Des drapeaux de la communauté ont été érigés devant l’abbatiale de Lavail dans les Pyrénées-Orientales

Dimanche 23 juillet 2023

Encore fois, des drapeaux de la mystérieuse communauté des humains soucieux de la Terre et de son développement durable ont fait leur apparition sur une façade. Cette fois-ci, il s’agit de la façade d’une abbatiale, dans une localité dépourvue de mairie. L’évènement s’est produit à Lavail, un hameau situé sur la commune de Sorède, dans les Pyrénées-Orientales. Reportage de notre envoyée spéciale.

C’est un peu après 9H00, ce dimanche 23 juillet 2023, que des drapeaux de la mystérieuse communauté ont été érigés sur la façade de l’abbatiale de Lavail. Une promeneuse qui était passée devant l’abbatiale vers 8H30 a confirmé ne rien n’avoir remarqué. On estime ainsi que l’installation des drapeaux s’est faite aux alentours de 8H45. Les rares témoins présents sur place indiquent avoir vu trois femmes, revêtues de bleus de travail et portant des gants verts, venir avec une échelle pour accrocher les drapeaux.

Vers 10H00, un attroupement s’est formé devant l’abbatiale, regroupant environ 150 personnes qui ont indiqué appartenir à la communauté des humains soucieux de la Terre et de son développement durable. Plusieurs journalistes écologiques, qui avaient été informées de l’accrochage des drapeaux, avaient fait le déplacement et ont pu entendre la déclaration de la porte-parole de la communauté. Celle-ci a indiqué que les personnes présentes étaient venues de différents endroits du département des Pyrénées-Orientales pour se retrouver en ce lieu symptomatique des désastres que les humains infligent à la planète. Elle a évoqué la rivière qui, autrefois, donnait la vie à l’écosystème de la vallée et qui est maintenant à sec, à l’exception des rares flaques d’eau saumâtre qui rebutent même les amphibiens. Elle a évoqué le tourisme de masse qui a longtemps dégradé les écosystèmes mais qui, face au risque maximum d’incendie, est maintenant régulé par la police écologique. Elle a évoqué l’implantation du pylône 5G dans une zone dédiée aux pâturages, en demandant si les opérateurs souhaitaient doter les vaches et les chèvres de téléphones portables ? Après avoir revendiqué la filiation avec les communautés implantées dans les Landes, dans les Deux-Sèvres, en Loire-Atlantique et en Vendée, elle a ensuite invité les membres de la communauté à faire un pèlerinage jusqu’à la source en remontant les gorges de la rivière à sec.

Les agents de la sécurité intérieure sont arrivés sur les lieux vers 11 heures après avoir été bloqués pendant trente minutes par la police écologique de la commune de Sorède qui appliquait les consignes de non accès à la vallée pour les véhicules à moteur. Par une autorisation spéciale accordée par le ministère de la sécurité intérieure et arrivée de manière opportune, la police écologique a dû se résoudre à laisser passer les agents de la sécurité intérieure qui ont ensuite décroché les drapeaux suspendus aux murs de l’abbatiale pour les exhiber sur la grille d’enceinte. En l’absence de caméras de surveillance dans la vallée, les agents de la sécurité intérieure ont poussé leurs investigations en procédant à un relevé d’empreinte digitale sur les drapeaux, ce qui ne semble pas avoir été concluant. Un hélicoptère de la sécurité intérieure a ensuite survolé la zone des gorges mais sans pouvoir repérer les membres de la communauté qui s’étaient éparpillés avant de rejoindre leurs villages respectifs.

Cette étrange procession intervient dans un contexte hydrique très tendu dans les Pyrénées-Orientales, qui fait craindre pour les ressources alimentaires des habitants les plus pauvres du département.     

Un drapeau de la communauté a été érigé devant la mairie de Saint-Colomban en Loire-Atlantique

Dimanche 16 juillet 2023

Encore une fois, un drapeau de la mystérieuse communauté des humains soucieux de la Terre et de son développement durable a fait son apparition sur la façade d’une mairie. L’évènement s’est produit à Saint-Colomban, une petite commune de Loire-Atlantique, au sud de Nantes. Reportage de notre envoyée spéciale.

