La capacité de charge est largement dépassée sur de nombreux territoires

Mardi 30 mai 2023

La série « Le grand sabotage » projette le spectateur dans le monde d’après. Elle montre comment les habitants d’un territoire s’organisent et coopèrent pour garantir les 4 sécurités élémentaires de développement durable et assurer les conditions d’habitabilité. En la matière, les contextes peuvent être très différents d’un territoire à l’autre. Décryptage.

La journaliste écolo : Les saisons 2 et 3 de votre série « Le grand sabotage » se déroulent sur le même espace-temps. Elles montrent comment les habitants s’organisent dans les mois qui suivent le grand sabotage. Cependant, les conditions de survie, puisque c’est de cela qu’il s’agit, semblent bien différentes si l’on compare le village de campagne de la saison 2 et la grande métropole de la saison 3. Pouvez-vous donner des précisions sur ces différences de contexte ?

Lydie (saboteuse en série) : Vous avez tout à fait raison d’évoquer les conditions de la survie. Lorsque le développement n’est pas durable sur un territoire, c’est bien la survie des habitants qui est menacée. Celles des générations actuelles et surtout, celle des générations futures. Dans les temps anciens, quand les ressources d’un territoire étaient épuisées, les populations avaient toujours la possibilité de migrer à grande échelle. De nos jours, cela ne semble plus envisageable.

Nathalie (saboteuse en série) : Les territoires ont tous une capacité de charge qui leur est propre. Cette capacité de charge est à relier avec la population du territoire. Lorsque celle-ci est dépassée, le territoire est obligé d’importer des ressources à partir des autres territoires.

La journaliste écolo : Pouvez-vous expliquer ce qu’est la capacité de charge ?

Noémie (saboteuse en série) : C’est une notion complexe car les capacités de charge diffèrent selon les types de ressources : l’eau, les terres cultivables, les types d’écosystèmes, les conditions météorologiques, etc. La capacité de charge globale ne veut pas dire grand-chose. Un territoire peut être en dépassement sur certaines ressources et en excédant sur d’autres.

Sophie (saboteuse en série) : Comme indice synthétique, la capacité de charge globale donne quand-même une approximation de la quantité de population humaine que le territoire est capable d’accueillir.

La journaliste écolo : Oui, mais les territoires en dépassement ont toujours la possibilité d’importer des ressources…

Julie (saboteuse en série) : C’est bien là tout le problème. Quand on raisonne à l’échelle de la planète entière et qu’on rapporte les ressources à la population mondiale, on s’aperçoit que nous sommes en train d’approcher la capacité de charge pour certaines ressources et qu’on est déjà en dépassement pour d’autres. Sans compter les ressources qu’il faudrait maintenir pour les générations futures. Lorsque les contraintes se resserrent, les territoires ne sont plus aussi disposés à exporter leurs ressources vers les autres.

La journaliste écolo : Pouvez-vous donner des exemples concrets de ce que vous avancez ?

Sophie (saboteuse en série) : L’eau est un bon exemple. Sous l’effet du réchauffement climatique, les ressources en eau sont inégalement réparties selon les territoires. Certains bénéficient de précipitations plus abondantes quand d’autres connaissent des sécheresses. La raréfaction de l’eau conduit à augmenter les besoins d’importation de certains territoires et à réduire les capacités d’exportation dans d’autres. Concrètement, des restrictions sont maintenant posées sur certains pipelines qui acheminent l’eau d’un territoire à un autre. Le raisonnement vaut aussi pour l’eau virtuelle.

La journaliste écolo : C’est-à-dire ? Pouvez-vous expliquer ce qu’est l’eau virtuelle ?

Nathalie (saboteuse en série) : Il s’agit de l’eau qui est incorporée dans le processus de production des biens et services. Produire des céréales, des vêtements, des automobiles ou de la viande bovine nécessite beaucoup d’eau. Ce ne sont que des exemples. L’eau virtuelle existe dans tous les biens et services mais à différents degrés.

Noémie (saboteuse en série) : Quand les territoires importent des céréales, ils importent aussi de l’eau virtuelle, ce qui est heureux pour ceux qui sont en stress hydrique et qui ne disposent pas des ressources en eau leur permettant de cultiver des céréales sur leur sol. A l’échelle mondiale, on peut ainsi voir les importations et exportations nettes en eau virtuelle, ce qui permet de voir les dépendances des territoires les uns avec les autres. Certains ont largement dépassé leur capacité de charge par rapport à l’eau mais cela est compensé par le fait que d’autres sont en excédant. Cependant, le stress hydrique étant en augmentation nette, la tendance des échanges d’eau virtuelle va vers une diminution significative.

Sophie (saboteuse en série) : L’exemple donné est celui de l’eau mais cela est aussi vrai pour de nombreuses autres ressources.

La journaliste écolo : Les territoires devront ainsi compter davantage sur eux-mêmes pour garantir leurs sécurités élémentaires de développement durables ?

Julie (saboteuse en série) : C’est tout à fait ça. Après plusieurs décennies d’une mondialisation effrénée qui a instauré une interdépendance généralisée, on assiste à un mouvement de re-territorialisation. Celui-ci s’accélère au fur et à mesure que les conditions d’habitabilité se dégradent.

