Les saboteuses en série appellent à partager l’éthique de la durabilité

Jeudi 13 juillet 2023

La série « Le grand sabotage » montre comment les habitants d’un territoire instaurent les modalités du développement durable en préservant les écosystèmes et en ponctionnant les ressources de manière durable. Dans les saisons 4 et 5, on découvre que l’éthique tient une place prépondérante dans les rapports qu’entretiennent les habitants avec la nature. L’éthique de la durabilité les conduit à préserver les écosystèmes. Reportage.

La journaliste écolo : Dans les saisons 4 et 5 de votre série, l’éthique semble omniprésente. A maintes reprises, les habitants font référence à leur éthique pour la conduite de leur action. Vous aviez déjà abordé le sujet de l’éthique. Pouvez-vous donner des précisions ?

Noémie (saboteuse en série) : A certains égards, l’âme est ce qui diffère les êtres humains des autres animaux. Chaque individu a une âme au sens où chaque individu a ses perceptions, ses représentations du monde et ses valeurs. L’âme, c’est tout ça à la fois. C’est cette chose complexe qui influence fortement nos actions. Définie de la sorte, l’âme ne présage pas du caractère moral des actions engagées. Certaines personnes ont une bonté d’âme quand d’autres ont une âme noire.

La journaliste écolo : Mais quel est le rôle de l’éthique dans tout ça ?

Valérie (saboteuse en série) : Pour reprendre l’expression de Paul Ricœur, l’éthique est une démarche qui consiste à « vivre bien avec et pour les autres dans des institutions justes ». La notion de « vivre bien » renvoie à des valeurs morales et à une conception du bien-être qui sont personnelles. Le fait de vivre avec et pour les autres rappelle les interdépendances qui lient les membres des écosystèmes humains. Les institutions sont les structures sociales qui assurent la régulation des interactions sociales. Elles doivent être justes au sens où elles permettent la justice. La démarche éthique est personnelle mais elle revêt des aspects collectifs dès que plusieurs personnes s’enrichissent en partageant la même éthique. Ces personnes forment alors une communauté de valeurs et d’actions.

La journaliste écolo : Vous avez récemment déclaré qu’il faut sortir de l’anthropocentrisme moral. Pouvez-vous indiquer ce que vous entendez par là ?

Sophie (saboteuse en série) : Plus précisément, nous avons, nous aussi, comme beaucoup d’autres, appelé à sortir de l’anthropocentrisme moral. Il s’agit d’une invitation à revoir notre façon de penser, à sortir d’une vision anthropocentrée de l’éthique qui conduit à définir des principes moraux garantissant le respect des individus mais oubliant totalement la nature. Sortir de l’anthropocentrisme, cela signifie se percevoir, en tant qu’êtres humains, comme partie intégrante des écosystèmes. Ce changement de perception conduit à l’éthique de la durabilité au sens où les principes qui en découlent vont permettre la préservation des écosystèmes et de l’ensemble de leurs composantes, dont les humains. C’est aussi une éthique intergénérationnelle, puisque cette préservation ne compromet pas les conditions de viabilité des générations futures.

La journaliste écolo : C’est le principe de responsabilité de Hans Jonas…

Julie (saboteuse en série) : C’est tout à fait ça. « Agis de telle façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur Terre »