Tant que les humains ne feront pas communauté pour l’installer, le développement ne sera pas durable

Mercredi 24 mai 2023

La série « Le grand sabotage » raconte l’histoire d’une communauté qui agit pour que le développement durable devienne une réalité. Cette communauté est mondiale mais l’action de ses membres se fait au niveau local. Au fil des épisodes, la série décrit des modalités concrètes d’actions qui installent le développement durable. Explications.

La journaliste écolo : L’univers de votre série montre au spectateur une communauté mondiale qui rassemblent les personnes voulant saboter les infrastructures économiques qui entravent le développement durable ? Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Julie (saboteuse en série) : Ce n’est pas exactement ça. La communauté est celle des humains soucieux de la planète et de son développement durable. Par leurs actions, les membres de cette communauté mondiale œuvrent afin que le développement prenne une forme durable. La genèse de cette communauté est présentée dans le spin-off de la saison zéro. En fait, c’est une partie seulement des membres de cette communauté qui choisit de recourir au grand sabotage.

Lydie (saboteuse en série) : Les valeurs et les logiques d’action des membres de la communauté des humains qui agissent pour le développement durable sont diamétralement opposées à celles de ceux qui détruisent la planète et le vivant. En œuvrant pour le développement durable, les choix et les actions des membres de la communauté sont en cohérence avec leurs valeurs mais un dilemme moral se pose à ceux qui constatent que leurs actions ne permettent pas d’enrailler le processus de destruction de la planète. Ce dilemme est posé dans l’épisode 14 de la saison 1. Certains décident alors de pratiquer le grand sabotage mais ce n’est pas un avis unanime au sein de la communauté.

La journaliste écolo : Vous évoquez les valeurs et les logiques d’action. Pouvez-vous préciser ?

Noémie (saboteuse en série) : Les humains ont plusieurs façons de faire communauté. Pour ceux qui sont animés par la satisfaction individuelle, les communautés qui se forment sont des communautés d’intérêt. Pour leurs membres, il s’agit de trouver ensemble les moyens de satisfaire au mieux les intérêts individuels de chacun. Le fait communautaire porte sur l’harmonisation des intérêts individuels. L’intérêt collectif passe au second plan quand il n’est pas tout simplement absent du fait communautaire. Les logiques d’action sont tournées vers la satisfaction individuelle et la rationalité qui se dégage est celle de la maximisation. Dans un monde où tout le monde cherche à maximiser son intérêt individuel et où ce principe devient le mode dominant de régulation des interactions, il serait irrationnel de ne pas adopter cette démarche. Cependant, les logiques qui se dégagent ne sont pas compatibles avec le développement durable. Elles aboutissent à une destruction des écosystèmes et de la planète.

Sophie (saboteuse en série) : A l’inverse, la communauté des humains soucieux de la planète et de son développement durable est une communauté de valeurs et non d’intérêts. Les valeurs sont l’essence du fait communautaire. Il s’agit des valeurs de développement durable, c’est-à-dire la préservation et la régénérescence des écosystèmes ainsi que la minimisation de l’impact humain sur la planète afin de garantir les conditions du développement pour les générations futures. Les logiques d’action qui en découlent reposent sur la coopération et la minimisation de l’empreinte écologique.

La journaliste écolo : Dans votre série, le monde semble binaire. Il se divise entre ceux qui œuvrent pour le développement durable et ceux qui détruisent la planète. La réalité n’est-elle pas plus complexe ?

Nathalie (saboteuse en série) : Par leurs actions, les humains peuvent avoir différents degrés d’empreinte écologique. Il existe beaucoup de nuances entre ceux qui favorisent la régénérescence des écosystèmes et ceux dont l’impact est très destructeur pour la planète. Les nuances se retrouvent dans les différents systèmes de pensée : dans la façon de se représenter le monde, dans le rapport aux autres, dans la mission de vie, etc. Cependant, lorsqu’on regarde les valeurs essentielles, celles qui donnent la cohérence globale à un système de pensée, on constate des incompatibilités majeures entre la recherche de l’intérêt personnel et la préservation des écosystèmes. C’est en ça que le monde peut paraître binaire avec une opposition frontale entre les valeurs essentielles qui constituent les systèmes de pensée. Chacun est libre de ses choix et peut porter, ou non, la responsabilité de la destruction des écosystèmes.

Julie (saboteuse en série) : Dans la série, ceux qui n’appartiennent pas à la communauté des humains soucieux de la planète et de son développement durable sont considérés comme des irresponsables.

La journaliste écolo : La communauté est clairement identifiable à son drapeau. Pouvez-vous expliquer ce qu’il représente ?

Nathalie (saboteuse en série) : Dans la saison 1, la signification du drapeau est révélée à l’acte 6 de l’épisode 7. La couleur bleue est celle de l’eau et des océans, la verte celle de la Terre et des continents. Le bleu évoque aussi le ciel et l’atmosphère. Logiquement, la bande bleue est placée au-dessus de la bande verte. Un cercle représentant la Terre est placé au milieu. Les couleurs sont inversées dans le cercle, l’hémisphère nord contenant davantage de terres immergées que le sud.

La journaliste écolo : Voici un bien joli drapeau que les membres de la communauté n’hésitent pas à brandir comme un étendard…