C’est un peu après 11H00, ce dimanche 16 juillet 2023, que le drapeau de la mystérieuse communauté a été érigé sur la façade de la mairie de Saint-Colomban. Une promeneuse qui était passée devant la mairie vers 10H30 a confirmé ne rien n’avoir remarqué. On estime ainsi que l’installation du drapeau s’est faite aux alentours de 10H45. Les rares témoins présents sur place indiquent avoir vu trois femmes, revêtues de bleus de travail et portant des gants verts, venir avec une échelle pour accrocher le drapeau.

Dans un premier temps, les habitants de Saint-Colomban sont passés devant le drapeau sans vraiment s’arrêter mais vers 13H00, un attroupement s’est formé devant la mairie. Alertés par les réseaux sociaux, des habitants de Nantes ont même fait le déplacement pour voir le fameux drapeau. Deux employés municipaux sont venus détacher le drapeau vers 14H30 et celui-ci a encore été exhibé sur un rebord de fenêtre de la mairie avant que les employés municipaux le déposent dans un lieu sûr.

On ne compte plus le nombre de fois où ce drapeau a été accroché la façade d’une mairie. La dernière en date était celle de Sainte-Soline, la semaine dernière. 

A Saint-Colomban, les habitants présents sur place, qui ont été interrogés, n’avaient aucune idée de la signification de ce drapeau. Seule une grand-mère, accompagnée de sa petite-fille a indiqué de façon catégorique, qu’il s’agissait du drapeau de la communauté des humains soucieux de la Terre et de son développement. Aucun agent de la sécurité intérieure n’est venu voir le drapeau, contrairement à la semaine précédente. Pour beaucoup, cet acte est le fait d’hurluberlus qui ne savent pas quoi faire pour occuper leur dimanche matin.

Les externalités négatives traduisent une défaillance généralisée du système des prix de marché

Mercredi 11 juillet 2023

La série « Le grand sabotage » montre comment les habitants d’un territoire instaurent les modalités du développement durable en préservant les écosystèmes et en ponctionnant les ressources de manière durable. Dans les saisons 4 et 5, on découvre des habitants qui font la chasse aux externalités négatives. Dans le monde d’après, les prix payés par les habitants intègrent, vraiment, l’ensemble des coûts des produits. Explications.

La journaliste écolo : Vous avez récemment fustigé le système des prix de marché qui ne permet pas de refléter le coût réel des biens et services produits. Pouvez-vous expliquer brièvement pourquoi ?

Valérie (saboteuse en série) : Cela tient à ce que les économistes appellent les externalités de production ou de consommation. Il s’agit des effets qui se produisent hors marché, en dehors d’un acte de production ou de consommation. Hors marché signifie que les personnes qui bénéficient ou qui subissent les effets ne sont pas celles qui sont dans la transaction.

La journaliste écolo : Vous pouvez donner des exemples ?

Noémie (saboteuse en série) : Prenons l’exemple de l’éducation. Ceux qui en bénéficient diffusent souvent leurs savoirs et leurs compétences à leurs proches, il s’agit d’une externalité positive. Les proches en bénéficient sans être les parties prenantes directes au service d’éducation. Mais la plupart des externalités, malheureusement, sont négatives, c’est-à-dire que l’effet produit est subit. On subit la pollution industrielle, on subit la pollution automobile, on subit l’amoncellement des déchets, on subit le dérèglement climatique, etc… Le coût social des externalités négatives, celui qui est supporté par la société et non par ceux qui achètent ou produisent, est énorme !

La journaliste écolo : Mais n’y a-t-il pas moyen d’intégrer le coût social dans le prix payé par les acteurs privés ?

