L’éco-urbanisme permet de garantir la sécurité urbaine

Jeudi 22 juin 2023

La série « Le grand sabotage » montre comment les habitants d’un territoire instaurent les modalités du développement durable en préservant les écosystèmes et en ponctionnant les ressources de manière durable. Dans les saisons 4 et 5, les villes ont été repensées selon les principes de l’éco-urbanisme. Les habitants cherchent ainsi à garantir la sécurité urbaine. Explications.

La journaliste écolo : Dans les saisons 4 et 5 de votre série, les villes ont été entièrement repensées selon les principes de l’éco-urbanisme. Est-ce pour répondre à un souci d’efficacité ou de sécurité urbaine ?

Julie (saboteuse en série) : Les deux. L’éco-urbanisme est à la fois la recherche d’une plus grande efficacité urbaine mais aussi une façon de garantir les quatre grandes sécurités de développement durable.

La journaliste écolo : Vous pouvez préciser ?

Noémie (saboteuse en série) : L’efficacité urbaine d’une ville exprime sa capacité à procurer les services urbains de façon équitable à l’ensemble de la population urbaine tout en minimisant son empreinte écologique. L’efficacité urbaine repose sur une gestion optimale de l’eau, de l’énergie, des matières et des déchets.

La journaliste écolo : Et les services urbains, de quoi s’agit-il ?

Nathalie (saboteuse en série) : Vous habitez à la campagne ?

La journaliste écolo : Non, à la ville…

Nathalie (saboteuse en série) : Et bien les services urbains, c’est tout ce dont vous disposez à la ville et que vous n’avez pas à la campagne. Plus la ville est grande, plus elle offre de services urbains. Les services procurés par l’urbanité concernent la diversité des emplois, la facilité d’accès à l’éducation, à la santé, à la culture et au commerce, la concentration humaine et la multiplicité des possibilités de socialisation. L’efficacité urbaine consiste à réfléchir à la façon de garantir et développer ces services urbains en supprimant leur empreinte écologique.

La journaliste écolo : Et la sécurité urbaine ?

Sophie (saboteuse en série) : Rien à voir avec la vidéosurveillance, rassurez-vous ! La sécurité urbaine désigne la capacité d’une ville à garantir à sa population les quatre grandes sécurités élémentaires de développement durable. La sécurité hydrique repose sur les modalités de gouvernance partagée entre les différents acteurs qui s’approvisionnent sur le bassin hydrique mais aussi le système de traitement des eaux du milieu urbain. La sécurité alimentaire repose sur le degré d’autonomie d’approvisionnement de la ville par sa ceinture vivrière et sur la sécurisation des sources d’approvisionnement auprès des autres territoires. La sécurité énergétique repose sur le degré de production énergétique de la ville et sur la sécurisation des sources d’approvisionnement auprès des autres territoires. La sécurité écosystémique repose sur la capacité de la ville à maintenir ou à régénérer les écosystèmes pour se prémunir des risques écosystémiques.

Julie (saboteuse en série) : Dans notre série, après le grand sabotage, les habitants n’ont plus d’autre choix que de prendre en main leur sécurité de développement durable. Ce qu’ils font pour eux, ils le font aussi pour les générations futures.

Les sécurités élémentaires de développement durable sont un des thèmes majeurs de la série

Mercredi 17 mai 2023

Dans la série TV « Le Grand Sabotage », les personnages doivent faire face à des situations d’insécurité croissante liées au modèle de développement non durable auquel ils participent. Au fil des épisodes, la série montre comment il est possible de garantir les 4 sécurités élémentaires de développement durable. Éclaircissements.

La journaliste écolo : Dans les trois premières saisons de votre série, vous malmenez vos personnages qui doivent affronter collectivement l’insécurité grandissante liée au développement non durable. Ils arrivent cependant à relever les défis. Pouvez-vous expliquer les mécanismes qui sont à l’œuvre ?