Lydie (saboteuse en série) : Un autre facteur à prendre en compte est l’érosion des sols qui atteint un niveau effrayant à l’échelle de la planète. Celle-ci est principalement le fait de plusieurs décennies de pratiques d’agriculture industrielle qui ont détruit les microbiotes présents dans les sols. Dans certains territoires, les sols sont devenus de la poussière à laquelle on ajoute des engrais chimiques pour permettre des monocultures intensives issues de semences modifiées, les seules capables de pousser dans des conditions si éloignées des réalités biologiques. Mais on arrive au terme de ce modèle hautement destructeur des écosystèmes et de la biodiversité. Restaurer la capacité de charge des territoires dépendra de l’habilité des habitants à régénérer les microbiotes. Une course contre la montre est déjà engagée sur certains territoires.

Les petites actions peuvent avoir de grandes conséquences

Lundi 29 mai 2023

Le principe de responsabilité est largement abordé dans la série « Le grand sabotage », notamment au travers des apports du professeur de philosophie. Focus sur ce personnage qui fait réfléchir ses élèves sur l’éthique de la durabilité.

La journaliste écolo : Le professeur de philosophie apparaît dans plusieurs épisodes de la saison 1. Il semble exercer une influence importante sur les choix que va opérer le personnage principal de la série : la jeune lycéenne, ainsi que sur son groupe d’amis. Pouvez-vous nous dire ce qui vous a conduit à concevoir les scènes qui se déroulent en salle de classe ?

Lydie (saboteuse en série) : Le professeur de philosophie existe dans la série pour ses apports conceptuels. Il n’est pas un personnage à part entière au sens où il n’est pas en interaction psychologique avec les autres. Il ne fait avancer la série que par les concepts qu’il introduit, qui permettent une meilleure compréhension du contexte. En cela, il répond pleinement à l’intention principale de la série qui consiste à élargir le champ des réflexions sur la durabilité. Les interactions du professeur de philosophie se font avec les élèves et ses apports sont déterminants pour mettre en lien les logiques d’action des personnages avec les principes éthiques sur lesquels elles reposent.

La journaliste écolo : Quels sont ces principes ?

Noémie (saboteuse en série) : Le professeur de philosophie amène ses élèves à réfléchir sur la durabilité ou plus précisément sur l’éthique du développement durable. Il s’agit de définir des principes qui vont dicter la conduite des actions. La réflexion amène à dépasser le champ de l’éthique purement humaine reposant sur la règle d’or. Celle qui veut qu’on n’inflige pas à autrui ce qu’on n’aimerait pas qu’autrui nous inflige. Lorsqu’on cherche à élargir le champ de l’éthique aux interactions qui dépassent celles de la sphère humaine, il devient nécessaire d’envisager les conséquences de ses actes sur l’ensemble des écosystèmes.

Nathalie (saboteuse en série) : C’est ce que propose Hans Jonas, un des penseurs de l’éthique de la durabilité, qui propose de construire l’éthique selon le principe de responsabilité. L’approche est résolument conséquentialiste. Il s’agit d’envisager l’ensemble de la chaine de conséquences de ses actes sur les écosystèmes, qu’ils soient humains ou biologiques. Nous sommes très loin d’une approche déontologique.

La journaliste écolo : Pouvez-vous expliquer ce qui différencie une approche conséquentialiste d’une approche déontologique ?

Julie (saboteuse en série) : Prenons l’exemple de l’esclavage au 18ème siècle. Un penseur de l’époque pouvait dire que la pratique de l’esclavage est inadmissible en s’appuyant sur un principe déontologique reposant sur la règle d’or qui le conduit à ne pas avoir d’esclave afin de ne pas infliger à autrui ce qu’il n’aimerait pas subir lui-même. S’il met du sucre dans son thé, en affirmant de principe lors des conversations des beaux salons, il est très éloigné d’une approche conséquentialiste puisque les esclaves sont exploités dans les plantations de canne à sucre. Ses principes ne sont pas en accord ses actes, puisque la demande de sucre alimente le développement des domaines sucriers où sont exploités les esclaves. La version moderne de la pensée déontologique du siècle des lumières est celle des jeunes qui vont au fast-food après avoir manifesté pour le climat.

Lydie (saboteuse en série) : Pour penser la durabilité, l’approche conséquentialiste est incontournable. C’est en mesurant les conséquences de ses actes que l’on prend conscience de son empreinte écologique sur les écosystèmes.

La journaliste écolo : Mais cette approche est complexe. Est-il réaliste de prétendre pouvoir mesurer les conséquences de ses actes sur l’ensemble des écosystèmes quand on voit combien les interactions sont imbriquées ?

Sophie (saboteuse en série) : Au niveau d’un individu qui est fortement en prise avec les activités économiques mondialisées, cela peut paraître irréaliste mais il y a heureusement des métiers dont l’essence même est la suppression de l’empreinte écologique, ce qui simplifie la compréhension de la complexité pour tout le monde. Acheter chez un commerçant durable permet de garantir que l’acte d’achat n’aura pas de conséquence sur les écosystèmes. Il en est de même pour le financement auprès d’une banque durable.