Julie (saboteuse en série) : C’est le vaste sujet de l’internalisation des externalités négatives. Dans le principe, au lieu que le coût soit supporté par l’ensemble de la collectivité, l’idée est de faire une taxation spécifique à ceux qui génèrent les externalités, qui couvre exactement les coûts de ces externalités. Cette taxation se répercute alors dans les prix de vente. Mais cela reste de la théorie car il est difficile de quantifier exactement le coût des externalités et de les imputer à des acteurs précis.

La journaliste écolo : Vous pouvez préciser ?

Sophie (saboteuse en série) : Prenons un exemple simple et presque opérationnel. Les cigarettes. Le coût social peut être représenté par toutes les dépenses de santé liées au tabagisme (cancers, maladies cardio-vasculaires, etc). En taxant les paquets de cigarettes à la hauteur de ce coût, cela permet de financer les dépenses spécifiques liées au tabagisme. L’externalité est internalisée dans les prix. L’augmentation des prix a aussi pour effet de limiter la consommation et donc de réduire les externalités.

La journaliste écolo : C’est un bon exemple !

Lydie (saboteuse en série) : C’est un bon exemple du point de vue de la théorie économique. Si vous voulez lutter contre le tabagisme passif cependant – le fait que des non fumeurs subissent les désagréments liés à la cigarette – la taxation ne peut rien faire, vous n’avez pas d’autre choix que d’interdire la cigarette dans les lieux publics.

Valérie (saboteuse en série) : Ce qui paraît simple pour la cigarette l’est beaucoup moins pour les externalités environnementales. Le coût du réchauffement climatique, des sécheresses qu’il provoque, de l’érosion des sols causés par l’agriculture intensive, des maladies liées aux traitements chimiques, de la pollution et de la destruction des écosystèmes, de la perte de biodiversité, etc, tous ces coûts sont difficiles à calculer, même si certains d’entre eux peuvent être approchés par les compagnies d’assurances. De plus, ces coûts sont exponentiels. Ce qu’ils représentaient hier n’est rien en comparaison de ce qu’ils sont aujourd’hui. Pour beaucoup de produits, on peut estimer que le coût environnemental est de un à trois fois supérieur au prix de vente, ce qui signifie que les prix de ces produits devraient être de deux à quatre fois plus élevés que ce qu’ils sont.

La journaliste écolo : Vous pouvez préciser ?

Julie (saboteuse en série) : Si on prend l’exemple du carburant automobile par exemple, au regard de son impact sur le réchauffement climatique, on estime qu’il devrait être deux à trois fois plus cher. Pour la nourriture industrielle, les prix devraient être au minimum du double si on devait prendre en compte les effets destructeurs de l’agriculture intensive sur les écosystèmes. Et pour la fast fashion, les prix devraient être, au moins, quatre fois plus élevés.

La journaliste écolo : En fait, les prix ne reflètent pas du tout la réalité !

Noémie (saboteuse en série) : On peut dire ça. Le coût environnemental de nos productions actuelles est monumental et il n’est pas du tout intégré dans le système des prix. On peut parler d’une défaillance généralisée du système des prix.

La journaliste écolo : Mais comment peut-on s’en sortir alors ?

Sophie (saboteuse en série) : L’idée est de produire et de vente des biens et services qui n’ont aucune externalité négative.

La journaliste écolo : C’est possible ?

Sophie (saboteuse en série) : C’est possible si vous êtes dans la démarche ecopureplayer. On dit sans compromission, en français. Si votre activité économique ne repose que sur les approvisionnements et du matériel qui est ecopureplayer et que vous êtes dans une démarche d’écoconception, cela garantit qu’il n’y a pas d’externalité négative. De nos jours, il existe déjà une forme d’économie parallèle sans externalité négative qui se développe, à côté de celle qui est destructrice de la planète.

La journaliste écolo : Des gens qui agissent concrètement pour le sens du développement durable. On est loin des pancartes de Greta Thunberg

Julie (saboteuse en série) : Dans notre série, cette économie a complètement supplanté l’économie non durable et il n’y a plus d’externalités négatives. Les choses sont acquises à leur vraie valeur.

Les saboteuses en série veulent toujours monter une SCOP !

