Le développement durable ne pourra pas s’envisager sans entrer dans la pensée complexe

Mercredi 5 juillet 2023

Dans la saison 1 de la série « Le grand sabotage » les élèves assistent à plusieurs cours de biologie qui donnent à voir la complexité des écosystèmes et l’impact des activités humaines sur leur préservation. Au travers de ses enseignements, l’enseignante de biologie est le point d’entrée du spectateur vers la pensée complexe. Focus sur ce personnage qui vit déjà dans le monde d’après.

La journaliste écolo : Vous aviez déjà fait un focus sur le personnage du professeur de philosophie qui enseigne les valeurs du développement durable à ses élèves à l’épisode 6 de la saison 1 ainsi que sur le banquier durable qui apparaît notamment lors de l’épisode 9 qui est celui de l’ouverture officielle de la banque durable. Pouvez-vous nous maintenant en dire davantage sur l’enseignante de biologie qui apparaît à l’épisode 3, ainsi qu’à l’épisode 9 de la saison 1 ?

Noémie (saboteuse en série) : L’enseignante de biologie est un personnage non joueur. Elle n’est pas en interaction psychologique avec les autres personnages de la série. Son rôle est de faire avancer la série par ses apports conceptuels qui font évoluer les représentations des autres personnages sur le développement durable. Bien qu’étant non joueuse, l’enseignante de biologie est un personnage central car c’est elle qui est le point d’entrée vers la pensée complexe.

La journaliste écolo : Vous pouvez préciser ?

Valérie (saboteuse en série) : Généralement, les individus ont du mal à entrer dans la pensée complexe. Ils sont enfermés dans une sorte de cartésianisme épistémologique qui les éloigne de la complexité des choses. La pensée complexe est déstabilisante car elle ne permet pas de fournir de grandes vérités qui pourraient s’appliquer indépendamment du contexte. Pour un esprit cartésien, il faut des vérités. Mais lorsqu’on envisage les choses sous l’angle de la complexité, en prenant les systèmes dans leur globalité et en analysant les interactions entre les éléments plutôt que les éléments eux-mêmes, on s’aperçoit qu’il est impossible de ressortir des vérités immuables. On découvre, tout au plus, des principes qui peuvent expliquer certaines tendances d’évolution des systèmes.

La journaliste écolo : Tout cela est bien abstrait. Pouvez-vous donner des exemples concrets ?

Sophie (saboteuse en série) : Par certains aspects, l’enseignante de biologie apprend aux élèves à découvrir la complexité des écosystèmes. L’analyse systémique leur permet de découvrir la façon dont tous les éléments d’un écosystème sont en interactions avec les autres, comment ils s’enrichissent les uns les autres, comment ils dépendent les uns et autres et comment les déséquilibres transforment les écosystèmes.

La journaliste écolo : Et les humains dans tout ça ?

Julie (saboteuse en série) : Les humains ont toute leur place au sein des écosystèmes. Le problème, c’est qu’en considérant les composants des écosystèmes naturels comme des objets qu’ils peuvent façonner, ils s’en sont détachés. C’est en grande partie lié à l’hégémonie de la pensée cartésienne et à d’autres travers de pensée qui les éloignent de l’analyse systémique. Il est grand temps de revenir à la pensée complexe.