Mardi 15 mai 2023
Malgré les nombreuses relances, les saboteuses en série ont décliné toutes les propositions de partenariat commercial qu’elles ont reçues pour la vente de produits dérivés de leur série « Le grand sabotage ». Une attitude qui interroge alors que la rentabilité de cette superproduction semble aléatoire. Explications.
La journaliste économique : Vous venez d’annoncer que vous refusez catégoriquement la vente de produits dérivés de votre série « Le grand sabotage ». Pouvez-vous expliquer ce choix ?
Noémie (saboteuse en série) : La raison est très simple. Notre métier, c’est de concevoir et de réaliser des fictions audiovisuelles, pas de vendre, des t-shirts, des tasses ou des casquettes avec un drapeau dessus.
La journaliste économique : Pourtant votre public semble avoir un attachement fort aux valeurs que vous portez. Les symboles de votre série pourraient être utilisés comme des signes de ralliement. Beaucoup se reconnaissent dans certains personnages. Croyez-le, le public est prêt à porter des vêtements à l’effigie des héros que vous avez créés. Pour les analystes en marketing, votre série fait partie de celles qui se prêtent particulièrement bien à la vente des produits dérivés.
Lydie (saboteuse en série) : Peut-être mais cela ne nous intéresse pas.
La journaliste économique : Réfléchissez un peu. En calquant les volumes de ventes sur votre audience, vous pourriez aboutir à de gros volumes. Avec une production à coûts cassés en Chine, le tour est joué. Vous aurez un taux de marge dix fois plus élevé que sur la production de la série en elle-même. Il y a un potentiel pour de gros bénéfices…
Nathalie (saboteuse en série) : Mais puisqu’on vous dit que cela ne nous intéresse pas…
La journaliste économique : Par mon métier, j’ai des contacts dans le milieu. On pourrait s’associer et se faire un maximum de fric. Rouler en SUV, partir en vacances aux Bahamas, avoir une femme de ménage… Ça ne vous intéresse pas ?
Sophie (saboteuse en série) : Pas trop non.
La journaliste économique : Bon. Vous commencez à me fatiguer avec vos principes à la gomme. Je vais vous dire : vous ne comprenez rien à la façon dont le monde fonctionne. Je perds mon temps, moi, avec vous. Je me suis levée tôt, j’ai fait une longue route pour venir dans votre trou paumé et tout ça alors que vous n’avez rien à me dire. Aucun business model ! Je n’ai même pas de quoi écrire un article. On ne m’y reprendra pas de sitôt à vouloir investiguer sur des phénomènes soi-disant émergents.