Mardi 11 juillet 2023

Après avoir été approchées par Bill Gates pour le financement de leur projet, les saboteuses en série ont reçu une nouvelle proposition de la part de Reed Hastings, le fondateur de Netflix. Celui-ci a été éconduit sèchement. Les saboteuses en série ont ainsi réaffirmé leur volonté de monter une SCOP de production audiovisuelle. Reportage.

La journaliste écolo : On se souvient qu’en mai, vous aviez été approchées par Bill Gates, qui vous proposait de financer votre série. Vous aviez alors refusé. Une nouvelle opportunité de financement s’est à nouveau offerte à vous et vous l’auriez refusé ? Pouvez-vous confirmer ?

Lydie (saboteuses en série) : Nous confirmons que nous voulons monter une SCOP de production audiovisuelle pour chacune des saisons. Nous ne nous retrouvons pas ni dans le modèle du salariat qui est avilissant, ni dans celui de l’actionnariat qui consiste à capter tous les profits.

La journaliste écolo : C’est pourtant comme ça que les choses fonctionnent…

Sophie (saboteuse en série) : C’est vous qui le dites. On peut très bien mener un projet sur le modèle de la coopération : pas de salariat et un partage équitable des bénéfices.

La journaliste écolo : Ça reste à prouver. Il paraît que personne n’est jamais d’accord dans les SCOP… 

Noémie (saboteuse en série) : Vous avez déjà travaillé en coopérative ?

La journaliste écolo : Non jamais. Vous savez, moi, je suis pigiste…

Julie (saboteuse en série) : N’hésitez pas à monter un média libre en SCOP, le jour où l’envie vous prendra de participer collectivement à une ligne éditoriale partagée.

Connaître sa mission de vie permet de mieux cerner sa contribution au développement durable

Lundi 10 juillet 2023

La série « Le grand sabotage » montre comment les habitants d’un territoire instaurent les modalités du développement durable en préservant les écosystèmes et en ponctionnant les ressources de manière durable. Dans les saisons 4 et 5, on découvre des habitants qui ont le souci de leur contribution au développement durable et qui semblent connaître leur mission de vie. Explications.

La journaliste écolo : Dans les saisons 4 et 5 de votre série « Le grand sabotage », on découvre des habitants qui raisonnent en termes de contributions. Chacun semble soucieux de la contribution qu’il peut apporter au développement durable. Pouvez-vous expliquer cette démarche ?

Julie (saboteuse en série) : On ne peut pas comprendre la logique de la contribution sans avoir mené, préalablement une réflexion sur sa mission de vie. Il s’agit de mener une forme d’introspection qui permet de mieux cerner ses valeurs, ses talents, ses aspirations et sa vocation. L’être humain étant un animal social, la mission de vie d’une habitante d’un territoire se définit par la connaissance qu’elle a d’elle-même en faisant référence au monde, entendu comme le produit de la vie en société.

La journaliste écolo : C’est un peu abstrait. Pouvez-vous préciser ?

Valérie (saboteuse en série) : Lorsqu’on cherche à se projeter, à mettre en adéquation ses envies avec le rôle qu’on peut avoir sur Terre, il est important d’avoir la conscience d’être en interactions avec le monde. Très concrètement, il s’agit de cerner ce que l’on souhaite apporter au monde et ce que l’on souhaite recevoir du monde.

La journaliste écolo : Vous n’êtes pas un peu en train de fumer la moquette les filles ?

Sophie (saboteuse en série) : Chaque être humain est inséré dans le vaste écosystème planétaire. C’est un fait. Les individus en ont plus ou moins conscience. Se considérer comme un habitant de la Terre, et non comme un individu détaché des écosystèmes, c’est reconnaître que l’on fait partie intégrante des écosystèmes. Dès lors, notre mission de vie consiste à apporter notre contribution à la pérennité et au développement de cet écosystème tout en bénéficiant d’avantages en retour.

La journaliste écolo : Vous pouvez donner des exemples concrets de contributions ?

