Les externalités négatives traduisent une défaillance généralisée du système des prix de marché

Mercredi 11 juillet 2023

La série « Le grand sabotage » montre comment les habitants d’un territoire instaurent les modalités du développement durable en préservant les écosystèmes et en ponctionnant les ressources de manière durable. Dans les saisons 4 et 5, on découvre des habitants qui font la chasse aux externalités négatives. Dans le monde d’après, les prix payés par les habitants intègrent, vraiment, l’ensemble des coûts des produits. Explications.

La journaliste écolo : Vous avez récemment fustigé le système des prix de marché qui ne permet pas de refléter le coût réel des biens et services produits. Pouvez-vous expliquer brièvement pourquoi ?

Valérie (saboteuse en série) : Cela tient à ce que les économistes appellent les externalités de production ou de consommation. Il s’agit des effets qui se produisent hors marché, en dehors d’un acte de production ou de consommation. Hors marché signifie que les personnes qui bénéficient ou qui subissent les effets ne sont pas celles qui sont dans la transaction.

La journaliste écolo : Vous pouvez donner des exemples ?

Noémie (saboteuse en série) : Prenons l’exemple de l’éducation. Ceux qui en bénéficient diffusent souvent leurs savoirs et leurs compétences à leurs proches, il s’agit d’une externalité positive. Les proches en bénéficient sans être les parties prenantes directes au service d’éducation. Mais la plupart des externalités, malheureusement, sont négatives, c’est-à-dire que l’effet produit est subit. On subit la pollution industrielle, on subit la pollution automobile, on subit l’amoncellement des déchets, on subit le dérèglement climatique, etc… Le coût social des externalités négatives, celui qui est supporté par la société et non par ceux qui achètent ou produisent, est énorme !

La journaliste écolo : Mais n’y a-t-il pas moyen d’intégrer le coût social dans le prix payé par les acteurs privés ?

Julie (saboteuse en série) : C’est le vaste sujet de l’internalisation des externalités négatives. Dans le principe, au lieu que le coût soit supporté par l’ensemble de la collectivité, l’idée est de faire une taxation spécifique à ceux qui génèrent les externalités, qui couvre exactement les coûts de ces externalités. Cette taxation se répercute alors dans les prix de vente. Mais cela reste de la théorie car il est difficile de quantifier exactement le coût des externalités et de les imputer à des acteurs précis.

La journaliste écolo : Vous pouvez préciser ?

Sophie (saboteuse en série) : Prenons un exemple simple et presque opérationnel. Les cigarettes. Le coût social peut être représenté par toutes les dépenses de santé liées au tabagisme (cancers, maladies cardio-vasculaires, etc). En taxant les paquets de cigarettes à la hauteur de ce coût, cela permet de financer les dépenses spécifiques liées au tabagisme. L’externalité est internalisée dans les prix. L’augmentation des prix a aussi pour effet de limiter la consommation et donc de réduire les externalités.

La journaliste écolo : C’est un bon exemple !

Lydie (saboteuse en série) : C’est un bon exemple du point de vue de la théorie économique. Si vous voulez lutter contre le tabagisme passif cependant – le fait que des non fumeurs subissent les désagréments liés à la cigarette – la taxation ne peut rien faire, vous n’avez pas d’autre choix que d’interdire la cigarette dans les lieux publics.

Valérie (saboteuse en série) : Ce qui paraît simple pour la cigarette l’est beaucoup moins pour les externalités environnementales. Le coût du réchauffement climatique, des sécheresses qu’il provoque, de l’érosion des sols causés par l’agriculture intensive, des maladies liées aux traitements chimiques, de la pollution et de la destruction des écosystèmes, de la perte de biodiversité, etc, tous ces coûts sont difficiles à calculer, même si certains d’entre eux peuvent être approchés par les compagnies d’assurances. De plus, ces coûts sont exponentiels. Ce qu’ils représentaient hier n’est rien en comparaison de ce qu’ils sont aujourd’hui. Pour beaucoup de produits, on peut estimer que le coût environnemental est de un à trois fois supérieur au prix de vente, ce qui signifie que les prix de ces produits devraient être de deux à quatre fois plus élevés que ce qu’ils sont.

