Un drapeau de la communauté a été érigé devant la mairie de Saint-Colomban en Loire-Atlantique

Dimanche 16 juillet 2023

Encore une fois, un drapeau de la mystérieuse communauté des humains soucieux de la Terre et de son développement durable a fait son apparition sur la façade d’une mairie. L’évènement s’est produit à Saint-Colomban, une petite commune de Loire-Atlantique, au sud de Nantes. Reportage de notre envoyée spéciale.

C’est un peu après 11H00, ce dimanche 16 juillet 2023, que le drapeau de la mystérieuse communauté a été érigé sur la façade de la mairie de Saint-Colomban. Une promeneuse qui était passée devant la mairie vers 10H30 a confirmé ne rien n’avoir remarqué. On estime ainsi que l’installation du drapeau s’est faite aux alentours de 10H45. Les rares témoins présents sur place indiquent avoir vu trois femmes, revêtues de bleus de travail et portant des gants verts, venir avec une échelle pour accrocher le drapeau.

Dans un premier temps, les habitants de Saint-Colomban sont passés devant le drapeau sans vraiment s’arrêter mais vers 13H00, un attroupement s’est formé devant la mairie. Alertés par les réseaux sociaux, des habitants de Nantes ont même fait le déplacement pour voir le fameux drapeau. Deux employés municipaux sont venus détacher le drapeau vers 14H30 et celui-ci a encore été exhibé sur un rebord de fenêtre de la mairie avant que les employés municipaux le déposent dans un lieu sûr.

On ne compte plus le nombre de fois où ce drapeau a été accroché la façade d’une mairie. La dernière en date était celle de Sainte-Soline, la semaine dernière. 

A Saint-Colomban, les habitants présents sur place, qui ont été interrogés, n’avaient aucune idée de la signification de ce drapeau. Seule une grand-mère, accompagnée de sa petite-fille a indiqué de façon catégorique, qu’il s’agissait du drapeau de la communauté des humains soucieux de la Terre et de son développement. Aucun agent de la sécurité intérieure n’est venu voir le drapeau, contrairement à la semaine précédente. Pour beaucoup, cet acte est le fait d’hurluberlus qui ne savent pas quoi faire pour occuper leur dimanche matin.

Les saboteuses en série sont vraiment fâchées contre Greta Thunberg

Mercredi 14 juin 2023

Greta Thunberg a été pris à partie par les saboteuses en série qui lui ont reproché son absence manifeste de stratégie, qui a pour effet d’éloigner les jeunes des actions concrètes qu’ils pourraient faire en faveur du développement durable. Pour les saboteuses en série, Greta Thunberg est un pur produit marketing, un alibi facile qui favorise l’inaction et les postures de dédouanement. Explications.

La journaliste écolo : Votre série montre comment des habitants instaurent des modalités de développement durable sur leur territoire. Vous faites preuve de pédagogie. Pour autant, vous fustigez Greta Thunberg qui, elle-aussi, fait preuve de pédagogie pour faire prendre conscience des effets du réchauffement climatique. Votre énergie à remettre en cause sa démarche ne serait-elle pas plus utile contre ceux qui provoquent le réchauffement climatique ?

Noémie (saboteuse en série) : Il y aurait beaucoup de choses à dire sur Greta Thunberg. Soulignons d’abord qu’elle a fait irruption sur la scène médiatique mondiale selon des procédés purement marketing.

La journaliste écolo : Vous faites référence à la controverse qui porte sur sa façon d’utiliser les réseaux sociaux ?

Sophie (saboteuse en série) : Oui. C’est une contradiction majeure. C’est comme si une association de lutte contre les discriminations se payait un encart publicitaire auprès d’une chaîne de télévision ouvertement raciste et homophobe…

La journaliste écolo : Pourtant, Greta Thunberg a fait beaucoup pour la lutte contre le changement climatique.

Nathalie (saboteuse en série) : Vous avez tout à fait raison de souligner que sa préoccupation principale est la lutte contre le changement climatique. En focalisant sur cet aspect, elle détourne ceux qui la suivent des autres enjeux. Il n’y a pas que le réchauffement climatique. Il y a d’autres limites planétaires qui sont aussi dépassées. En cela, elle se trompe d’échelle. Le problème principal est celui du développement, qui n’est pas durable. Le réchauffement climatique en est une conséquence, comme la destruction de la biodiversité, l’accumulation des déchets ou la pollution généralisée. C’est comme si elle ne percevait pas la complexité des problèmes.

La journaliste écolo : Vous avez pointé l’absence de stratégie de développement durable chez Greta Thunberg.

