Connaître sa mission de vie permet de mieux cerner sa contribution au développement durable

Lundi 10 juillet 2023

La série « Le grand sabotage » montre comment les habitants d’un territoire instaurent les modalités du développement durable en préservant les écosystèmes et en ponctionnant les ressources de manière durable. Dans les saisons 4 et 5, on découvre des habitants qui ont le souci de leur contribution au développement durable et qui semblent connaître leur mission de vie. Explications.

La journaliste écolo : Dans les saisons 4 et 5 de votre série « Le grand sabotage », on découvre des habitants qui raisonnent en termes de contributions. Chacun semble soucieux de la contribution qu’il peut apporter au développement durable. Pouvez-vous expliquer cette démarche ?

Julie (saboteuse en série) : On ne peut pas comprendre la logique de la contribution sans avoir mené, préalablement une réflexion sur sa mission de vie. Il s’agit de mener une forme d’introspection qui permet de mieux cerner ses valeurs, ses talents, ses aspirations et sa vocation. L’être humain étant un animal social, la mission de vie d’une habitante d’un territoire se définit par la connaissance qu’elle a d’elle-même en faisant référence au monde, entendu comme le produit de la vie en société.

La journaliste écolo : C’est un peu abstrait. Pouvez-vous préciser ?

Valérie (saboteuse en série) : Lorsqu’on cherche à se projeter, à mettre en adéquation ses envies avec le rôle qu’on peut avoir sur Terre, il est important d’avoir la conscience d’être en interactions avec le monde. Très concrètement, il s’agit de cerner ce que l’on souhaite apporter au monde et ce que l’on souhaite recevoir du monde.

La journaliste écolo : Vous n’êtes pas un peu en train de fumer la moquette les filles ?

Sophie (saboteuse en série) : Chaque être humain est inséré dans le vaste écosystème planétaire. C’est un fait. Les individus en ont plus ou moins conscience. Se considérer comme un habitant de la Terre, et non comme un individu détaché des écosystèmes, c’est reconnaître que l’on fait partie intégrante des écosystèmes. Dès lors, notre mission de vie consiste à apporter notre contribution à la pérennité et au développement de cet écosystème tout en bénéficiant d’avantages en retour.

La journaliste écolo : Vous pouvez donner des exemples concrets de contributions ?

Lydie (saboteuse en série) : Les activités professionnelles des habitantes sont chacune des contributions pour peu que les habitantes soient des écopureplayeuses. Par leurs activités, les habitantes participent ainsi au microbiote économique de leur territoire, qui est respectueux des écosystèmes. Cela permet de répondre aux besoins essentiels de l’ensemble des habitants. Ainsi les agroécologistes, les banquières durables, les commerçantes éthiques, toutes apportent leur contribution à l’écosystème économique et social du territoire. 

La journaliste écolo : On est bien loin de l’obsession du pouvoir d’achat que l’on connaît de nos jours…

Les saboteuses en série sont vraiment fâchées contre Greta Thunberg

Mercredi 14 juin 2023

Greta Thunberg a été pris à partie par les saboteuses en série qui lui ont reproché son absence manifeste de stratégie, qui a pour effet d’éloigner les jeunes des actions concrètes qu’ils pourraient faire en faveur du développement durable. Pour les saboteuses en série, Greta Thunberg est un pur produit marketing, un alibi facile qui favorise l’inaction et les postures de dédouanement. Explications.

La journaliste écolo : Votre série montre comment des habitants instaurent des modalités de développement durable sur leur territoire. Vous faites preuve de pédagogie. Pour autant, vous fustigez Greta Thunberg qui, elle-aussi, fait preuve de pédagogie pour faire prendre conscience des effets du réchauffement climatique. Votre énergie à remettre en cause sa démarche ne serait-elle pas plus utile contre ceux qui provoquent le réchauffement climatique ?

Noémie (saboteuse en série) : Il y aurait beaucoup de choses à dire sur Greta Thunberg. Soulignons d’abord qu’elle a fait irruption sur la scène médiatique mondiale selon des procédés purement marketing.

La journaliste écolo : Vous faites référence à la controverse qui porte sur sa façon d’utiliser les réseaux sociaux ?