La journaliste écolo : Vous pouvez préciser ?

Julie (saboteuse en série) : Si on prend l’exemple du carburant automobile par exemple, au regard de son impact sur le réchauffement climatique, on estime qu’il devrait être deux à trois fois plus cher. Pour la nourriture industrielle, les prix devraient être au minimum du double si on devait prendre en compte les effets destructeurs de l’agriculture intensive sur les écosystèmes. Et pour la fast fashion, les prix devraient être, au moins, quatre fois plus élevés.

La journaliste écolo : En fait, les prix ne reflètent pas du tout la réalité !

Noémie (saboteuse en série) : On peut dire ça. Le coût environnemental de nos productions actuelles est monumental et il n’est pas du tout intégré dans le système des prix. On peut parler d’une défaillance généralisée du système des prix.

La journaliste écolo : Mais comment peut-on s’en sortir alors ?

Sophie (saboteuse en série) : L’idée est de produire et de vente des biens et services qui n’ont aucune externalité négative.

La journaliste écolo : C’est possible ?

Sophie (saboteuse en série) : C’est possible si vous êtes dans la démarche ecopureplayer. On dit sans compromission, en français. Si votre activité économique ne repose que sur les approvisionnements et du matériel qui est ecopureplayer et que vous êtes dans une démarche d’écoconception, cela garantit qu’il n’y a pas d’externalité négative. De nos jours, il existe déjà une forme d’économie parallèle sans externalité négative qui se développe, à côté de celle qui est destructrice de la planète.

La journaliste écolo : Des gens qui agissent concrètement pour le sens du développement durable. On est loin des pancartes de Greta Thunberg

Julie (saboteuse en série) : Dans notre série, cette économie a complètement supplanté l’économie non durable et il n’y a plus d’externalités négatives. Les choses sont acquises à leur vraie valeur.

Rapport d’activité du mois de mai 2023

Mercredi 31 mai 2023

Les saboteuses en série viennent de publier leur rapport d’activité du mois de mai. Les débuts sont encourageants pour ce projet de série TV écolo en culture libre. Un doute subsiste sur le respect des échéances. Entrevue.

La journaliste écolo : Vous venez de publier votre rapport d’activité pour le mois de mai. Avant de vous interroger sur son contenu, j’ai une première question. Pourquoi une telle démarche de publication. Vous n’avez pas d’actionnaires, vous n’avez de comptes à rendre à personne ?

Julie (saboteuse en série) : Notre série est un projet collectif. Il est vrai que nous avons aucun compte à rendre au sens où des personnes apporteraient leur financement et nous demanderaient de rapporter ce qu’on fait avec leur argent. Dans la logique coopérative qui est la nôtre, chacun apporte sa contribution. Cependant, il est naturel que vous tenions informés chacun des contributeurs de l’avancement du projet.

La journaliste écolo : Dans votre rapport, vous indiquez que la communauté se compose de 35 personnes environ. N’est-ce pas un peu ridicule ? Votre communauté est un groupuscule.

Sophie (saboteuse en série) : Quand nous avons lancé le projet, nous étions 5. Un mois après, nous sommes maintenant 35, c’est une belle progression. Il s’agit de personnes réellement impliquées, pas de simples likes sur un site internet ou sur un fil Mastodon. Des gens qui sont prêts à apporter leur contribution sous différentes formes.

Lydie (saboteuse en série) : Nous ne communiquons pas trop sur la série pour le moment. Notre priorité est d’avancer dans l’écriture de la saison 1. Nous sommes bien parties mais une ou deux contributrices complémentaires seraient les bienvenues. Nous avons plein d’idées qui nous permettent de finir par nous-même mais l’écriture collective est tellement enrichissante.

La journaliste écolo : C’est un projet majoritairement féminin. Vous acceptez quand même les hommes ?

Noémie (saboteuse en série) : Pour le moment, il n’y a que Stéphane comme représentant de la gent masculine. Nous acceptons les hommes mais il faut vraiment qu’ils soient écoféministes. C’est le cas de Stéphane. Il est beaucoup plus âgé que nous. En plus de son impact sur le taux de féminisation, il nous fait monter la moyenne d’âge.