Julie (saboteuse en série) : Mais c’est une réalité ! Qui peut dire qu’elle est sa stratégie ? Faire la grève du climat et ne plus aller à l’école ? Manifester pour demander aux gouvernants de prendre des mesures ? Arrêter de manger de la viande ? Ne plus prendre l’avion ? A aucun moment, Greta Thunberg n’évoque la contribution que chacun pourrait apporter au développement durable. A aucun moment elle incite à s’emparer du pouvoir d’agir. Il y a tant à faire sur les territoires durables ! Le temps passé à manifester, c’est du temps de perdu pour des actions concrètes de développement durable.

La journaliste écolo : Vous êtes dures avec Greta. C’est une jeune qui est dans l’émotion et qui nous la fait partager.

Sophie (saboteuse en série) : Exactement. Greta Thunberg n’a pas dépassé le stade de l’émotion. C’est ça qui la freine pour s’engager dans le développement durable. Elle génère de l’écoanxiété à grande échelle avec ses pleurnicheries culpabilisantes. Au lieu de prendre sa part, elle rejette la faute sur les gouvernants. Cette attitude est dangereuse. Pas seulement parce qu’elle ne montre pas les contributions que chacun pourrait apporter, à son échelle, au développement durable mais surtout parce que, à terme, cela va créer de la frustration chez toute une génération de jeunes lorsqu’ils constateront qu’ils n’ont pas infléchi l’inaction des gouvernants. Le risque de rébellion alors fort.

La journaliste écolo : Vous laissez entendre que certains jeunes vont se détourner de Greta pour aller vers des formes plus radicales d’action ?

Nathalie (saboteuse en série) : C’est déjà le cas au sein de la génération Zbellion, avec les jeunes qui se lancent dans la lutte violente. Détruire violemment est un autre registre que manifester pacifiquement mais il faudra nous expliquer en quoi cela instaure des modalités de développement durable sur nos territoires ?

La journaliste écolo : Pour en revenir à Greta Thunberg, elle donne de bonnes pistes pour réduire son empreinte écologique, ne trouvez-vous pas ?

Lydie (saboteuse en série) : La viande, l’avion, le plastique, ce sont des propositions flash qui obéissent aux règles de la communication marketing. Ce n’est pas une invitation à une démarche de réflexion globale l’empreinte écologique. Cela s’apparente à une forme dédouanement.    

Noémie (saboteuse en série) : Greta Thunberg est un alibi collectif. Les scientifiques avaient aidé à mieux comprendre, il manquait un leader pour passer à l’action. Avec Greta, malheureusement, on ne dépasse pas le stade de l’émotion. A aucun moment, elle ne porte une vision du futur des territoires. A aucun moment, elle donne en exemple les milliers d’initiatives qui se prennent, chaque jour, par ceux qui cherchent à être durables. Elle fait du saupoudrage. Quelques actions pour limiter son empreinte et le tour est joué. Son hypermédiatisation revêt un caractère indécent. Quand on se met en avant, c’est pour insuffler le changement, pas pour plonger le monde dans une attrition mortifère. Non, vraiment, ce n’est pas de ce genre de leader dont la planète a besoin.

Il appartient à chacun de définir sa stratégie de développement durable

Mardi 6 juin 2023

La série « Le grand sabotage » montre comment des individus instaurent le développement durable sur leur territoire après que soit survenu un sabotage généralisé du fonctionnement de l’économie mondialisée. Ils sont amenés à faire des choix et à définir une véritable stratégie qui anticipe le futur. Focus sur une démarche incontournable du développement durable.

La journaliste écolo : Dans votre série, après le grand sabotage, tout est à réinventer. Vos personnages sont amenés à faire des choix de développement et, à de nombreuses reprises, ils évoquent le fait d’élaborer une stratégie. Pouvez-vous expliquer ce qu’est une démarche stratégique.

Lydie (saboteuse en série) : Tout à fait. La démarche stratégique fait souvent référence à l’univers militaire ou aux échecs, mais elle s’applique aussi pour la durabilité. Dès que nos actions vont dans le sens d’un développement, nous sommes amenés à faire des choix parmi les nombreuses possibilités qui s’offrent à nous. La démarche stratégique consiste à anticiper du mieux possible les conséquences de nos choix, un peu comme aux échecs. L’anticipation est complexe car les conséquences ne sont pas linéaires. Nos choix provoquent des changements qui eux-mêmes influencent le développement souhaité. C’est comme à la guerre, quand il s’agit d’anticiper les réactions de l’adversaire.

Noémie (saboteuse en série) : Il faut préciser que la stratégie est indissociable de la vision partagée. Lorsqu’une stratégie concerne un collectif, ses membres ont en partage une vision commune du futur qu’ils envisagent. Cette vision commune permet d’identifier les objectifs stratégiques. C’est indispensable quand on cherche à anticiper les conséquences des choix. Tous n’ont pas la même capacité à répondre aux objectifs, c’est ce qui donne le critère de décision stratégique. Quand deux armées sont en guerre, c’est deux visions du monde qui s’opposent car les conséquences pour les individus ne seront pas les mêmes selon que l’une ou l’autre des armées remportent la guerre. En matière militaire, la finalité est simple : il s’agit de gagner. Cette finalité se décline en multiples objectifs stratégiques. La stratégie militaire est d’ensemble cohérent des actions qui permettent de répondre à ces objectifs.