Noémie (saboteuse en série) : Mesurer les conséquences de ses actes suppose d’avoir les bonnes informations. Sur certains produits ou services, on commence à voir apparaître un indicateur de l’empreinte écologique, ce qui permet les comparaisons.

Nathalie (saboteuse en série) : De plus en plus de gens se lancent dans la démarche #ecopureplayer. Devenir #ecopureplayer, c’est en quelque sorte intégrer la communauté des conséquentialistes, ceux qui ont le souci de mesurer les conséquences de leurs actes afin de préserver la planète et les écosystèmes qui la constituent.

Un drapeau de la communauté a été érigé devant la mairie d’Azur dans les Landes

Dimanche 28 mai 2023

Pour la troisième fois, un drapeau de la mystérieuse communauté des humains soucieux de la Terre et de son développement durable a fait son apparition sur la façade d’une mairie. L’évènement s’est produit à Azur, une petite station balnéaire près d’un lac, dans département des Landes. Reportage de notre envoyée spéciale.

C’est la deuxième fois qu’un drapeau de la mystérieuse communauté a été visible dans les Landes, après l’apparition du dimanche précédent à Liposthey. Cette fois-ci l’évènement s’est déroulé peu après 16H00, ce dimanche 28 mai 2023. Le drapeau de la mystérieuse communauté a été érigé sur la façade de la mairie d’Azur. Une baigneuse qui était passée devant la mairie vers 15H30 a confirmé ne rien n’avoir remarqué. On estime ainsi que l’installation du drapeau s’est faite aux alentours de 15H45. Les rares témoins présents sur place indiquent avoir vu trois femmes, revêtues de bleus de travail et portant des gants verts, venir avec une échelle pour accrocher le drapeau.

Dans un premier temps, les habitants d’Azur sont passés devant le drapeau sans vraiment s’arrêter mais vers 17H00, un attroupement s’est formé devant la mairie en débordant jusque sur la place de l’église. Les employés municipaux n’étant pas joignables, des habitants ont pris l’initiative de détacher le drapeau vers 18H30 et celui-ci a été exhibé devant la mairie avant que trois femmes, habillées en saboteuses, viennent le reprendre et l’emmener. Nul doute que ce drapeau apparaîtra prochainement sur la façade d’une autre mairie landaise.

Les habitants présents sur place, qui ont été interrogés, n’avaient aucune idée de la signification de ce drapeau. Seule une grand-mère, accompagnée de sa petite-fille a indiqué de façon catégorique, qu’il s’agissait du drapeau de la communauté des humains soucieux de la Terre et de son développement. Pour beaucoup, cet acte est le fait d’hurluberlus qui ne savent pas quoi faire pour occuper leur dimanche après-midi. C’est la troisième fois que ce drapeau apparaît sur la façade d’une mairie. Le phénomène s’était déjà produit dimanche dernier à Liposthey ainsi que dans une petite commune de Loire-Atlantique le dimanche précédent. Dans la soirée, deux agents de la sécurité intérieure sont venus de Bordeaux pour explorer la piste landaise de l’implantation de cette mystérieuse communauté.

Les écopureplayeuses sont-elles en train de créer une économie parallèle ?                 

Vendredi 26 mai 2023

Comme la plupart de acteurs du développement durable, les saboteuses en série ont choisi d’être #ecopureplayer. Cet engagement croissant pour des pratiques respectueuses des écosystèmes atteste de l’émergence d’une forme économie parallèle. Décryptage.

La journaliste écolo : Votre série « Le grand sabotage » est conçue, réalisée et distribuée selon la démarche #ecopureplayer. Cette dernière est-elle difficile à mettre en œuvre ?

Nathalie (saboteuse en série) : La démarche repose sur 5 principes. Le premier consiste à créer son entreprise sous forme de coopérative de façon à ce que les bénéfices soient équitablement répartis. Cette approche est à la portée de tous ceux qui ont appris à coopérer.

La journaliste écolo : C’est difficile de coopérer ?

Lydie (saboteuse en série) : Il suffit d’être à l’écoute des autres et de ne pas tomber dans des postures égocentrées. On s’enrichit toujours par le partage…

Julie (saboteuse en série) : Pour le second principe, le fait de ne recourir qu’à des financements durables, les choses sont un peu plus compliquées sur certains territoires où il n’existe pas de banques durables. Il faut alors recourir à des plateformes de financement participatif.

Noémie (saboteuse en série) : La faible implantation des banques durables sur les territoires est un frein au financement des activités économiques durables en démarche #ecopureplayer. On ne peut qu’encourager les habitants à diriger leur épargne vers les banques durables qui sont en train de s’implanter sur leur territoire.

La journaliste écolo : Qu’en est-il du biosourcing et de la distribution ? Être #ecopureplayer suppose de trouver des partenaires qui sont eux-mêmes des #ecopureplayer ?

Sophie (saboteuse en série) : Il est vrai que dans notre branche d’activité, la création audiovisuelle, la démarche #ecopureplayer est peu répandue. Pour le biosourcing, nous arrivons à trouver des partenaires #ecopureplayer mais c’est beaucoup plus difficile pour la distribution.