La journaliste écolo : Vous n’avez absolument aucun relai, ni par les médias, ni par des personnes publiques. Comment comptez-vous sortir de la confidentialité.

Nathalie (saboteuse en série) : Nous n’avons sollicité aucun relai d’aucune sorte, il est donc normal que nous ne soyons pas relayées. C’est beaucoup trop tôt. Pour le moment, nous devons construire l’univers de la série. Nous allons alimenter les actualités pendant encore trois mois. C’est au mois de septembre qu’il y aura suffisamment de contenus pour envisager des relais.

La journaliste écolo : Puisque vous évoquez des aspects de calendrier. Pouvez-vous nous dire quand débutera le tournage ?

Julie (saboteuse en série) : Pour la saison 1, le tournage doit débuter au début du mois d’avril 2024 et s’échelonner sur 4 mois. Mais le tournage dépendra de l’audience estimée.

La journaliste écolo : C’est-à-dire ?

Noémie (saboteuse écolo) : Pour le tournage, les nombreuses contributions sont réunies au sein de la coopérative. Il y a beaucoup d’énergie et de bonnes volontés mais il sera nécessaire de recourir à un financement participatif. Ce financement ne sera lancé que si l’audience estimée permet de montrer que la diffusion de la série rencontrera son public.

Sophie (saboteuse en série) : Dans un projet comme le nôtre, l’audience estimée est de 40 000 spectateurs qui doit être atteinte vers le mois de mars 2024.

La journaliste écolo : Pour le moment, l’audience estimée est de 35 personnes, si je comprends bien. Laissez-moi vous dire que vous avez du chemin à parcourir…

Nathalie (saboteuse en série) : Nous sommes parties à 5 au début du mois et nous sommes déjà à 35, en ne sollicitant que les contributrices. Il suffit que l’audience double tout les mois pour atteindre notre audience souhaitée au début du mois d’avril.

La journaliste écolo : Vous êtes optimistes, les filles…

Lydie (saboteuse en série) : L’optimisme, c’est le trait de personnalité commun à ceux qui se lancent dans le développement durable. Il faut être optimiste, nous le revendiquons, sinon on ne ferait rien.

Les écopureplayeuses sont-elles en train de créer une économie parallèle ?                 

Vendredi 26 mai 2023

Comme la plupart de acteurs du développement durable, les saboteuses en série ont choisi d’être #ecopureplayer. Cet engagement croissant pour des pratiques respectueuses des écosystèmes atteste de l’émergence d’une forme économie parallèle. Décryptage.

La journaliste écolo : Votre série « Le grand sabotage » est conçue, réalisée et distribuée selon la démarche #ecopureplayer. Cette dernière est-elle difficile à mettre en œuvre ?

Nathalie (saboteuse en série) : La démarche repose sur 5 principes. Le premier consiste à créer son entreprise sous forme de coopérative de façon à ce que les bénéfices soient équitablement répartis. Cette approche est à la portée de tous ceux qui ont appris à coopérer.

La journaliste écolo : C’est difficile de coopérer ?

Lydie (saboteuse en série) : Il suffit d’être à l’écoute des autres et de ne pas tomber dans des postures égocentrées. On s’enrichit toujours par le partage…

Julie (saboteuse en série) : Pour le second principe, le fait de ne recourir qu’à des financements durables, les choses sont un peu plus compliquées sur certains territoires où il n’existe pas de banques durables. Il faut alors recourir à des plateformes de financement participatif.

Noémie (saboteuse en série) : La faible implantation des banques durables sur les territoires est un frein au financement des activités économiques durables en démarche #ecopureplayer. On ne peut qu’encourager les habitants à diriger leur épargne vers les banques durables qui sont en train de s’implanter sur leur territoire.

La journaliste écolo : Qu’en est-il du biosourcing et de la distribution ? Être #ecopureplayer suppose de trouver des partenaires qui sont eux-mêmes des #ecopureplayer ?

Sophie (saboteuse en série) : Il est vrai que dans notre branche d’activité, la création audiovisuelle, la démarche #ecopureplayer est peu répandue. Pour le biosourcing, nous arrivons à trouver des partenaires #ecopureplayer mais c’est beaucoup plus difficile pour la distribution.