La journaliste écolo : Pourrions-nous quitter le domaine militaire et revenir à celui du développement durable, qui nous intéresse davantage ?

Julie (saboteuse en série) : Pour le développement durable, c’est la même chose. La durabilité est une vision d’un monde respectueux des écosystèmes. Les personnes soucieuses de la Terre et de ses écosystèmes composent une même communauté et partagent la même vision du monde : celle de la durabilité, et les valeurs qui lui sont associées. En termes stratégiques, leur finalité est simple : instaurer le développement durable partout sur la Terre. Pour les objectifs stratégiques, c’est plus complexe. Disons qu’ils se divisent en deux catégories : ceux qui consiste à installer les modalités du développement durable et ceux qui visent à faire cesser les activités destructrices de la planète. Pour la première catégorie, l’échelon le plus pertinent est clairement le territoire. Il appartient à chacun des habitants d’un territoire de définir collectivement la stratégie qui permet de rendre le territoire durable. Pour les seconds, c’est plus complexe. Tout le monde ne souhaite pas s’engager dans l’affrontement contre ceux qui détruisent la planète.

La journaliste écolo : Vous avez évoqué la notion d’échelon de pertinence. Pouvez-vous préciser ?

Sophie (saboteuse en série) : En fait, il y a plein d’échelons pour mettre en œuvre une stratégie de développement durable. Le premier échelon est l’échelon individuel. Qu’est-ce que je fais, moi, en tant qu’individu, pour instaurer le développement durable ? Quels sont mes choix ? Il y a de nombreux autres échelons qui correspondent aux différentes organisations. Quelle est la stratégie de développement durable de mon entreprise, des associations dans lesquelles je m’investis, de mon îlot, de mon quartier, etc ? Avec la démarche stratégique, on s’aperçoit rapidement qu’il faut une forme de coordination pour que les choix soient cohérents. On en arrive à l’échelon du territoire, celui qui est le plus pertinent pour cette coordination. C’est pour cela que les gens font communauté sur leur territoire durable.

Nathalie (saboteuse en série) : Nous n’avons pas abordé un aspect essentiel de la démarche stratégique, qui consiste à prioriser ses actions. La stratégie comporte une grande part d’anticipation des conséquences des actions que l’on souhaite engager. Quand une action n’a pas beaucoup d’effet sur l’instauration du développement durable, elle n’est pas retenue dans une démarche stratégique. Il y a toujours beaucoup de possibilités, la stratégie indique les priorités absolues, les objectifs que l’on doit viser en premier.

La journaliste écolo : Vous pouvez donner des exemples concrets ?

Noémie (saboteuse en série) : Tout à fait. Prenons l’exemple de la stratégie individuelle. Certains œuvrent pour le développement durable en faisant pipi sous la douche. Quelle belle stratégie ! C’est sûr que ça fait avancer les choses de faire pipi sous la douche. Ce n’est pas sérieux. Toutes les stratégies ne sont pas équivalentes. Lorsqu’on veut mettre en place une stratégie individuelle, on examine toutes les options, tout ce qui permet de supprimer notre empreinte écologique et tout ce qui permet de régénérer les écosystèmes. La démarche stratégique conduit, par exemple, à prioriser le changement de banque, car c’est la finance qui a le plus gros impact sur les écosystèmes, mais aussi à ne plus prendre l’avion, à revoir son régime alimentaire, à opter pour les mobilités douces, à se vêtir en slow fashion, etc. Pour la régénérescence des écosystèmes, il s’agit de ne plus consommer de produits qui participent à leur destruction, de ne plus tondre sa pelouse, de participer à la création des jardins partagés, etc.

Lydie (saboteuse en série) : L’exemple du pipi sous la douche est une façon d’illustrer le phénomène du dédouanement. Beaucoup de personnes n’ont aucune stratégie de développement durable. Certains parce qu’ils ne se sentent pas concernés. D’autres parce qu’ils ne sont pas parvenus au stade de l’engagement en faveur du développement durable. Ceux-là connaissent une forme de conflit intérieur qui naît de la tension qui existe entre leur haut niveau de compréhension des enjeux et leur faible niveau d’engagement. Pour soutenir cette contradiction face aux autres, ils ont recours au dédouanement. Ils évoquent un engagement en faveur du développement durable qui les absout de toute autre action et qui leur permet d’affirmer qu’ils font aussi leur part.

La journaliste écolo : On est bien loin d’une démarche stratégique…