Nathalie (saboteuse en série) : En fait, tout dépend de l’activité et de la localisation. Dans certains territoires, l’agroécologie est très développée et la distribution en circuit court se fait auprès de commerces durables de proximité. La saison 1 décrit cette économie émergente des écopureplayeuses. Lorsque plusieurs acteurs commencent à s’implanter sur un territoire, d’autres activités en démarche #ecopureplayer se développent par synergie. Dans la ville moyenne de la saison 1, on peut voir tout un réseau d’activités économiques respectueuses des écosystèmes qui existent en parallèle des activités mercantiles destructrices de la planète.

La journaliste écolo : D’où l’émergence d’une forme d’économie parallèle ?

Lydie (saboteuse en série) : On ne peut véritablement parler d’économie parallèle que pour les acteurs qui sont pleinement dans la démarche #ecopureplayer. Ceux qui ne s’y engagent que partiellement ont une activité qui se situe à cheval sur les deux formes d’économie et les flux de valeur qu’ils génèrent viennent malheureusement alimenter en partie l’économie purement mercantile.

La journaliste écolo : Vous pouvez préciser ?

Noémie (saboteuse en série) : Oui, bien sûr. On peut toujours décomposer la valeur ajoutée d’un produit ou d’un service et voir les contributions relatives des deux formes d’économie. L’activité propre d’une coopérative peut s’avérer respectueuse de l’environnement tout en reposant sur des financements, des approvisionnements, des distributions ou des pratiques de communication qui ne le sont pas. Par ses partenaires non durables, cette coopérative favorise alors, de manière indirecte, le maintien ou le développement d’activités destructrices de la planète.

La journaliste écolo : Vous pouvez donner des exemples ?

Nathalie (saboteuse en série) : L’exemple typique est celui de ceux qui revendiquent une activité économique à faible impact mais qui utilisent les plateformes de big data pour communiquer.

La journaliste écolo : La démarche #ecopureplayer semble facilement envisageable pour les activités artisanales. Mais qu’en est-il pour les activités industrielles ? Il semble délicat de reconstituer un tissu économique qui serait entièrement #ecopureplayer…

Julie (saboteuse en série) : C’est pourtant bien ce qui est en train de se passer. La reconversion de la filière agricole a déjà commencé. La réimplantation de la filière textile est en cours. En matière de développement durable, les opportunités d’activités économiques sont énormes. Les industries ont leur place dans ce processus, mais il s’agit de petites coopératives industrielles, fortement ancrées dans leur territoire.

La journaliste écolo : Vous avez une vision très positive de la capacité de l’humanité à implémenter le développement durable ?

Noémie (saboteuse en série) : Être #ecopureplayer permet de résoudre un conflit intérieur en accordant ses actions avec les valeurs du développement durable. En montrant l’exemple, on constate combien les individus sont prêts à changer leurs logiques d’action pour s’engager dans le développement durable. C’est l’ignorance qui fait qu’ils sont dans l’inaction. Quand on voit comment les pratiques de développement durable se diffusent auprès des jeunes générations, on ne peut qu’être optimistes.

Nathalie (saboteuse en série) : L’important est d’avoir une vision. Tant que les individus n’ont pas une vision claire de la façon dont le développement durable peut s’implémenter, ils ne s’y engagent pas. Dans la série, à partir de la saison 2, les personnages n’ont pas d’autre choix que de pratiquer le développement durable puisque l’économie mercantile est sabotée. Les saisons 4 et 5 donnent à voir le monde tel qu’il serait si le développement durable était devenu une réalité.

Lydie (saboteuse en série) : Dans la série, le grand sabotage est un prétexte allégorique, une forme de raccourci qui permet de basculer instantanément dans un monde sans activités économiques destructrices de la planète.

Nous avons choisi d’être #ecopureplayer

Jeudi 25 mai 2023

Les saboteuses en série revendiquent le choix d’être #ecopureplayer. Cette démarche consiste à ne s’engager que dans des activités économiques respectueuses de la planète et de son développement durable. Explications.

La journaliste écolo : Vous avez largement communiqué sur votre choix de réaliser votre série en #ecopureplayer. Pouvez-vous nous en dire davantage sur cette démarche ?

Sophie (saboteuse en série) : La démarche #ecopureplayer consiste à concevoir les activités économiques sous le prisme de la préservation ou la régénérescence des écosystèmes. Pour les entrepreneuses, il s’agit d’une démarche globale qui consiste à s’interroger sur tous les aspects de leurs activités.

La journaliste écolo : Pouvez-vous donner des exemples concrets ?

Noémie (saboteuse en série) : Très concrètement, les écopureplayeuses font toujours le choix d’un modèle coopératif pour le fonctionnement de leur entreprise. Les modèles commerciaux permettant à un petit nombre de s’accaparer les bénéfices générés par l’activité de tous sont bannis. Autrement formulé, il n’y a que des coopératives chez les écopureplayeuses.