Nathalie (saboteuse en série) : En fait, tout dépend de l’activité et de la localisation. Dans certains territoires, l’agroécologie est très développée et la distribution en circuit court se fait auprès de commerces durables de proximité. La saison 1 décrit cette économie émergente des écopureplayeuses. Lorsque plusieurs acteurs commencent à s’implanter sur un territoire, d’autres activités en démarche #ecopureplayer se développent par synergie. Dans la ville moyenne de la saison 1, on peut voir tout un réseau d’activités économiques respectueuses des écosystèmes qui existent en parallèle des activités mercantiles destructrices de la planète.

La journaliste écolo : D’où l’émergence d’une forme d’économie parallèle ?

Lydie (saboteuse en série) : On ne peut véritablement parler d’économie parallèle que pour les acteurs qui sont pleinement dans la démarche #ecopureplayer. Ceux qui ne s’y engagent que partiellement ont une activité qui se situe à cheval sur les deux formes d’économie et les flux de valeur qu’ils génèrent viennent malheureusement alimenter en partie l’économie purement mercantile.

La journaliste écolo : Vous pouvez préciser ?

Noémie (saboteuse en série) : Oui, bien sûr. On peut toujours décomposer la valeur ajoutée d’un produit ou d’un service et voir les contributions relatives des deux formes d’économie. L’activité propre d’une coopérative peut s’avérer respectueuse de l’environnement tout en reposant sur des financements, des approvisionnements, des distributions ou des pratiques de communication qui ne le sont pas. Par ses partenaires non durables, cette coopérative favorise alors, de manière indirecte, le maintien ou le développement d’activités destructrices de la planète.

La journaliste écolo : Vous pouvez donner des exemples ?

Nathalie (saboteuse en série) : L’exemple typique est celui de ceux qui revendiquent une activité économique à faible impact mais qui utilisent les plateformes de big data pour communiquer.

La journaliste écolo : La démarche #ecopureplayer semble facilement envisageable pour les activités artisanales. Mais qu’en est-il pour les activités industrielles ? Il semble délicat de reconstituer un tissu économique qui serait entièrement #ecopureplayer…

Julie (saboteuse en série) : C’est pourtant bien ce qui est en train de se passer. La reconversion de la filière agricole a déjà commencé. La réimplantation de la filière textile est en cours. En matière de développement durable, les opportunités d’activités économiques sont énormes. Les industries ont leur place dans ce processus, mais il s’agit de petites coopératives industrielles, fortement ancrées dans leur territoire.

La journaliste écolo : Vous avez une vision très positive de la capacité de l’humanité à implémenter le développement durable ?

Noémie (saboteuse en série) : Être #ecopureplayer permet de résoudre un conflit intérieur en accordant ses actions avec les valeurs du développement durable. En montrant l’exemple, on constate combien les individus sont prêts à changer leurs logiques d’action pour s’engager dans le développement durable. C’est l’ignorance qui fait qu’ils sont dans l’inaction. Quand on voit comment les pratiques de développement durable se diffusent auprès des jeunes générations, on ne peut qu’être optimistes.

Nathalie (saboteuse en série) : L’important est d’avoir une vision. Tant que les individus n’ont pas une vision claire de la façon dont le développement durable peut s’implémenter, ils ne s’y engagent pas. Dans la série, à partir de la saison 2, les personnages n’ont pas d’autre choix que de pratiquer le développement durable puisque l’économie mercantile est sabotée. Les saisons 4 et 5 donnent à voir le monde tel qu’il serait si le développement durable était devenu une réalité.

Lydie (saboteuse en série) : Dans la série, le grand sabotage est un prétexte allégorique, une forme de raccourci qui permet de basculer instantanément dans un monde sans activités économiques destructrices de la planète.

Nous avons choisi d’être #ecopureplayer

Jeudi 25 mai 2023

Les saboteuses en série revendiquent le choix d’être #ecopureplayer. Cette démarche consiste à ne s’engager que dans des activités économiques respectueuses de la planète et de son développement durable. Explications.

La journaliste écolo : Vous avez largement communiqué sur votre choix de réaliser votre série en #ecopureplayer. Pouvez-vous nous en dire davantage sur cette démarche ?