Lydie (saboteuse en série) : Les activités professionnelles des habitantes sont chacune des contributions pour peu que les habitantes soient des écopureplayeuses. Par leurs activités, les habitantes participent ainsi au microbiote économique de leur territoire, qui est respectueux des écosystèmes. Cela permet de répondre aux besoins essentiels de l’ensemble des habitants. Ainsi les agroécologistes, les banquières durables, les commerçantes éthiques, toutes apportent leur contribution à l’écosystème économique et social du territoire. 

La journaliste écolo : On est bien loin de l’obsession du pouvoir d’achat que l’on connaît de nos jours…

Un drapeau de la communauté a été érigé devant la mairie de Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres

Dimanche 9 juillet 2023

Encore une fois, un drapeau de la mystérieuse communauté des humains soucieux de la Terre et de son développement durable a fait son apparition sur la façade d’une mairie. L’évènement s’est produit à Sainte-Soline, une petite commune du Mellois, dans les Deux-Sèvres. Reportage de notre envoyée spéciale.

C’est un peu après 11H00, ce dimanche 9 juillet 2023, que le drapeau de la mystérieuse communauté a été érigé sur la façade de la mairie de Sainte-Soline. Une promeneuse qui était passée devant la mairie vers 10H30 a confirmé ne rien n’avoir remarqué. On estime ainsi que l’installation du drapeau s’est faite aux alentours de 10H45. Les rares témoins présents sur place indiquent avoir vu trois femmes, revêtues de bleus de travail et portant des gants verts, venir avec une échelle pour accrocher le drapeau.

Dans un premier temps, les habitants de Sainte-Soline sont passés devant le drapeau sans vraiment s’arrêter mais vers 13H00, un attroupement s’est formé devant la mairie. Alertés par les réseaux sociaux, des habitants du Mellois ont fait le déplacement pour voir le fameux drapeau. Deux employés municipaux sont venus détacher le drapeau vers 14H30 et celui-ci a encore été exhibé sur un bord de fenêtre de la mairie avant que les employés municipaux le déposent dans un lieu sûr.

C’est la huitième fois que ce genre de drapeau est accroché la façade d’une mairie après l’apparition de Notre-Dame des Landes en mai, celles de Liposthey et d’Azur dans les Landes, celle de Sallertaine en juin et les trois apparitions consécutives de Saurais, Saint-Lin et Saint-Maixent-l’École dans les Deux-Sèvres. 

A Sainte-Soline, les habitants présents sur place, qui ont été interrogés, n’avaient aucune idée de la signification de ce drapeau. Seule une grand-mère, accompagnée de sa petite-fille a indiqué de façon catégorique, qu’il s’agissait du drapeau de la communauté des humains soucieux de la Terre et de son développement. Les agents de la sécurité, dépêchés de Nantes la semaine dernière, après l’apparition du drapeau à Saint-Maixent, avaient l’air inquiets. Ils se sont abstenus de tout commentaire mais ont indiqué faire un rapport qui sera transmis dès le début de la semaine au Ministère de la Sécurité Intérieure. Pour beaucoup cependant, cet acte est le fait d’hurluberlus qui ne savent pas quoi faire pour occuper leur dimanche matin.

Les outils de gestion sont indispensables pour le calcul de la durabilité des territoires

Samedi 8 juillet 2023

La série « Le grand sabotage » montre comment les habitants d’un territoire instaurent les modalités du développement durable en préservant les écosystèmes et en ponctionnant les ressources de manière durable. Dans les saisons 4 et 5, on découvre des habitants qui ont le souci constant du calcul de la durabilité de leur territoire. Rencontre avec les saboteuses en série qui reviennent sur les pratiques de gestion du monde d’après.

La journaliste écolo : Dans les saisons 4 et 5 de votre série, on découvre des habitants qui sont obnubilés par les indicateurs de durabilité de leur territoire. Un peu comme certaines personnes sont obnubilés, de nos jours, par les indicateurs de rentabilité. Pouvez-vous revenir sur la façon dont les nouveaux outils de gestion se sont mis en place dans les territoires durables ?