Lydie (saboteuse en série) : Nous pouvons aussi prendre l’exemple du financement de l’activité. Les écopureplayeuses ne s’adressent qu’aux banques durables ou lancent des campagnes directes de financement participatif. Il est hors de question de recourir aux marchés financiers ou aux banques commerciales qui ne se soucient aucunement de leur empreinte écologique.

Nathalie (saboteuse en série) : Le sourcing est un élément important de la démarche #ecopureplayer. Toutes les partenaires d’une entreprise écopureplayeuse sont elles-mêmes des écopureplayeuses. Cela n’a pas de sens de monter une activité économique durable si celle-ci repose sur des partenaires à forte empreinte écologique. Tous les approvisionnements et les investissements d’une entreprise écopureplayeuse sont biosourcés. Il n’y a pas de place pour une quelconque empreinte écologique d’aucune sorte dans l’activité économique d’une écopureplayeuse. La démarche est équivalente pour la distribution et la communication.

La journaliste écolo : D’où vient ce terme à consonance anglophone ?

Nathalie (saboteuse en série) : Le terme #ecopureplayer fait référence, non sans humour, à la démarche des pure players qui a commencé dans les années 90. Il s’agit de créer une activité commerciale sur internet sans avoir de points de vente en « dur ». Les pure players ont pour démarche de ne pas avoir de contact réel et physique avec leurs clients, ce qui en dit beaucoup sur leur logique qui ne consiste qu’à capter des flux de dépenses. C’est le modèle du business poussé à outrance. Un modèle dans lequel on supprime totalement les maigres relations humaines qui pouvaient encore subsister dans certains échanges commerciaux.

Julie (saboteuse en série) : Pour parvenir à capter les flux de dépenses sans contact humain, les pure players ont surtout donné naissance à tous les outils de captation des données. Sans les pisteurs et les traqueurs qui leur permettent d’identifier les cibles de leur business, les pure players ne seraient rien. Ils ne pourraient même pas exister dans un monde où la captation des données ne serait pas autorisée. Mais notre monde actuel n’est pas celui du respect de la vie privée. Sans être inquiétés, les pure players ont érigé un puissant arsenal de captation des données personnelles qui vient alimenter les data center où ils puisent les informations nécessaires à leurs campagnes commerciales ciblées.

La journaliste écolo : Si je comprends bien, il n’y a pas de big data chez les #ecopureplayer ?

Nathalie (saboteuse en série) : Bien sûr que non ! Une écopureplayeuse privilégie le lien direct avec eux qui bénéficient de son activité économique. Il est hors de question de chercher à capter les données. La publicité commerciale est elle-aussi bannie de la démarche #ecopureplayer.

Sophie (saboteuse en série) : Pour en revenir à l’analogie avec les pure players sur internet, on peut dire que, de la même façon que ces derniers veulent se passer du lien physique avec les acheteurs, les écopureplayeuses veulent se passer du recours à des partenaires ou à des actions qui ne sont pas dans une logique de développement durable. Dans le premier cas, la démarche des pure players est l’incarnation la plus pure du modèle commercial mercantile où seul compte le business et les flux monétaires qu’il engrange et où les relations humaines n’existent plus. Dans le second cas, la démarche des #ecopureplayer est l’incarnation la plus pure des activités de développement durable où le risque d’empreinte écologique sur les écosystèmes est traqué dans ses moindres dimensions.

Noémie (saboteuse en série) : Cela explique la traduction française du terme. Au lieu de l’anglicisme, on utilise parfois la formule #sanscompromission.

Tant que les humains ne feront pas communauté pour l’installer, le développement ne sera pas durable

Mercredi 24 mai 2023

La série « Le grand sabotage » raconte l’histoire d’une communauté qui agit pour que le développement durable devienne une réalité. Cette communauté est mondiale mais l’action de ses membres se fait au niveau local. Au fil des épisodes, la série décrit des modalités concrètes d’actions qui installent le développement durable. Explications.

La journaliste écolo : L’univers de votre série montre au spectateur une communauté mondiale qui rassemblent les personnes voulant saboter les infrastructures économiques qui entravent le développement durable ? Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Julie (saboteuse en série) : Ce n’est pas exactement ça. La communauté est celle des humains soucieux de la planète et de son développement durable. Par leurs actions, les membres de cette communauté mondiale œuvrent afin que le développement prenne une forme durable. La genèse de cette communauté est présentée dans le spin-off de la saison zéro. En fait, c’est une partie seulement des membres de cette communauté qui choisit de recourir au grand sabotage.

Lydie (saboteuse en série) : Les valeurs et les logiques d’action des membres de la communauté des humains qui agissent pour le développement durable sont diamétralement opposées à celles de ceux qui détruisent la planète et le vivant. En œuvrant pour le développement durable, les choix et les actions des membres de la communauté sont en cohérence avec leurs valeurs mais un dilemme moral se pose à ceux qui constatent que leurs actions ne permettent pas d’enrailler le processus de destruction de la planète. Ce dilemme est posé dans l’épisode 14 de la saison 1. Certains décident alors de pratiquer le grand sabotage mais ce n’est pas un avis unanime au sein de la communauté.

La journaliste écolo : Vous évoquez les valeurs et les logiques d’action. Pouvez-vous préciser ?