Noémie (saboteuse en série) : Nous pouvons commencer par l’insécurité alimentaire, qui provient de la mondialisation de l’agriculture sous une forme industrielle. La menace de sabotage de la saison 1 fait prendre conscience à tout le monde de l’extrême fragilité de ce modèle. Comprenant que leur survie alimentaire est en jeu, les habitants se mettent à développer les potagers personnels et les jardins partagés. Dans le même temps, le modèle alternatif de l’agroécologie locale, qui était précédemment décrié, devient le modèle dominant dans l’esprit des gens. L’idée de reconstituer une ceinture maraîchère vivrière autour des villes ne devient plus aussi saugrenue. A partir de la saison 4, cette ceinture vivrière devient une réalité.

La journaliste écolo : La série aborde très peu les problèmes de destruction de la biodiversité ou d’érosion des sols causés par l’agriculture intensive ou ceux de la toxicité des aliments liés aux intrants pesticides, herbicides et fongicides. Pourquoi ne cherchez-vous pas à dénoncer ces non-sens ?

Lydie (saboteuse en série) : Dans le registre de l’agriculture industrielle, vous auriez pu ajouter la privatisation des semences… Dénoncez, c’est bien, ça permet de prendre conscience des problèmes, mais agir, c’est mieux. Notre série se concentre sur l’action. Avec le grand sabotage qui s’opère, le basculement dans le monde d’après devient une réalité qui s’impose à tous. Il ne s’agit plus de dénoncer les méfaits du monde d’avant mais de trouver les solutions pour créer les conditions du développement durable sur Terre.

La journaliste écolo : La sécurité hydrique est aussi largement abordée dans votre série. Vous éludez pourtant les problèmes de sécheresse et d’aridité des sols liés au réchauffement climatique. Pourquoi ce choix ?

Sophie (saboteuse en série) : Ce que vous évoquez concerne davantage la sécurité écosystémique globale pour la planète et locale sur certains territoires particulièrement affectés par les catastrophes naturelles comme les inondations, les sécheresses ou les incendies. Ces aspects sont principalement abordés dans les saisons 4 et 5 qui donnent à voir le monde tel qu’il pourrait être dans une logique de développement durable. Dans ce monde, les habitants ont la préoccupation constante de leur sécurité écosystémique. Dans les saisons précédentes, la question de l’insécurité écosystémique n’est pas du tout abordée. C’est un choix. L’idée est de ne pas donner dans le catastrophisme.

Nathalie (saboteuse en série) : Dans notre série, les personnages sont peu ou pas exposés à l’insécurité écosystémique. Celle-ci est déjà largement relayée par les médias et nous n’avons rien à apporter sur le sujet si ce n’est les protections visibles dans les saisons 4 et 5. Ne pas exposer les personnages à l’insécurité écosystémique nous permet de concentrer notre propos sur les insécurités les plus courantes du développement non durable. Pour en revenir à la sécurité hydrique, les personnages comprennent rapidement que le fonctionnement de leur réseau d’eau domestique va être paralysé. A la saison 2, ils doivent trouver les solutions pour maintenir ce réseau de façon durable.

La journaliste écolo : Qu’en est-il de la sécurité énergétique, la quatrième sécurité élémentaire de développement durable ?

Noémie (saboteuse en série) : Pour la sécurité énergétique, c’est beaucoup plus simple. Les personnages n’ont pas d’autres choix que de subir la descente énergétique. C’est ce qui va arriver aux prochaines générations dans les sept ou huit décennies à venir. Cette descente énergétique a déjà commencé mais elle est progressive et les individus n’en ont pas la pleine perception, même si des indices comme la hausse du coût de l’énergie, sont déjà visibles. Dans la série, le grand sabotage conduit à une descente énergétique brutale et non progressive. Les personnages se retrouvent dans la situation qui sera celle des habitants de la planète en 2 100 si rien n’est mis en place pour anticiper.

La journaliste écolo : D’où l’importance des actions de prévention de la descente énergétique, comme l’isolation thermique des bâtiments…