d’électricité généralisée qui rend tout le monde suspicieux. Le compte-à-rebours s’enclenche alors implicitement pour les habitants de la ville alors qu’un autre fait étrange se déroule : la disparition de la quasi-totalité des publicités dans la ville.

Les personnes qui travaillent dans la ferme agroécologique ainsi que les commerçants durables de la ville sont largement suspectés d’être les fauteurs de troubles. Une nouvelle habitante, vindicative, ainsi que le véloporteur semble être particulièrement actifs. Les habitants commencent à se dire que le grand sabotage pourrait bien devenir une réalité. La menace commence aussi à être prise au sérieux par la multinationale dans laquelle le frère travaille : le grand sabotage pourrait paralyser toute l’activité économique mondiale. C’est aussi ce que ressentent les habitants et chacun commence, à sa manière, à se préparer au grand sabotage.

Arrive un moment où les pouvoirs publics décident de prendre les choses en main en élaborant un plan d’action anti-terroristes. La démarche première est d’empêcher le sabotage en identifiant ceux qui sont susceptibles de le commettre pour être en mesure de les arrêter lorsque le moment sera venu. Il se met alors en place une surveillance généralisée à laquelle les habitants de la ville participent à différents degrés.

A l’issue de leurs investigations, les lycéens ont identifié le véloporteur comme étant un membre actif de la communauté secrète des saboteurs. Ils entrent en contact avec lui pour en savoir davantage sur la communauté mais celui-ci ne donne pas de suite à leur sollicitation. Les lycéens décident alors de créer leur propre cellule secrète de sabotage et à perpétuer différentes actions dans la ville.

Le plan d’actions anti-terroristes ne porte pas vraiment ses fruits. Des manuels de sabotage et des outils sont trouvés, ainsi que des documents qui montrent que les saboteurs se sont infiltrés parmi les habitants et qu’ils sont prêts à commettre leur forfait quand l’échéance arrivera. Le sabotage semble prendre un caractère inéluctable et l’urgence devient de se préparer à l’après sabotage. Les habitants commencent à cultiver des potagers personnels ou des jardins partagés. L’agroécologie et les productions locales se développent. Elles sont encouragées par l’arrivée d’une banque durable dans la ville qui aide à financer les projets économiques locaux. La ville commence à développer ses capacités de résilience.

Certains habitants imaginent cependant que le monde va devenir violent après le sabotage et sont tentés par le survivalisme. Des tensions apparaissent alors que l’échéance s’approche. L’approvisionnement en produits est rendu compliqué par la forte hausse de la demande mondiale liée à la volonté de constituer des réserves pour se prémunir.  Le supermarché de la ville fait l’objet d’un vol avec violence qui le vide en partie de ses stocks de denrées alimentaires.

Afin d’éviter que la situation dégénère, alors que l’échéance est proche, les pouvoirs publics des différents pays décrètent l’état d’urgence de façon concertée à l’échelle mondiale. La situation se fige. Chacun attend de voir si le grand sabotage aura lieu, ou non. Les activistes se réunissent et semblent satisfaits de l’inflexion économique qui s’est opérée à la suite de leur menace : relocalisation des activités, augmentation de l’autosuffisance alimentaire, généralisation des mobilités douces, etc. Parmi eux, les plus extrémistes décident cependant de mettre à exécution le grand sabotage alors que certains pensaient qu’il s’agissait simplement d’une grande farce. Une scission s’opère et ceux qui ne souhaitent pas faire courir le risque de pénurie alimentaire aux habitants quittent le groupe.

Le frère et sa femme n’ont pas pu quitter la capitale pour rejoindre leur famille en province ce qui inquiète fortement le frère dont la multinationale pour laquelle il travaille vient de faire faillite. Sa femme le rassure car travaillant pour la sécurité intérieure, elle est assurée qu’ils vont pouvoir faire partie des quelques personnes autorisées à rejoindre les zones protégées mises en place par le gouvernement.

La veille du jour fatidique, les pouvoirs publics décident d’un confinement strict et procèdent à des arrestations en masse des personnes suspectes. Le lendemain à midi, heure annoncée du grand sabotage, la population mondiale est rivée à sa télévision pour suivre en direct les évènements, mais il ne se passe rien. Malgré l’interdiction, les personnes commencent à sortir dans les rues dans le milieu de l’après-midi et on assiste à des scènes de liesse face au pire qui a été évité. Le président prévoit une allocution télévisée pour 20 heures mais un quart d’heure avant cette intervention, la distribution d’eau, l’alimentation électrique et les connexions internet se coupent dans tous les foyers. Les gens se regardent ébahis.

Note d’intention

Pour la saison 1, l’arc narratif principal est celui de l’acceptation puis de l’adaptation progressive des différents personnages à une catastrophe annoncée, ce qui donne une structure temporelle sous forme de compte-à-rebours. Le suspense est entretenu par les différents évènements qui vont donner des moments de tensions plus ou moins intenses avec un relâchement à l’épisode 7 puis une accentuation progressive jusqu’au dernier épisode. Les personnages passent par plusieurs phases qui traduisent des émotions et des sensibilités différentes dans leur façon de s’adapter au changement.

Les temps d’échanges collectifs permettent de modifier les perceptions et les représentations de chacun, ce qui va influer les décisions qu’ils vont être amenés à prendre. La peur est présente, notamment chez le personnage de la mère, mais elle ne constitue pas l’émotion première de la série qui est davantage centrée sur les dilemmes moraux que l’enchaînement des évènements va mettre en avant. Tout au long de la série, des questionnements et des controverses vont apparaître et les points de vue exprimés seront différents selon la sensibilité des personnages. Ainsi, face au même contexte, les personnages pourront avoir des postures radicalement différentes.

La série est centrée sur une famille. Chaque membre de cette famille a son propre univers et les discussions familiales sont l’occasion de confronter ces univers : celui de la jeunesse désabusée pour la fille, celui de la responsabilité d’une activité économique pour le père, celui des rumeurs de la ville pour la mère, celui de l’entreprise multinationale pour le frère et celui du renseignement pour la femme (qui donne accès à la famille aux décisions de la sécurité intérieure). Les membres de la communauté secrète sont présents de façon insidieuse. Ils n’expriment jamais de point de vue (sauf à l’épisode 14 quand apparaît un dilemme moral) mais donnent à voir une autre façon d’organiser l’activité économique selon des critères de proximité et de respect des écosystèmes. Les pouvoirs publics apparaissent au milieu de la saison avec les personnes du maire et du chef de la police. Ils sont le relai des décisions d’intérêt général qui peuvent susciter des controverses dans leur modalités d’application.    

De façon sous-jacente, la série présente deux visions du monde qui ne semblent pas compatibles : celle du monde actuel qui permet la prospérité économique par un réseau d’échanges mondialisés et celle de la communauté secrète qui se révèle progressivement tout au long de la série. Le dilemme principal qui est mis en exergue tient au fait que la prospérité se fait au détriment de la planète et que la sauvegarde de la planète suppose de renoncer à la prospérité. Alors que les personnages sont amenés à se figurer ce que pourrait être un monde sans prospérité, du fait du grand sabotage, ils peuvent aussi constater que ce monde se met en place progressivement à leur côté et beaucoup décident de participer à sa construction.

Le dernier épisode est très ouvert. Après le relâchement de tension liée au fait que le sabotage ne survient pas à l’horaire indiqué, les derniers évènements laissent penser qu’il est finalement arrivé, ce qui donne envie de connaître la suite.