Noémie (saboteuse en série) : Les humains ont plusieurs façons de faire communauté. Pour ceux qui sont animés par la satisfaction individuelle, les communautés qui se forment sont des communautés d’intérêt. Pour leurs membres, il s’agit de trouver ensemble les moyens de satisfaire au mieux les intérêts individuels de chacun. Le fait communautaire porte sur l’harmonisation des intérêts individuels. L’intérêt collectif passe au second plan quand il n’est pas tout simplement absent du fait communautaire. Les logiques d’action sont tournées vers la satisfaction individuelle et la rationalité qui se dégage est celle de la maximisation. Dans un monde où tout le monde cherche à maximiser son intérêt individuel et où ce principe devient le mode dominant de régulation des interactions, il serait irrationnel de ne pas adopter cette démarche. Cependant, les logiques qui se dégagent ne sont pas compatibles avec le développement durable. Elles aboutissent à une destruction des écosystèmes et de la planète.

Sophie (saboteuse en série) : A l’inverse, la communauté des humains soucieux de la planète et de son développement durable est une communauté de valeurs et non d’intérêts. Les valeurs sont l’essence du fait communautaire. Il s’agit des valeurs de développement durable, c’est-à-dire la préservation et la régénérescence des écosystèmes ainsi que la minimisation de l’impact humain sur la planète afin de garantir les conditions du développement pour les générations futures. Les logiques d’action qui en découlent reposent sur la coopération et la minimisation de l’empreinte écologique.

La journaliste écolo : Dans votre série, le monde semble binaire. Il se divise entre ceux qui œuvrent pour le développement durable et ceux qui détruisent la planète. La réalité n’est-elle pas plus complexe ?

Nathalie (saboteuse en série) : Par leurs actions, les humains peuvent avoir différents degrés d’empreinte écologique. Il existe beaucoup de nuances entre ceux qui favorisent la régénérescence des écosystèmes et ceux dont l’impact est très destructeur pour la planète. Les nuances se retrouvent dans les différents systèmes de pensée : dans la façon de se représenter le monde, dans le rapport aux autres, dans la mission de vie, etc. Cependant, lorsqu’on regarde les valeurs essentielles, celles qui donnent la cohérence globale à un système de pensée, on constate des incompatibilités majeures entre la recherche de l’intérêt personnel et la préservation des écosystèmes. C’est en ça que le monde peut paraître binaire avec une opposition frontale entre les valeurs essentielles qui constituent les systèmes de pensée. Chacun est libre de ses choix et peut porter, ou non, la responsabilité de la destruction des écosystèmes.

Julie (saboteuse en série) : Dans la série, ceux qui n’appartiennent pas à la communauté des humains soucieux de la planète et de son développement durable sont considérés comme des irresponsables.

La journaliste écolo : La communauté est clairement identifiable à son drapeau. Pouvez-vous expliquer ce qu’il représente ?

Nathalie (saboteuse en série) : Dans la saison 1, la signification du drapeau est révélée à l’acte 6 de l’épisode 7. La couleur bleue est celle de l’eau et des océans, la verte celle de la Terre et des continents. Le bleu évoque aussi le ciel et l’atmosphère. Logiquement, la bande bleue est placée au-dessus de la bande verte. Un cercle représentant la Terre est placé au milieu. Les couleurs sont inversées dans le cercle, l’hémisphère nord contenant davantage de terres immergées que le sud.

La journaliste écolo : Voici un bien joli drapeau que les membres de la communauté n’hésitent pas à brandir comme un étendard…

Les sécurités élémentaires de développement durable sont un des thèmes majeurs de la série

Mercredi 17 mai 2023

Dans la série TV « Le Grand Sabotage », les personnages doivent faire face à des situations d’insécurité croissante liées au modèle de développement non durable auquel ils participent. Au fil des épisodes, la série montre comment il est possible de garantir les 4 sécurités élémentaires de développement durable. Éclaircissements.

La journaliste écolo : Dans les trois premières saisons de votre série, vous malmenez vos personnages qui doivent affronter collectivement l’insécurité grandissante liée au développement non durable. Ils arrivent cependant à relever les défis. Pouvez-vous expliquer les mécanismes qui sont à l’œuvre ?

Noémie (saboteuse en série) : Nous pouvons commencer par l’insécurité alimentaire, qui provient de la mondialisation de l’agriculture sous une forme industrielle. La menace de sabotage de la saison 1 fait prendre conscience à tout le monde de l’extrême fragilité de ce modèle. Comprenant que leur survie alimentaire est en jeu, les habitants se mettent à développer les potagers personnels et les jardins partagés. Dans le même temps, le modèle alternatif de l’agroécologie locale, qui était précédemment décrié, devient le modèle dominant dans l’esprit des gens. L’idée de reconstituer une ceinture maraîchère vivrière autour des villes ne devient plus aussi saugrenue. A partir de la saison 4, cette ceinture vivrière devient une réalité.

La journaliste écolo : La série aborde très peu les problèmes de destruction de la biodiversité ou d’érosion des sols causés par l’agriculture intensive ou ceux de la toxicité des aliments liés aux intrants pesticides, herbicides et fongicides. Pourquoi ne cherchez-vous pas à dénoncer ces non-sens ?