Valérie (saboteuse en série) : La comparaison avec l’obsession de la rentabilité a une forme de pertinence. Dans le monde d’après, celui qui suit le grand sabotage, les calculs de rentabilité n’ont plus aucun sens. A l’inverse, comme vous le dites, les habitants sont obnubilés par la durabilité de leur territoire. Le développement durable est une véritable obsession pour eux, un peu comme la recherche du profit est obsessionnelle, de nos jours, chez certaines personnes peu scrupuleuses du bien-être des autres. La durabilité est une valeur partagée qui dicte les principes d’action. Cependant, dans un monde complexe où, selon une éthique conséquentialiste, il s’agit de connaître et d’apprécier les conséquences de ses actes, les outils de mesure ont toutes leur place. Ces outils sont proposés par la communauté scientifique mondiale. Il s’agit de véritables outils de gestion qui donnent des indicateurs sur la durabilité d’un territoire.

La journaliste écolo : Vous pouvez donner des exemples ?

Lydie (saboteuse en série) : Il existe quinze indicateurs principaux qui permettent de mesurer la durabilité d’un territoire, même si d’autres indicateurs périphériques peuvent être aussi utilisés pour donner une analyse plus fine. La plupart de ces indicateurs expriment la biocapacité du territoire en rapport avec sa population. Pour prendre l’exemple du taux de couverture des besoins hydriques, il s’agit du rapport entre les ressources en eau du territoire et les besoins des habitants pris au sens large, c’est-à-dire pour la consommation domestique et pour la production dans toutes ses dimensions. Si les ressources ne couvrent pas les besoins, le territoire n’est pas durable en eau. Il faut chercher à réduire les besoins sachant que les ressources en eau ont tendance à diminuer sur certains territoires.

La journaliste écolo : Vous avez d’autres exemples ?

Julie (saboteuse en série) : Le raisonnement est le même pour le taux de couverture des besoins alimentaires. Il existe un indicateur global qui montre la façon dont les besoins alimentaires sont couverts par la production locale. Cet indicateurs est nuancé selon les types de productions alimentaires, ce qui met en évidence tout un système d’échange avec les autres territoires sous forme d’importations et d’exportations alimentaires qui s’effectuent selon les excédents respectifs des différents territoires.

La journaliste écolo : Durabilité ne signifie donc pas autarcie ?

Sophie (saboteuse en série) : Absolument pas ! En fonction des ressources spécifiques dont ils disposent, tant humaines que naturelles, il se développe sur les territoires durables tout un microbiote d’activités économiques internes qui ont pour vocation à répondre aux besoins essentiels des habitants. Les excédents existent cependant, ils sont la base des échanges avec les autres territoires, c’est ainsi que se développe le macrobiote des activités économiques entre les territoires.

Julie (saboteuse en série) : De nombreux indicateurs de durabilité sont des taux de couverture ou de biosourcing territorial : pour la construction, l’habillement, les produits cosmétiques, etc. A chaque fois le raisonnement est le même, il s’agit de voir ce qui est couvert par le microbiote local et ce qui participe aux échanges du macrobiote entre territoires.

La journaliste écolo : Si vous me permettez une remarque, les indicateurs économiques des productions qui sont générées sur les territoires ne présagent pas du caractère respectueux des écosystèmes…

Valérie (saboteuse en série) : Vous avez tout à fait raison car le caractère respectueux des écosystèmes est pris en compte par d’autres indicateurs : le taux de préservation des écosystèmes naturels, le volume de la biomasse territoriale, le taux d’absorption des déchets, le volume de la pollution territoriale, le taux de gestion commune des ressources naturelles. Ce sont des indicateurs synthétiques qui s’appliquent à l’ensemble des activités et qui permettent d’affiner la stratégie de développement durable de chaque territoire.

La journaliste écolo : Il existe aussi des indicateurs de service public ?

Noémie (saboteuse en série) : Tout à fait. Le développement durable comprend aussi la nécessité de préserver le maillage territorial des services publics de santé et d’éducation.