Sophie (saboteuse en série) : Oui. C’est une contradiction majeure. C’est comme si une association de lutte contre les discriminations se payait un encart publicitaire auprès d’une chaîne de télévision ouvertement raciste et homophobe…

La journaliste écolo : Pourtant, Greta Thunberg a fait beaucoup pour la lutte contre le changement climatique.

Nathalie (saboteuse en série) : Vous avez tout à fait raison de souligner que sa préoccupation principale est la lutte contre le changement climatique. En focalisant sur cet aspect, elle détourne ceux qui la suivent des autres enjeux. Il n’y a pas que le réchauffement climatique. Il y a d’autres limites planétaires qui sont aussi dépassées. En cela, elle se trompe d’échelle. Le problème principal est celui du développement, qui n’est pas durable. Le réchauffement climatique en est une conséquence, comme la destruction de la biodiversité, l’accumulation des déchets ou la pollution généralisée. C’est comme si elle ne percevait pas la complexité des problèmes.

La journaliste écolo : Vous avez pointé l’absence de stratégie de développement durable chez Greta Thunberg.

Julie (saboteuse en série) : Mais c’est une réalité ! Qui peut dire qu’elle est sa stratégie ? Faire la grève du climat et ne plus aller à l’école ? Manifester pour demander aux gouvernants de prendre des mesures ? Arrêter de manger de la viande ? Ne plus prendre l’avion ? A aucun moment, Greta Thunberg n’évoque la contribution que chacun pourrait apporter au développement durable. A aucun moment elle incite à s’emparer du pouvoir d’agir. Il y a tant à faire sur les territoires durables ! Le temps passé à manifester, c’est du temps de perdu pour des actions concrètes de développement durable.

La journaliste écolo : Vous êtes dures avec Greta. C’est une jeune qui est dans l’émotion et qui nous la fait partager.

Sophie (saboteuse en série) : Exactement. Greta Thunberg n’a pas dépassé le stade de l’émotion. C’est ça qui la freine pour s’engager dans le développement durable. Elle génère de l’écoanxiété à grande échelle avec ses pleurnicheries culpabilisantes. Au lieu de prendre sa part, elle rejette la faute sur les gouvernants. Cette attitude est dangereuse. Pas seulement parce qu’elle ne montre pas les contributions que chacun pourrait apporter, à son échelle, au développement durable mais surtout parce que, à terme, cela va créer de la frustration chez toute une génération de jeunes lorsqu’ils constateront qu’ils n’ont pas infléchi l’inaction des gouvernants. Le risque de rébellion alors fort.

La journaliste écolo : Vous laissez entendre que certains jeunes vont se détourner de Greta pour aller vers des formes plus radicales d’action ?

Nathalie (saboteuse en série) : C’est déjà le cas au sein de la génération Zbellion, avec les jeunes qui se lancent dans la lutte violente. Détruire violemment est un autre registre que manifester pacifiquement mais il faudra nous expliquer en quoi cela instaure des modalités de développement durable sur nos territoires ?

La journaliste écolo : Pour en revenir à Greta Thunberg, elle donne de bonnes pistes pour réduire son empreinte écologique, ne trouvez-vous pas ?

Lydie (saboteuse en série) : La viande, l’avion, le plastique, ce sont des propositions flash qui obéissent aux règles de la communication marketing. Ce n’est pas une invitation à une démarche de réflexion globale l’empreinte écologique. Cela s’apparente à une forme dédouanement.    

Noémie (saboteuse en série) : Greta Thunberg est un alibi collectif. Les scientifiques avaient aidé à mieux comprendre, il manquait un leader pour passer à l’action. Avec Greta, malheureusement, on ne dépasse pas le stade de l’émotion. A aucun moment, elle ne porte une vision du futur des territoires. A aucun moment, elle donne en exemple les milliers d’initiatives qui se prennent, chaque jour, par ceux qui cherchent à être durables. Elle fait du saupoudrage. Quelques actions pour limiter son empreinte et le tour est joué. Son hypermédiatisation revêt un caractère indécent. Quand on se met en avant, c’est pour insuffler le changement, pas pour plonger le monde dans une attrition mortifère. Non, vraiment, ce n’est pas de ce genre de leader dont la planète a besoin.