Lydie (saboteuse en série) : Dans le registre de l’agriculture industrielle, vous auriez pu ajouter la privatisation des semences… Dénoncez, c’est bien, ça permet de prendre conscience des problèmes, mais agir, c’est mieux. Notre série se concentre sur l’action. Avec le grand sabotage qui s’opère, le basculement dans le monde d’après devient une réalité qui s’impose à tous. Il ne s’agit plus de dénoncer les méfaits du monde d’avant mais de trouver les solutions pour créer les conditions du développement durable sur Terre.

La journaliste écolo : La sécurité hydrique est aussi largement abordée dans votre série. Vous éludez pourtant les problèmes de sécheresse et d’aridité des sols liés au réchauffement climatique. Pourquoi ce choix ?

Sophie (saboteuse en série) : Ce que vous évoquez concerne davantage la sécurité écosystémique globale pour la planète et locale sur certains territoires particulièrement affectés par les catastrophes naturelles comme les inondations, les sécheresses ou les incendies. Ces aspects sont principalement abordés dans les saisons 4 et 5 qui donnent à voir le monde tel qu’il pourrait être dans une logique de développement durable. Dans ce monde, les habitants ont la préoccupation constante de leur sécurité écosystémique. Dans les saisons précédentes, la question de l’insécurité écosystémique n’est pas du tout abordée. C’est un choix. L’idée est de ne pas donner dans le catastrophisme.

Nathalie (saboteuse en série) : Dans notre série, les personnages sont peu ou pas exposés à l’insécurité écosystémique. Celle-ci est déjà largement relayée par les médias et nous n’avons rien à apporter sur le sujet si ce n’est les protections visibles dans les saisons 4 et 5. Ne pas exposer les personnages à l’insécurité écosystémique nous permet de concentrer notre propos sur les insécurités les plus courantes du développement non durable. Pour en revenir à la sécurité hydrique, les personnages comprennent rapidement que le fonctionnement de leur réseau d’eau domestique va être paralysé. A la saison 2, ils doivent trouver les solutions pour maintenir ce réseau de façon durable.

La journaliste écolo : Qu’en est-il de la sécurité énergétique, la quatrième sécurité élémentaire de développement durable ?

Noémie (saboteuse en série) : Pour la sécurité énergétique, c’est beaucoup plus simple. Les personnages n’ont pas d’autres choix que de subir la descente énergétique. C’est ce qui va arriver aux prochaines générations dans les sept ou huit décennies à venir. Cette descente énergétique a déjà commencé mais elle est progressive et les individus n’en ont pas la pleine perception, même si des indices comme la hausse du coût de l’énergie, sont déjà visibles. Dans la série, le grand sabotage conduit à une descente énergétique brutale et non progressive. Les personnages se retrouvent dans la situation qui sera celle des habitants de la planète en 2 100 si rien n’est mis en place pour anticiper.

La journaliste écolo : D’où l’importance des actions de prévention de la descente énergétique, comme l’isolation thermique des bâtiments…

Portrait-robot d’une sériale saboteuse

Lundi 15 mai 2023

Le conseil de la sécurité intérieure vient de diffuser aux forces de l’ordre le portrait-robot d’une sériale saboteuse. Nous avons pu analyser l’exemplaire dont nous avons été destinataire. Conclusions.

Après plusieurs semaines d’intense profilage, le conseil de la sécurité intérieure est parvenu à établir le portrait-robot des sériales saboteuses qui menacent grandement notre prospérité économique. Ce portrait-robot a fait l’objet d’une diffusion large aux représentants des forces de l’ordre ainsi qu’à tous les détenteurs d’une autorité publique. Il fera bientôt l’objet d’un affichage obligatoire sur les lieux publics.

Un exemplaire a aussi été envoyé aux différents médias et nous avons choisi de diffuser au plus vite ce portrait-robot.

Après recoupements, le travail de profilage réalisé par le service des renseignements intérieurs a permis d’établir de façon certaine que la tenue-type des sériales saboteuses se composait d’un bleu de travail, de gants de jardinage de couleur verte, d’une cagoule foncée et de lunettes qui masquent le regard. Certaines saboteuses en série, qui laissent leur bleu de travail légèrement ouvert, peuvent faire apparaître un vêtement arborant les couleurs de la mystérieuse communauté.

Cette tenue caractéristique, qui est la même pour les femmes que pour les hommes, permet d’identifier pleinement les sériales saboteuses. Un projet de loi visant à l’interdire va bientôt être examiné au parlement. Si cette loi est adoptée, le port de la tenue des sériales saboteuses sera rendu illégal et permettra de procéder à l’arrestation des contrevenantes. Dans le cadre du volet préventif des mesures d’exception, ces arrestations pourront se faire, même en l’absence de détention d’outils de sabotage en série par celles qui porteraient les tenues délictuelles.

La population attendait une réaction forte des pouvoirs publics face à la menace grandissante du sabotage en série. C’est chose faite avec la diffusion généralisée de ce portrait-robot qui permet à chacun d’avoir une représentation claire des ennemies intérieures dont l’objectif ultime est de mettre fin à la prospérité économique.