Les territoires durables revendiquent l’autonomie fiscale

Vendredi 7 juillet 2023

La série « Le grand sabotage » montre comment les habitants d’un territoire instaurent les modalités du développement durable en préservant les écosystèmes et en ponctionnant les ressources de manière durable. La saison 5 montre comment de nouvelles institutions se mettent en place pour garantir la protection du vivant. On découvre des territoires durables qui ont la volonté de se coordonner mais qui, tous, revendiquent l’autonomie fiscale. Explications.

La journaliste écolo : La saison 5 de votre série montre comment les habitants de la planète mettent en place de nouvelles institutions. Vous nous aviez déjà expliqué le choix des territoires comme base de l’organisation sociale, économique et juridique. Dans la série, on découvre que les habitants des différents territoires ont la volonté farouche de préserver leur autonomie fiscale. Pouvez-vous expliquer les raisons de ce choix ?

Lydie (saboteuse en série) : La fiscalité permet de financer les services publics et d’orienter l’économie par le biais des subventions qui sont accordées à des coopératives privées ou par le biais d’une taxation sélective et incitative. En la matière, l’empreinte fiscale n’est pas neutre. Dans la série, les habitants ont souffert trop longtemps d’une empreinte fiscale qui leur échappait, d’où le souhait de garder l’autonomie fiscale.

La journaliste écolo : Pouvez-vous préciser la notion d’empreinte fiscale ?

Noémie (saboteuse en série) : L’empreinte fiscale est celle qui est générée par les investissements publics et les subventions publiques. Celle-ci peut être négative, lorsque les investissements et les subventions permettent la régénérescence des écosystèmes. Elle peut aussi être fortement positive lorsque les investissements et les subventions portent sur des activités destructrices de la planète.

La journaliste écolo : Vous pensez que c’est le cas aujourd’hui ?

Sophie (saboteuse en série) : Il est de notoriété publique que l’Europe ou les États-Unis subventionnent massivement l’agro-industrie qui est fortement destructrice du vivant. Il en est de même pour de nombreux investissements publics. Dans une large mesure, on peut aussi dire que les services publics de police et de défense nationale ont pour mission la protection d’entreprises privées qui sont fortement destructrices de la planète. Pour des citoyennes de la durabilité, c’est frustrant de constater que leur empreinte fiscale est souvent la seule empreinte écologique résiduelle car c’est une empreinte sur laquelle elles n’ont pas de prise.

La journaliste écolo : Vous pouvez préciser ?  

Julie (saboteuse en série) : L’empreinte écologique revêt de multiples dimensions : empreinte eau, empreinte matière, empreinte carbone, empreinte numérique, empreinte financière, empreinte plastique, empreinte écosystémique et l’empreinte fiscale. Pour une citoyenne de la durabilité, qui est dans une logique de suppression de son empreinte individuelle, il est assez facile d’atteindre ses objectifs dans de nombreuses dimensions : réduire son émission de CO2 à deux tonnes par an, ne plus faire de déchets plastiques, confier son argent à une banque durable, réduire son empreinte matière, raisonner sa consommation numérique, etc. Souvent, l’empreinte écologique globale est nulle ou très faible, sauf pour la dimension fiscale. Pour une citoyenne qui ne veut aucune empreinte, c’est révoltant de devoir supporter des choix qui ne sont pas les siens. C’est pourquoi les habitants des territoires durables revendiquent l’autonomie fiscale. Ils ne veulent pas être à la merci d’une autorité qui imposerait des choix budgétaires à forte empreinte écologique.

L’anticipation est une des compétences essentielles de développement durable

Jeudi 6 juillet 2023

La série « Le grand sabotage » montre comment les habitants d’un territoire instaurent les modalités du développement durable en préservant les écosystèmes et en ponctionnant les ressources de manière durable. Dans les saisons 4 et 5, on découvre des habitants qui inscrivent leurs actions dans le long terme en ayant le souci constant de l’anticipation. Rencontre avec les saboteuses en série qui reviennent sur cette compétence essentielle de développement durable.