Sophie (saboteuse en série) : La démarche #ecopureplayer consiste à concevoir les activités économiques sous le prisme de la préservation ou la régénérescence des écosystèmes. Pour les entrepreneuses, il s’agit d’une démarche globale qui consiste à s’interroger sur tous les aspects de leurs activités.

La journaliste écolo : Pouvez-vous donner des exemples concrets ?

Noémie (saboteuse en série) : Très concrètement, les écopureplayeuses font toujours le choix d’un modèle coopératif pour le fonctionnement de leur entreprise. Les modèles commerciaux permettant à un petit nombre de s’accaparer les bénéfices générés par l’activité de tous sont bannis. Autrement formulé, il n’y a que des coopératives chez les écopureplayeuses.

Lydie (saboteuse en série) : Nous pouvons aussi prendre l’exemple du financement de l’activité. Les écopureplayeuses ne s’adressent qu’aux banques durables ou lancent des campagnes directes de financement participatif. Il est hors de question de recourir aux marchés financiers ou aux banques commerciales qui ne se soucient aucunement de leur empreinte écologique.

Nathalie (saboteuse en série) : Le sourcing est un élément important de la démarche #ecopureplayer. Toutes les partenaires d’une entreprise écopureplayeuse sont elles-mêmes des écopureplayeuses. Cela n’a pas de sens de monter une activité économique durable si celle-ci repose sur des partenaires à forte empreinte écologique. Tous les approvisionnements et les investissements d’une entreprise écopureplayeuse sont biosourcés. Il n’y a pas de place pour une quelconque empreinte écologique d’aucune sorte dans l’activité économique d’une écopureplayeuse. La démarche est équivalente pour la distribution et la communication.

La journaliste écolo : D’où vient ce terme à consonance anglophone ?

Nathalie (saboteuse en série) : Le terme #ecopureplayer fait référence, non sans humour, à la démarche des pure players qui a commencé dans les années 90. Il s’agit de créer une activité commerciale sur internet sans avoir de points de vente en « dur ». Les pure players ont pour démarche de ne pas avoir de contact réel et physique avec leurs clients, ce qui en dit beaucoup sur leur logique qui ne consiste qu’à capter des flux de dépenses. C’est le modèle du business poussé à outrance. Un modèle dans lequel on supprime totalement les maigres relations humaines qui pouvaient encore subsister dans certains échanges commerciaux.

Julie (saboteuse en série) : Pour parvenir à capter les flux de dépenses sans contact humain, les pure players ont surtout donné naissance à tous les outils de captation des données. Sans les pisteurs et les traqueurs qui leur permettent d’identifier les cibles de leur business, les pure players ne seraient rien. Ils ne pourraient même pas exister dans un monde où la captation des données ne serait pas autorisée. Mais notre monde actuel n’est pas celui du respect de la vie privée. Sans être inquiétés, les pure players ont érigé un puissant arsenal de captation des données personnelles qui vient alimenter les data center où ils puisent les informations nécessaires à leurs campagnes commerciales ciblées.

La journaliste écolo : Si je comprends bien, il n’y a pas de big data chez les #ecopureplayer ?

Nathalie (saboteuse en série) : Bien sûr que non ! Une écopureplayeuse privilégie le lien direct avec eux qui bénéficient de son activité économique. Il est hors de question de chercher à capter les données. La publicité commerciale est elle-aussi bannie de la démarche #ecopureplayer.

Sophie (saboteuse en série) : Pour en revenir à l’analogie avec les pure players sur internet, on peut dire que, de la même façon que ces derniers veulent se passer du lien physique avec les acheteurs, les écopureplayeuses veulent se passer du recours à des partenaires ou à des actions qui ne sont pas dans une logique de développement durable. Dans le premier cas, la démarche des pure players est l’incarnation la plus pure du modèle commercial mercantile où seul compte le business et les flux monétaires qu’il engrange et où les relations humaines n’existent plus. Dans le second cas, la démarche des #ecopureplayer est l’incarnation la plus pure des activités de développement durable où le risque d’empreinte écologique sur les écosystèmes est traqué dans ses moindres dimensions.

Noémie (saboteuse en série) : Cela explique la traduction française du terme. Au lieu de l’anglicisme, on utilise parfois la formule #sanscompromission.