Un drapeau de la mystérieuse communauté a été érigé devant la mairie de Notre-Dame des Landes

Dimanche 14 mai 2023

Pour la première fois, un drapeau de la mystérieuse communauté des humains soucieux de la Terre et de son développement durable a fait son apparition sur la façade d’une mairie. L’évènement s’est produit à Notre-Dame des Landes, une petite commune de Loire Atlantique située au nord de Nantes. Reportage de notre envoyée spéciale.

C’est un peu après 9H00, ce dimanche 14 mai 2023, que le drapeau de la mystérieuse communauté a été érigé sur la façade de la mairie de Notre Dame des Landes. Une joggeuse qui était passée devant la mairie vers 8H30 a confirmé ne rien n’avoir remarqué. On estime ainsi que l’installation du drapeau s’est faite aux alentours de 8H45. Les rares témoins présents sur place indiquent avoir vu trois femmes, revêtues de bleus de travail et portant des gants verts, venir avec une échelle pour accrocher le drapeau.

Dans un premier temps, les habitants de Notre Dame des Landes sont passés devant le drapeau sans vraiment s’arrêter mais vers 10H00, un attroupement s’est formé devant la mairie, débordant sur la chaussée, ce qui obligeait les voitures à se céder le passage sur l’unique voie de circulation. Deux employés municipaux sont venus détacher le drapeau vers 11H30 et celui-ci a encore été exhibé sur le parapet de la mairie avant que les employés municipaux le déposent dans un lieu sûr.

Les habitants présents sur place, qui ont été interrogés, n’avaient aucune idée de la signification de ce drapeau. Seule une grand-mère, accompagnée de sa petite-fille a indiqué de façon catégorique, qu’il s’agissait du drapeau de la communauté des humains soucieux de la Terre et de son développement. Pour beaucoup, cet acte est le fait d’hurluberlus qui ne savent pas quoi faire pour occuper leur dimanche matin.

Plus de 70 millions d’outils de sabotage en série sont en circulation actuellement

Dimanche 14 mai 2023

Selon un récent rapport de la sécurité intérieure, plus de 70 millions d’outils de sabotage en série seraient en circulation actuellement. Une menace bien réelle à laquelle il paraît difficile de faire face. Décryptage.

Un rapport de la sécurité intérieure sur les menaces de sabotage en série vient d’être rendu public. Ce rapport révèle que plus de 70 millions d’outils pouvant être utilisés pour un sabotage en série circulent actuellement dans le pays, ce qui fait un nombre plus élevé que celui de la population. Le ratio moyen est de 2,47 outils de sabotage en série par habitant. Parmi ceux-ci, on trouve 27 millions de tournevis, 21 millions de clés à molette, 16 millions de pinces multiprises et 6 millions de pinces coupantes. Ces dernières sont les moins nombreuses mais elles ont un très fort potentiel de sabotage, ce qui fait qu’elles sont l’outil préféré des saboteuses en série.

D’après le rapport, avec tous ces outils en circulation, la menace d’un sabotage en série est bien réelle. Le ministre de l’intérieur souhaite déposer prochainement un projet de loi visant à règlementer la vente de ces outils. Celle-ci serait interdite aux mineurs et se ferait sur présentation d’une pièce d’identité ce qui permettra d’alimenter la base de données de détenteurs d’outils de sabotage en série qui est en création. Par ailleurs, la surveillance de la vente d’occasion de ces outils sur internet a été renforcée par des pisteurs et des traqueurs qui détectent immédiatement ce type de transaction et permettent de remonter jusqu’aux acheteurs.

Pour beaucoup, ces dispositions ne parviendront pas à enrailler la menace. Certains souhaitent que les outils de sabotage en série soient reconnus comme des armes de catégorie 2, ce qui permettrait de les interdire et d’obliger leurs détenteurs à venir les déposer auprès des forces de l’ordre lorsque la menace se fera plus précise. Des perquisitions visant à recenser les détenteurs pourraient être envisagées dans le cadre de mesures d’exceptions.

Par ailleurs, le parlement vient de voter un budget exceptionnel visant à équiper tous les sites sensibles de portiques de détections d’outils de sabotage. L’enveloppe nécessaire a été prise sur le budget de la culture et de l’éducation, ce qui a permis d’éviter des hausses d’impôts. Selon les députés de la majorité, le peuple est dans une demande forte de sécurité et un rééquilibrage du budget de l’État en faveur de la protection des citoyens était nécessaire. Le consortium privé qui a remporté le marché public affirme que le déploiement de ces portiques pourrait se faire en quelques mois. Passé ce délai, il ne sera plus possible de faire entrer des outils de sabotage dans aucun des sites sensibles du pays, affirme son PDG.   

Mais n’est-il pas déjà trop tard ? Selon une experte d’un cabinet de sécurité, spécialisée dans la prévention du sabotage, les membres de la communauté ont déjà caché leurs outils dans les sites sensibles. Les perquisitions à venir risquent de ne pas produire les effets escomptés surtout si elles sont annoncées à l’avance.

Selon un récent sondage, l’insécurité économique liée la crainte du sabotage à venir est la préoccupation première des habitants.