La journaliste écolo : Dans les saisons 4 et 5 de votre série, les habitants sont dans une démarche constante d’anticipation de l’avenir. Ils semblent avoir une vision à long terme. Pourquoi dites-vous que l’anticipation est une compétence essentielle de développement durable ?

Valérie (saboteuse en série) : C’est aussi vrai dans la saison 1, avant le grand sabotage. Les habitants soucieux de la planète sont déjà présents. Les agroécologistes, les commerçants locaux et équitables, le vélo-transporteur, le banquier durable, etc. Ils ne se contentent pas d’être respectueux du vivant. Ils anticipent aussi l’épuisement des ressources.

Julie (saboteuse en série) : Toujours dans la saison 1, quand les autres habitants comprennent que le grand sabotage sera inévitable, ils n’ont pas d’autres choix que d’anticiper. Rien n’est statique, il faut tout anticiper.

La journaliste écolo : Vous n’avez pas répondu à ma question. Pourquoi dites-vous que l’anticipation est une compétence essentielle ?

Noémie (saboteuse en série) : Ce n’est pas nous qui le disons, c’est l’UNESCO. Le référentiel de développement durable de l’UNESCO reconnaît huit compétences essentielles pour le développement durable et l’anticipation est l’une d’elle.

Sophie (saboteuse en série) : L’absence d’anticipation dénote une démarche de raisonnement court-termiste. Les visions de court terme, centrées sur les gains immédiats, occultent généralement les pertes futures. Le court terme et durabilité sont antinomiques. C’est pourquoi il est essentiel d’anticiper.

Un drapeau de la communauté a été érigé devant la mairie de Saint-Maixent-l’École

Dimanche 2 juillet 2023

Encore une fois, un drapeau de la mystérieuse communauté des humains soucieux de la Terre et de son développement durable a fait son apparition sur la façade d’une mairie. L’évènement s’est produit à Saint-Maixent-l’École, une petite commune des Deux-Sèvres, située non loin de Niort. Reportage de notre envoyée spéciale.

C’est un peu après 11H00, ce dimanche 2 juillet 2023, que le drapeau de la mystérieuse communauté a été érigé sur la façade de la mairie de Saint-Maixent-l’École. Un badaud qui était passé devant la mairie vers 10H30 a confirmé ne rien n’avoir remarqué. On estime ainsi que l’installation du drapeau s’est faite aux alentours de 10H45. Les rares témoins présents sur place indiquent avoir vu trois femmes, revêtues de bleus de travail et portant des gants verts, venir avec une échelle pour accrocher le drapeau.

Dans un premier temps, les habitants de Saint-Maixent sont passés devant le drapeau sans vraiment s’arrêter mais vers 12H00, un attroupement s’est formé devant la mairie. Des curieux, alertés par les réseaux sociaux, sont venus de Niort pour voir le drapeau qui flottait au vent. Deux employés municipaux sont venus détacher le drapeau vers 12H30 et celui-ci a encore été exhibé sur le parapet de la mairie avant que les employés municipaux le déposent dans un lieu sûr.

C’est la septième fois que ce genre de drapeau est accroché la façade d’une mairie après l’apparition de Notre-Dame des Landes et celles de Liposthey et d’Azur dans les Landes, celle de Sallertaine en Vendée et les récents évènements de Saurais et Saint-Lin. Pour la sécurité intérieure, il semblerait qu’une mystérieuse communauté commence à s’enraciner dans le sud du département des Deux-Sèvres. Deux agents spéciaux ont été envoyés de Nantes pour mener davantage d’investigations.

A Saint-Maixent, les habitants présents sur place, qui ont été interrogés, n’avaient aucune idée de la signification de ce drapeau. Seule une grand-mère, accompagnée de sa petite-fille a indiqué de façon catégorique, qu’il s’agissait du drapeau de la communauté des humains soucieux de la Terre et de son développement. Pour beaucoup, cet acte est le fait d’hurluberlus qui ne savent pas quoi faire pour occuper leur dimanche matin.