Jeudi 25 mai 2023
Les saboteuses en série revendiquent le choix d’être #ecopureplayer. Cette démarche consiste à ne s’engager que dans des activités économiques respectueuses de la planète et de son développement durable. Explications.
La journaliste écolo : Vous avez largement communiqué sur votre choix de réaliser votre série en #ecopureplayer. Pouvez-vous nous en dire davantage sur cette démarche ?
Sophie (saboteuse en série) : La démarche #ecopureplayer consiste à concevoir les activités économiques sous le prisme de la préservation ou la régénérescence des écosystèmes. Pour les entrepreneuses, il s’agit d’une démarche globale qui consiste à s’interroger sur tous les aspects de leurs activités.
La journaliste écolo : Pouvez-vous donner des exemples concrets ?
Noémie (saboteuse en série) : Très concrètement, les écopureplayeuses font toujours le choix d’un modèle coopératif pour le fonctionnement de leur entreprise. Les modèles commerciaux permettant à un petit nombre de s’accaparer les bénéfices générés par l’activité de tous sont bannis. Autrement formulé, il n’y a que des coopératives chez les écopureplayeuses.
Lydie (saboteuse en série) : Nous pouvons aussi prendre l’exemple du financement de l’activité. Les écopureplayeuses ne s’adressent qu’aux banques durables ou lancent des campagnes directes de financement participatif. Il est hors de question de recourir aux marchés financiers ou aux banques commerciales qui ne se soucient aucunement de leur empreinte écologique.
Nathalie (saboteuse en série) : Le sourcing est un élément important de la démarche #ecopureplayer. Toutes les partenaires d’une entreprise écopureplayeuse sont elles-mêmes des écopureplayeuses. Cela n’a pas de sens de monter une activité économique durable si celle-ci repose sur des partenaires à forte empreinte écologique. Tous les approvisionnements et les investissements d’une entreprise écopureplayeuse sont biosourcés. Il n’y a pas de place pour une quelconque empreinte écologique d’aucune sorte dans l’activité économique d’une écopureplayeuse. La démarche est équivalente pour la distribution et la communication.
La journaliste écolo : D’où vient ce terme à consonance anglophone ?
Nathalie (saboteuse en série) : Le terme #ecopureplayer fait référence, non sans humour, à la démarche des pure players qui a commencé dans les années 90. Il s’agit de créer une activité commerciale sur internet sans avoir de points de vente en « dur ». Les pure players ont pour démarche de ne pas avoir de contact réel et physique avec leurs clients, ce qui en dit beaucoup sur leur logique qui ne consiste qu’à capter des flux de dépenses. C’est le modèle du business poussé à outrance. Un modèle dans lequel on supprime totalement les maigres relations humaines qui pouvaient encore subsister dans certains échanges commerciaux.
Julie (saboteuse en série) : Pour parvenir à capter les flux de dépenses sans contact humain, les pure players ont surtout donné naissance à tous les outils de captation des données. Sans les pisteurs et les traqueurs qui leur permettent d’identifier les cibles de leur business, les pure players ne seraient rien. Ils ne pourraient même pas exister dans un monde où la captation des données ne serait pas autorisée. Mais notre monde actuel n’est pas celui du respect de la vie privée. Sans être inquiétés, les pure players ont érigé un puissant arsenal de captation des données personnelles qui vient alimenter les data center où ils puisent les informations nécessaires à leurs campagnes commerciales ciblées.
La journaliste écolo : Si je comprends bien, il n’y a pas de big data chez les #ecopureplayer ?
Nathalie (saboteuse en série) : Bien sûr que non ! Une écopureplayeuse privilégie le lien direct avec eux qui bénéficient de son activité économique. Il est hors de question de chercher à capter les données. La publicité commerciale est elle-aussi bannie de la démarche #ecopureplayer.
Sophie (saboteuse en série) : Pour en revenir à l’analogie avec les pure players sur internet, on peut dire que, de la même façon que ces derniers veulent se passer du lien physique avec les acheteurs, les écopureplayeuses veulent se passer du recours à des partenaires ou à des actions qui ne sont pas dans une logique de développement durable. Dans le premier cas, la démarche des pure players est l’incarnation la plus pure du modèle commercial mercantile où seul compte le business et les flux monétaires qu’il engrange et où les relations humaines n’existent plus. Dans le second cas, la démarche des #ecopureplayer est l’incarnation la plus pure des activités de développement durable où le risque d’empreinte écologique sur les écosystèmes est traqué dans ses moindres dimensions.
Noémie (saboteuse en série) : Cela explique la traduction française du terme. Au lieu de l’anglicisme, on utilise parfois la formule #sanscompromission.
